Klaus Zellmer, directeur général de Škoda, a reconnu que les berlines, limousines et breaks ne connaissaient plus de croissance et que la marque étudiait s’il restait nécessaire de proposer une gamme complète sur ce créneau. La Superb pourrait ainsi ne pas avoir de successeur direct lorsque la prochaine génération électrique arrivera à la fin de la décennie, au profit d’une Octavia agrandie capable de couvrir les deux segments. Une hypothèse d’autant plus notable que Škoda vient de publier une marge opérationnelle de 8,5 % au premier semestre 2026.
Le contexte est celui d’une rationalisation beaucoup plus large du groupe Volkswagen. Son nouveau plan prévoit de réduire jusqu’à 50 % le nombre de modèles et jusqu’à 75 % la complexité des offres, afin de concentrer les investissements et d’augmenter les volumes de production par modèle. Même Škoda, pourtant parmi les marques les plus rentables du groupe, n’est donc pas assurée de conserver toute sa gamme actuelle.
Le dirigeant ne cache pas l’attachement de la marque à ses deux berlines. Il rappelle que l’Octavia domine son segment depuis 2016 et que les deux modèles assurent à Škoda une position solide, avant de poser la question de la suite dans un marché qui se détourne de ces carrosseries.
La plateforme SSP permet d’agrandir l’Octavia
L’argument technique est explicite. Klaus Zellmer indique que la future plateforme SSP offre une flexibilité suffisante pour atteindre les dimensions de la Superb, ce qui ouvre la possibilité de couvrir les deux segments avec un seul modèle.
L’un des scénarios étudiés consiste donc à faire grandir la future Octavia électrique afin qu’elle couvre également le terrain aujourd’hui occupé par la Superb, plutôt que de renouveler séparément les deux modèles. La marque a déjà montré sa capacité à étirer une gamme vers le haut avec le Peaq, son nouveau vaisseau amiral électrique. La nouvelle génération reprendrait les grandes lignes du concept Vision O présenté en 2025 et serait d’abord pensée comme un modèle électrique. Škoda étudie également la possibilité d’y ajouter une motorisation à prolongateur d’autonomie.
La transition pourrait toutefois être progressive. Le ralentissement de la demande électrique pousse Škoda à envisager de prolonger la carrière de ses modèles thermiques actuels, tandis que la future Octavia sur SSP n’est attendue qu’avant la fin de la décennie. La gamme électrique, elle, s’est déjà étoffée avec l’Elroq et l’Epiq au prix du thermique.

Deux succès commerciaux difficiles à effacer
Les volumes rendent la décision délicate. L’Octavia dépasse les 7 millions d’exemplaires en trente ans, et la Superb plus de 1,6 million en vingt-cinq ans. Ce sont deux des plus gros succès de l’histoire de la marque, sur un segment que les constructeurs généralistes ont pourtant largement abandonné.
Le raisonnement est celui du portefeuille plutôt que du succès individuel d’un modèle. Dans un segment qui ne progresse plus, maintenir deux voitures proches en dimensions et en clientèle devient plus difficile à justifier lorsque le groupe cherche précisément à réduire les doublons, mutualiser les développements et augmenter les volumes par modèle.
La production se concentre par ailleurs sur un même site, Mladá Boleslav assemblant le Peaq aux côtés de l’Enyaq, de l’Elroq et de l’Octavia, ce qui facilite précisément le type d’arbitrage de gamme évoqué par la direction.
Dans le même temps, Škoda prépare aussi le renouvellement du bas de gamme. Klaus Zellmer estime que la marque aura besoin à terme d’une Fabia électrique pour remplacer l’actuelle citadine thermique, même si le projet reste encore au stade de la planification. Les Fabia, Scala et Kamiq thermiques devraient, elles, poursuivre leur carrière jusque dans les années 2030.
Rien n’est encore arrêté : aucune suppression de la Superb ni fusion avec l’Octavia n’a été officiellement décidée. Mais le simple fait que Klaus Zellmer évoque publiquement la possibilité de couvrir les deux segments avec un seul futur modèle montre que la place de la Superb dans la prochaine décennie n’est plus garantie.

