À l’approche de ses débuts en Formule E, Opel ne laisse rien au hasard. La marque allemande a dévoilé les coulisses de la préparation de sa monoplace électrique, la GSE 27FE, qui passe actuellement de longues heures en soufflerie.
L’objectif : maîtriser dans les moindres détails l’aérodynamique de la voiture avant son entrée en championnat la saison prochaine, qui coïncidera avec le lancement de la nouvelle ère technique GEN4. Un travail de précision où, comme le résume le constructeur, chaque centième de seconde compte.
La GEN4, un bond de performance qui change tout
La prochaine génération de monoplaces de Formule E marque une rupture majeure dans la discipline. Là où les voitures actuelles développent 350 kW (476 chevaux), les nouvelles GEN4 grimperont à 600 kW (816 chevaux), disposeront d’une transmission intégrale permanente et abattront le 0 à 100 km/h en moins de deux secondes. Une montée en puissance spectaculaire qui s’accompagne d’une nouveauté inédite : pour la première fois dans l’histoire de la Formule E, les équipes pourront utiliser deux configurations aérodynamiques distinctes.
📖 Lire aussi :
Cette double configuration change radicalement l’approche des ingénieurs. L’une des variantes est conçue pour minimiser la résistance à l’air en course, afin de maximiser la vitesse de pointe et l’efficience énergétique. L’autre génère davantage d’appui aérodynamique pour les tours rapides en qualifications, où la tenue de route prime. Maîtriser ces deux réglages et savoir basculer de l’un à l’autre selon les besoins devient donc un enjeu de performance déterminant.
La soufflerie, un outil de précision irremplaçable
Pour exploiter pleinement le potentiel de sa GSE 27FE, Opel mise sur la soufflerie, un instrument capable de fournir des mesures d’une précision impossible à obtenir sur la piste. Concrètement, la monoplace est placée sur un tapis roulant tandis que l’air s’écoule autour d’elle à une vitesse définie, simulant les conditions réelles de roulage. Les ingénieurs mesurent ainsi avec exactitude l’effet de l’écoulement d’air sur l’avant et l’arrière de la voiture, les variations d’équilibre et le comportement de chaque configuration.
Pour comparer directement les deux variantes aérodynamiques, l’équipe échange les ailerons avant et arrière au cours des sessions, ce qui permet d’évaluer chaque configuration dans des conditions strictement identiques. Comme l’explique Simon Merchet, responsable du développement du projet Formule E chez Opel, la soufflerie permet de mesurer les charges aérodynamiques avec une très grande précision, là où la piste ne révèle que les effets les plus grossiers. Ce sont précisément ces données fines qui permettent ensuite de travailler sur des bases fiables. Jörg Schrott, directeur de l’équipe Opel GSE Formula E, insiste de son côté sur la nécessité de comprendre en détail le comportement des différentes configurations dans toutes les conditions.
📖 Lire aussi :
Opel prépare une révolution électrique : une nouvelle Corsa et quatre modèles inédits d’ici 2030
Un calendrier de développement parfaitement orchestré
Le recours à la soufflerie avant même les essais intensifs sur piste répond à une logique de développement réfléchie. Le châssis de la GSE 27FE était déjà disponible lorsque le nouveau groupe motopropulseur, lui, ne l’était pas encore. L’équipe a donc mis cette période à profit pour faire progresser le volet aérodynamique en parallèle, avant de concentrer ensuite ses efforts sur la piste une fois la motorisation prête. Soufflerie, banc d’essai, simulateur et essais sur circuit s’imbriquent ainsi selon un plan précis, que le constructeur affirme exécuter avec rigueur.
Ce savoir-faire aérodynamique n’est pas nouveau chez Opel. La marque rappelle volontiers que sa légendaire Calibra avait établi un record dès son lancement en 1989, avec un coefficient de traînée (Cx) de 0,26 qui en faisait alors la voiture de série la plus aérodynamique au monde. En compétition, Opel s’était également distinguée en 1996 avec la Calibra V6 4×4 engagée en DTM, dotée de volets aérodynamiques actifs à l’avant. Aujourd’hui, cet héritage se retrouve dans les modèles de série : la Corsa affiche un Cx de 0,29 et le Mokka un Cx de 0,32, tous deux parmi les meilleurs de leur catégorie, avec des volets de calandre actifs pour optimiser l’écoulement d’air.
L’entrée d’Opel en Formule E, au moment précis où la discipline bascule dans l’ère GEN4, constitue un pari de timing audacieux. Plutôt que de rejoindre un championnat installé, la marque démarre en même temps que tous ses concurrents découvrent les nouvelles règles — une manière de partir sur un pied d’égalité. Cette aventure en monoplace électrique s’inscrit dans la stratégie plus large de revalorisation du label GSE, déjà incarné par le Mokka GSE de route confié à Sophia Flörsch et par le Mokka GSE Rally engagé dans la coupe de marque éponyme. Pour Opel, la Formule E représente une vitrine technologique de premier plan, destinée à démontrer que son ambition électrique va bien au-delà des simples véhicules de série.
En savoir plus sur MotorsActu
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

