Nissan répond enfin aux demandes de ses passionnés en équipant la version Nismo de sa Z millésime 2027 d’une boîte manuelle à six rapports, sans le moindre supplément de prix par rapport à la boîte automatique à neuf rapports.
La sportive japonaise reçoit également des disques de frein avant à deux pièces directement dérivés de la GT-R, une refonte du réservoir de carburant pour maintenir l’alimentation en virages soutenus, et une hausse de tarif contenue à 1 510 dollars sur toutes les versions. Un dossier à contre-courant d’une industrie qui délaisse progressivement le levier de vitesses.
Une boîte manuelle enfin proposée, à prix identique
C’est probablement l’annonce la plus attendue de tout le millésime 2027. La Z Nismo, jusqu’ici réservée à la boîte automatique Jatco à neuf rapports partagée avec Mercedes, s’ouvre enfin à la boîte manuelle FS6R31A à six rapports que les versions Sport et Performance de la gamme proposaient déjà. La transmission a été retravaillée spécifiquement pour cette version haut de gamme, avec un embrayage renforcé et une course de levier raccourcie qui promettent des passages de rapports plus rapides et plus précis.
Le point-clé du dossier commercial reste la politique tarifaire. Nissan facture la Z Nismo au même prix, qu’elle soit livrée en boîte manuelle ou en boîte automatique. Un choix rare dans l’industrie, qui pousse traditionnellement l’automatique en option premium sur les sportives haut de gamme. Le constructeur signale ainsi qu’il n’y a pas de tarif « puriste » à payer pour retrouver un levier mécanique, un geste qui devrait ravir les acheteurs sensibles aux valeurs traditionnelles du modèle.
Le V6 biturbo VR30DDTT de 3,0 litres conserve sa configuration : 420 chevaux et 521 Nm de couple. La cavalerie reste au niveau du haut de gamme du segment, sans dopage supplémentaire pour ce millésime.
Une hausse tarifaire mesurée mais mal répartie
Nissan a appliqué la même augmentation en dollars sur les trois versions de la gamme : 1 510 dollars supplémentaires, quel que soit le modèle choisi. Le résultat en pourcentage varie fortement. La Z Sport de base démarre désormais à 44 480 dollars aux États-Unis, en hausse de 3,5 % par rapport aux 42 970 dollars précédents. La Z Performance passe à 54 480 dollars contre 52 970 dollars, soit +2,9 %. La Z Nismo culmine à 67 260 dollars, ce qui représente seulement +2,3 % en pourcentage.
L’équation commerciale est révélatrice. La version d’entrée de gamme absorbe la hausse la plus dure proportionnellement pour quelques retouches de style et améliorations ponctuelles, quand la Nismo, pourtant destinataire des évolutions les plus significatives, s’en tire avec la progression la plus faible. Un choix qui trahit clairement la priorité stratégique de Nissan : valoriser sa version sportive haut de gamme et lui offrir un rapport qualité-prix plus tentant que jamais.
Les freins de la GT-R en cadeau
L’autre modification majeure sur la Z Nismo 2027 concerne son système de freinage. Les disques avant deviennent des pièces à deux composants directement inspirés de ceux montés sur la Nissan GT-R, l’iconique R35 dont la production s’est arrêtée en 2025. Cette architecture permet d’économiser environ 8,6 kilogrammes de masse non suspendue par essieu et devrait considérablement améliorer la résistance à la chaleur en usage circuit, un point critique sur une voiture destinée à la piste.
📖 Lire aussi :
Cette filiation technique avec la GT-R n’est pas anodine. Elle rappelle que la marque n’a pas complètement tourné le dos à ses icônes sportives, même si elle a mis la production de sa berline la plus puissante en pause. Le geste permet à la Z Nismo de bénéficier de composants haute performance dont le développement était déjà amorti, tout en construisant un pont symbolique entre les deux modèles emblématiques du constructeur japonais.
Les autres évolutions du millésime concernent la Z Performance, qui reçoit des amortisseurs de plus grand diamètre, et l’ensemble de la gamme, dont le réservoir de carburant a été repensé pour garantir une alimentation stable en essence lors de virages prolongés à forte accélération latérale. Un détail technique qui trahit une utilisation prévue sur circuit et une prise en compte des retours d’expérience des propriétaires.
À contre-courant du fake électronique
Le retour d’une vraie boîte manuelle sur une sportive haut de gamme, à prix identique à sa contrepartie automatique, fait figure de position philosophique dans un marché qui joue de plus en plus la simulation. Là où Porsche vient d’introduire un système E-Shift simulant huit rapports sur la Taycan électrique 2027, et où Ferrari s’apprête à ressusciter la fameuse grille en H, mais en version électronique sans réelle transmission mécanique, Nissan choisit le pari inverse : maintenir la vraie boîte manuelle, avec son embrayage, ses trois pédales et son geste physique, sur un modèle grand public au tarif accessible pour la catégorie.
Cette posture répond à un marché encore réel. Les puristes de la conduite sportive continuent d’attribuer une valeur émotionnelle importante à la boîte manuelle, une composante que la simulation logicielle ne pourra jamais totalement reproduire. Nissan lit ce désir résiduel comme une opportunité commerciale, en particulier chez une clientèle prête à payer un tarif haut de gamme pour retrouver une expérience qui disparaît partout ailleurs.
Un dossier américain avant tout
La lecture française du dossier reste toutefois teintée d’une frustration bien connue. La Nissan Z de septième génération n’est officiellement pas commercialisée en Europe, où la marque a retiré ses modèles Z du catalogue à partir de 2010, jugeant le segment trop étroit pour justifier l’homologation. Les prix communiqués concernent exclusivement le marché nord-américain, où les livraisons du millésime 2027 débuteront cet été.
Les passionnés européens devront donc se contenter d’admirer la Z Nismo à travers les vitres des importateurs spécialisés, ou passer par les canaux d’importation américaine pour en acquérir une, avec les complications d’homologation individuelles qui vont avec. Un traitement à part qui contraste avec la disponibilité européenne des Mazda MX-5, Toyota GR Supra ou même Nissan GT-R (jusqu’à récemment), et qui interroge sur la pertinence des choix de gamme du constructeur japonais sur le Vieux Continent. La Z Nismo 2027, avec sa boîte manuelle et ses freins GT-R, est peut-être la plus belle occasion manquée du calendrier commercial nissan côté européen.
En savoir plus sur MotorsActu
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

