Il a inventé un segment, s’est fait copier par toute l’industrie, et continue de vendre. Le Nissan Qashqai vient de franchir le cap des quatre millions d’exemplaires écoulés en Europe depuis son lancement en 2006, un jalon célébré à l’usine de Sunderland où le véhicule du record, un exemplaire Deep Ocean, a posé avec les équipes de production.
Vingt ans après avoir créé de toutes pièces la recette du crossover compact, position de conduite surélevée et polyvalence de SUV mariées au gabarit et à l’efficience d’une berline, le pionnier fait toujours partie des SUV les plus populaires du continent.
Trois générations, 110 trophées et un record d’efficience
Le palmarès accumulé donne le vertige : plus de 110 distinctions internationales, dont une vingtaine de titres de voiture de l’année dans différents pays, au fil de trois générations qui ont su renouveler la formule sans la trahir. La version actuelle mise sur la motorisation hybride e-POWER, exclusive à Nissan, où le moteur essence sert uniquement de générateur pour une conduite aux sensations électriques sans recharge. La marque en revendique la meilleure efficience énergétique des crossovers compacts, avec 4,3 l/100 km et jusqu’à 1 280 kilomètres d’autonomie avec un plein.
L’ancrage industriel mérite d’être souligné à l’heure où l’origine des véhicules redevient un argument : chaque Qashqai européen est dessiné au studio Nissan de Londres, développé au centre technique de Cranfield et assemblé à Sunderland. Un produit intégralement britannique pour l’Europe, et le pilier qui fait tenir debout la présence européenne de Nissan dans une période de restructuration mondiale sévère pour la marque.
La France, terre de conquête à 394 303 exemplaires
L’histoire française du Qashqai illustre la trajectoire du modèle. Arrivé dans les concessions début 2007 avec un positionnement jugé alors audacieux, il s’écoule à 8 311 unités la première année, plus du double la deuxième, jusqu’au pic historique de 30 010 exemplaires en 2014. Le compteur hexagonal affiche aujourd’hui 394 303 unités, et le cap des 400 000 tombera vraisemblablement dans les prochains mois, année de ses vingt ans en France.
Le plus remarquable est ailleurs : seul sur son créneau à ses débuts, le Qashqai affronte désormais une quarantaine de rivaux sur le segment des C-SUV, et il y demeurait l’an dernier le premier modèle importé en hybride et micro-hybride, avec 13 526 immatriculations. Nissan entretient la flamme avec la série limitée Qashqai Icon, tout juste lancée dans l’Hexagone : 500 exemplaires suréquipés, en micro-hybride 158 chevaux X-Tronic ou en e-POWER, à partir de 25 990 euros, un positionnement agressif pour un C-SUV aussi doté.
Massimiliano Messina, le président de la région AMIEO de Nissan, voit dans ces quatre millions de clients le témoignage de la confiance accordée au modèle autant que du savoir-faire des équipes. On peut y lire aussi une leçon d’industrie : les segments ne s’achètent pas, ils s’inventent, et vingt ans plus tard, l’inventeur encaisse encore les dividendes de son audace de 2006. Les quarante copies n’ont jamais tout à fait rattrapé l’original.
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