Plusieurs constructeurs japonais restent à l’arrêt sur l’île de Kyushu, région stratégique de la fabrication automobile nationale, après le séisme de magnitude 7,1 qui a frappé la zone le 28 juillet. Selon des informations diffusées récemment, les usines concernées ne redémarreraient pas avant le 5 août au plus tôt, avec des répercussions qui pourraient s’étendre sur plusieurs semaines.
Des constructeurs épargnés, mais des fournisseurs à l’arrêt
Toyota et Nissan n’auraient pas subi de dommages structurels majeurs sur leurs sites de production. Mais le système de production en flux tendu, caractéristique de l’industrie japonaise, s’est révélé particulièrement vulnérable aux perturbations chez les fournisseurs de rang inférieur. Les équipementiers Aisin et Astemo, ainsi que le fabricant de semi-conducteurs Renesas, auraient tous interrompu leur production, provoquant un effet domino sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement régionale.
L’usine Aisin de Kyushu, qui fabrique notamment des ensembles de sièges, des mécanismes de verrouillage de portes et des pièces moteur en aluminium, viserait un redémarrage rapide sous réserve d’un approvisionnement électrique sécurisé. Renesas aurait pour sa part déjà repris sa production de puces à Nishiki, mais pas sur son site de semi-conducteurs de Kawashiri, dont le redémarrage ne serait pas prévu avant le 5 août, avec un retour aux niveaux de production antérieurs au séisme environ trois semaines plus tard.
Toyota, Nissan, Mitsubishi et Daihatsu tous concernés
Face à ces incertitudes d’approvisionnement, Toyota maintiendrait ses trois usines de Kyushu fermées au moins jusqu’à la deuxième équipe du 5 août, et aurait également annoncé une suspension de production à Tahara du 3 au 7 août. L’usine de Miyata, déjà à l’arrêt, assemble les Lexus ES, NX, RX et UX, tandis que celle de Tahara produit les Lexus GX, LX et IS ainsi que le Toyota 4Runner.
Nissan, qui avait initialement choisi de poursuivre son activité, aurait finalement été contraint de suspendre temporairement la production de ses usines de Kyushu par manque de pièces, ces sites fabriquant notamment les Nissan Patrol, Armada et Infiniti QX80. Daihatsu aurait interrompu la production de ses microcitadines dans au moins deux usines, tandis que Mitsubishi aurait suspendu son site de Mizushima, sans calendrier de reprise communiqué à ce stade. Les activités automobiles de Honda ne semblent pas directement touchées, mais le constructeur aurait dû suspendre la production dans une usine dédiée aux motos et aux équipements motorisés.
Un impact estimé à environ 10 000 véhicules perdus
Selon la même source, l’ensemble de ces fermetures temporaires pourrait réduire la production des constructeurs japonais d’environ 10 000 véhicules par rapport aux prévisions initiales. Un volume qui paraît limité à l’échelle de l’industrie, mais qui pourrait néanmoins entraîner des difficultés d’approvisionnement en concession pour certains modèles très demandés, notamment sur les marchés export où plusieurs de ces véhicules sont majoritairement destinés, comme c’est le cas de la production Lexus de Miyata.
Cet épisode illustre une nouvelle fois la fragilité structurelle du modèle industriel japonais, où la performance du flux tendu, habituellement présentée comme un avantage compétitif majeur, devient un facteur de vulnérabilité dès qu’un maillon de la chaîne d’approvisionnement régionale est touché. La situation reste évolutive et les calendriers de reprise annoncés par les constructeurs pourraient encore être révisés dans les prochains jours.
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