Opel expose sa Mokka GSE Rally au salon de Turin, du 11 au 13 septembre. La voiture de course entièrement électrique développe 207 kW, soit 281 ch, et 345 Nm de couple. Ce sont exactement les valeurs de la Corsa GSE routière, dont les commandes viennent d’ouvrir à 39 900 €.
Le rapprochement n’est pas anecdotique. Il illustre la logique du label GSE, où le même groupe motopropulseur sert une citadine de série et une voiture de rallye, la différenciation portant sur le châssis, la transmission et la préparation plutôt que sur la puissance.
La Mokka GSE Rally est le premier véhicule développé selon le nouveau règlement FIA eRally5. Opel revendique un niveau de performance comparable à celui d’une Rally4, catégorie thermique de référence pour les pilotes en début de carrière.
Un différentiel autobloquant et des Bilstein
L’équipement technique comprend un différentiel autobloquant multidisque, une boîte de vitesses de course, des arbres de transmission et des moyeux renforcés, un châssis allégé et une suspension de rallye signée Bilstein. L’ensemble constitue le passage obligé pour transformer un SUV urbain en machine de spéciale.
La voiture remplace la Corsa Rally Electric au sein de la coupe monotype de la marque, rebaptisée ADAC Opel GSE Rally Cup pour sa sixième saison. Il s’agit du premier championnat de rallye entièrement électrique au monde, destiné aux équipes et aux jeunes pilotes.
Le calendrier 2026 compte sept épreuves dans six pays européens. La saison a débuté par l’ELE Rally dans la région d’Eindhoven, aux Pays-Bas, avant de passer par la France, l’Autriche et l’Allemagne. Le Rallye de Sanremo figure au programme, avec une finale au Rallye de Spa, en Belgique.
La logistique est le vrai sujet technique
L’obstacle du rallye électrique n’a jamais été la voiture mais l’énergie. Une spéciale se dispute loin de toute borne, souvent en zone rurale, et le parc d’assistance se déplace tous les deux jours. Recharger une voiture de course entre deux passages relève donc de la logistique avant de relever de la mécanique.
Opel a introduit cette année une infrastructure de recharge mobile et autonome, capable de fonctionner entre les spéciales. Chaque station embarque 160 kWh de stockage et délivre jusqu’à 250 kW, répartissables en deux connexions de 125 kW. Ce dispositif permet d’augmenter le kilométrage disputé en course.
La logistique elle-même repose sur des semi-remorques électriques, ce qui rend l’exploitation locale sans émission directe. C’est ce volet, davantage que la voiture, qui fait du championnat un laboratoire pour l’avenir de la discipline.
Turin, un salon en centre-ville
Le salon de Turin en est à sa troisième édition et se tient en plein cœur de la ville, de la place Castello aux Jardins royaux. Quarante-sept constructeurs y présentent nouveautés, avant-premières et expositions, avec des essais routiers, l’ensemble étant accessible gratuitement.
Giorgio Vinciguerra, directeur général d’Opel Italie, présente l’événement comme une occasion de montrer au public que l’électrification peut produire de la performance et du caractère. La formule urbaine, sans hall d’exposition, se prête effectivement mieux à une voiture de rallye qu’un stand classique.
La coupe sert par ailleurs de filière de formation. Les meilleurs jeunes pilotes peuvent prétendre à une place au sein de l’équipe junior de la marque, avec la perspective de disputer le championnat d’Europe des rallyes junior de la FIA.
Restent à connaître les résultats de fin de saison et le calendrier 2027, non communiqués. La question de fond porte sur la suite : une coupe monotype démontre la faisabilité du rallye électrique, elle ne dit pas si les catégories supérieures suivront, alors que le label GSE monte en puissance sur la route avec le Mokka GSE et la Corsa GSE, cette dernière ayant été mise au point sur le Nürburgring.

