Skoda tient son nouveau vaisseau amiral. La marque tchèque a présenté le 23 juin son SUV électrique Peaq, un grand modèle familial à sept places qui vient coiffer toute sa gamme. Fait notable pour le public français, cette première mondiale s’est tenue dans l’Hexagone, à Monnetier-Mornex, en Haute-Savoie, au cœur des Alpes.
Avec ses 4,87 mètres de long, son autonomie dépassant les 640 km et son habitabilité record, le Peaq s’attaque frontalement au Peugeot e-5008, référence française du segment, ainsi qu’aux Kia EV9 et Hyundai Ioniq 9. Le carnet de commandes ouvre dès le 23 juin, pour des livraisons attendues à l’automne 2026.
Le plus grand Skoda jamais produit
Avec le Peaq, Skoda voit grand, au sens propre. Long de 4,87 mètres, le SUV dépasse le Kodiaq thermique de douze centimètres et l’Enyaq électrique de vingt et un centimètres, ce qui en fait le modèle le plus imposant de l’histoire de la marque. Son empattement XXL de 2,97 mètres libère un espace intérieur exceptionnel, permettant d’accueillir cinq ou sept passagers selon la configuration choisie, avec un espace jugé correct même pour les sixième et septième occupants.
Le coffre est à l’avenant : il atteint un volume record de 935 à 1 010 litres en configuration cinq places — le plus grand jamais proposé sur un Skoda — et conserve 299 litres derrière la troisième rangée en version sept places. Un coffre avant (frunk) de 37 litres complète l’ensemble, idéal pour ranger les câbles de recharge. Fidèle à sa réputation, Skoda truffe l’habitacle de ses astuces « Simply Clever » : parapluie intégré, tablette rabattable entre les sièges avant, recharge sans fil refroidie pour deux smartphones maintenus par aimants.
Esthétiquement, le Peaq inaugure pleinement le nouveau langage stylistique « Modern Solid » de la marque, hérité du concept Vision 7S de 2022. Au programme : des surfaces épurées, une signature lumineuse en forme de T à l’avant comme à l’arrière, un panneau noir « Tech-Deck » faisant office de calandre, des poignées de porte affleurantes et un montant arrière épais intégrant le monogramme de la marque. Ce travail aérodynamique soigné permet d’atteindre un coefficient de traînée (Cx) de 0,249, remarquable pour un véhicule de ce gabarit.
Trois versions, jusqu’à 640 km d’autonomie
Sous le plancher, le Peaq repose sur la plateforme MEB du groupe Volkswagen, partagée avec d’autres modèles électriques du conglomérat. La gamme s’articule autour de trois versions. L’entrée de gamme Peaq 60 reçoit une batterie de 63 kWh et un moteur arrière de 204 chevaux, pour une autonomie d’environ 460 km en cycle WLTP — cette version pourrait toutefois ne pas être importée en France.
Au-dessus, le Peaq 90 adopte une grande batterie de 86 kWh de capacité utile (91 kWh brut) associée à un moteur de 286 chevaux en propulsion. Il abat le 0 à 100 km/h en 7,1 secondes et franchit la barre des 640 km d’autonomie, un argument de poids pour les longs trajets. Enfin, le Peaq 90x ajoute un second moteur sur l’essieu avant pour offrir une transmission intégrale et 299 chevaux, ramenant le 0 à 100 km/h à 6,7 secondes pour une autonomie de 611 km. Toutes les versions peuvent remorquer jusqu’à 2 tonnes, et une variante sportive RS devrait suivre ultérieurement.
Côté recharge, le Peaq accepte jusqu’à 200 kW en courant continu, ce qui autorise un passage de 10 à 80 % en 27 à 28 minutes selon les versions. Le SUV reste toutefois sur une architecture 400 volts, là où certains rivaux comme le Kia EV9 misent sur le 800 volts pour des recharges plus rapides — un compromis assumé d’une plateforme optimisée pour les coûts. Le Peaq prend par ailleurs en charge la recharge bidirectionnelle (V2L, V2H et V2G), permettant d’alimenter des appareils, un bâtiment ou de réinjecter de l’électricité dans le réseau.
Un positionnement premium face au Peugeot e-5008
Sur le plan technologique, le Peaq monte en gamme avec un grand écran tactile vertical de 13,6 pouces sous Android, un système audio Sonos, un toit panoramique à opacité variable, des sièges massants et le système d’aide à la conduite Travel Assist 3.0. De quoi justifier son statut de porte-étendard de la marque.
Ce positionnement haut de gamme se reflète dans les tarifs. En France, le Peaq démarre à 56 460 euros dans sa version Propulsion 90 de 286 chevaux, et grimpe à 59 310 euros pour la version 90x à transmission intégrale. Un ticket d’entrée supérieur d’environ 5 000 euros à celui du Peugeot e-5008, son principal rival, qui propose certes une soixantaine de chevaux de moins mais une vingtaine de kilomètres d’autonomie supplémentaires sur sa version la plus endurante. Face au Kia EV9, en revanche, le Skoda se montre plus accessible tout en offrant une meilleure autonomie.
Avec ce Peaq, Skoda assume un positionnement « premium accessible » qui le place aux portes du haut de gamme. Un pari cohérent avec son ambition d’en faire le nouveau vaisseau amiral de la marque, appelé à donner le ton à la prochaine génération de grands modèles tchèques. Le choix de dévoiler ce SUV en France, sur les hauteurs alpines de Haute-Savoie, n’est d’ailleurs pas anodin : il souligne l’importance du marché français pour Skoda, et la volonté d’affronter sur son propre terrain le Peugeot e-5008. Le Peaq fera son premier bain de foule grand public au Mondial de l’Auto de Paris, en octobre 2026. Reste à voir si les familles françaises, attachées à leur SUV au lion, se laisseront séduire par ce grand Skoda venu défier l’une des valeurs sûres du segment.











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