Il est des voitures qui dépassent leur statut d’automobile pour devenir des symboles. Les cabriolets Alfa Romeo appartiennent à cette catégorie rare. De la berlinette Torpedo d’avant-guerre au 4C Spider en fibre de carbone, la marque au Biscione a cultivé une tradition de découvrables inoubliables, fruit d’une collaboration constante avec les plus grands carrossiers italiens, Touring, Zagato et surtout Pininfarina. Retour sur une lignée qui a fait du plaisir de rouler à ciel ouvert un art de vivre à l’italienne.
Du 24 HP de 1910 à la bella signorina
L’histoire commence dès la naissance de la marque. Le 24 HP de 1910, tout premier véhicule Alfa Romeo, arborait déjà une configuration ouverte. Mais c’est dans les années 50 et 60 que la firme milanaise a hissé le concept de Spider au sommet de l’automobile.
Le déclic vient d’outre-Atlantique. Max Hoffman, l’importateur américain visionnaire, convainc Alfa Romeo de créer le Giulietta Spider dans les années 50, pressentant un succès sur la côte pacifique. Dessiné par Pinin Farina et surnommé la bella signorina pour son élégance classique, ce modèle pose les bases de ce qui allait suivre. Alfa Romeo comprend alors que ses cabriolets ont un marché mondial, bien au-delà des frontières italiennes.
Le Duetto, star de cinéma devenue icône planétaire
Le véritable tournant a lieu il y a soixante ans avec l’Alfa Romeo 1600 Spider, plus connu sous le nom de Duetto. Ce modèle ne s’est pas contenté de définir une ère du design avec son inimitable silhouette en os de seiche : il a accédé au rang d’icône mondiale après son apparition dans le film Le Lauréat en 1967. L’image d’un roadster rouge filant sur les routes, incarnation parfaite de la liberté, s’est gravée dans l’imaginaire collectif comme la définition même de ce que doit être une Alfa Romeo.
Le Duetto est rapidement devenu une vedette internationale. Sa présentation à bord du paquebot transatlantique Raffaello, lors d’une croisière de luxe vers New York réunissant le gratin de la société européenne, anticipait le concept de Made in Italy bien avant qu’il ne devienne un slogan planétaire. Steve McQueen, fou de vitesse, le décrivait comme une voiture qui pardonne tout et très belle, tandis que Mohamed Ali personnalisait le sien d’une plaque Ali Bee, clin d’œil à sa célèbre formule sur le papillon et l’abeille.
Techniquement en avance sur son temps, le premier Spider héritait de la mécanique du Giulia Sprint GT Veloce, avec un moteur en alliage léger de 1 570 cm³ développant 109 chevaux qui, associé à un poids inférieur à une tonne, garantissait une conduite grisante.
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Vingt-huit ans de carrière et un héritage toujours vivant
La longévité du Spider force le respect. Resté en production durant vingt-huit ans à travers quatre générations, de l’Osso di Seppia originel à la Coda Tronca de 1969, en passant par la version Aerodinamica des années 80 et l’épurée quatrième série des années 90, il détient avec plus de 124 000 exemplaires vendus le record de longévité de l’histoire d’Alfa Romeo.
Plus récemment, la marque a prolongé ce legs avec des chefs-d’œuvre en série limitée comme les 8C Spider et 4C Spider, où la légèreté de la fibre de carbone épouse un dessin sculptural indifférent aux modes. Chaque cabriolet Alfa Romeo est au fond un hommage à la beauté fonctionnelle, ces voitures conçues pour être admirées longuement et conduites avec une passion que seul un moteur italien sait éveiller.
Aujourd’hui, alors que la marque prépare une nouvelle ère avec son futur C-SUV et le renouvellement de sa gamme, l’esprit de ces Spider légendaires reste inscrit dans son ADN. Il nous rappelle que le vrai luxe ne réside pas seulement dans la destination, mais dans la pureté de chaque kilomètre parcouru sous le soleil, face au vent.
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