Le GPL s’échange à 1,01 euro le litre en France, contre 2,14 euros pour le SP95 et 2,35 euros pour le gazole. L’écart est le plus large depuis des années, au moment où Renault propose une motorisation Eco-G 120 sur la Clio, le Captur et le Symbioz. Le gain réel à l’usage ne correspond pourtant pas au rapport des prix affichés.
Un litre à 1,01 euro. C’est le prix moyen du GPL carburant en France au 2 octobre, quand le SP95 s’affiche à 2,14 euros et le gazole à 2,35 euros, d’après les relevés publics des prix à la pompe.
Un litre à 1,01 euro contre 2,14 euros
L’écart affiché est spectaculaire. Le GPL ressort environ 53 % sous le SP95 et environ 57 % sous le gazole, sur la base des relevés du 2 octobre.
Le contexte explique cette divergence. Les carburants classiques ont franchi des seuils inédits en 2026, avec une essence passée au-dessus de 2 euros le litre en mars, alors que le GPL est resté sous la barre de l’euro et quelques centimes.
La fiscalité joue un rôle important dans cet écart. Le GPL supporte une taxation plus favorable que l’essence et le gazole, ce qui contribue fortement à la différence de prix constatée à la pompe.
Le réseau reste toutefois le point faible. Les stations distribuant du GPL sont bien moins nombreuses que celles proposant essence et gazole, ce qui impose de planifier ses pleins sur les longs trajets.
Clio, Captur et Symbioz en Eco-G 120
Renault couvre trois modèles avec la même base technique. Le bloc Eco-G 120 est un trois cylindres 1,2 litre turbocompressé, dérivé du TCe 115, adapté au fonctionnement bicarburation essence et GPL.
La puissance progresse par rapport à la génération précédente. Le moteur développe 120 chevaux, soit 90 kilowatts, en hausse de 20 chevaux, pour un couple de 200 newtons-mètres disponible à bas régime, en hausse de 30 newtons-mètres.
Les transmissions diffèrent selon le modèle. La Clio reçoit la boîte automatique à double embrayage avec palettes au volant, le Symbioz une boîte manuelle à six rapports, et le Captur reprend le même moteur.
L’association d’une boîte automatique et du GPL reste rare sur le marché. C’est l’élément le plus notable de cette gamme, le GPL ayant longtemps été réservé aux boîtes manuelles chez les généralistes.
Les performances restent modestes, ce qui correspond au positionnement. Le zéro à cent kilomètres par heure est annoncé en 9,8 secondes sur la Clio et en 12 secondes sur le Symbioz.
Renault n’est pas seul sur ce créneau. Dacia ne lâche pas le GPL malgré la pression européenne, et Hyundai a relancé cette énergie sur trois modèles populaires.
Jusqu’à 1 500 km sans ravitailler
C’est l’autre argument de cette motorisation. Le Symbioz et le Captur annoncent jusqu’à 1 500 kilomètres d’autonomie combinée, et la Clio jusqu’à 1 450 kilomètres.
Le chiffre s’obtient en additionnant les deux réservoirs. La Clio embarque 39 litres d’essence et 50 litres de GPL, le Symbioz 48 litres d’essence et les mêmes 50 litres de GPL.
Le réservoir de gaz a gagné un quart de sa capacité. Il passe à 50 litres, ce qui améliore l’autonomie en GPL seul et réduit la fréquence des arrêts dans un réseau de stations clairsemé.
Le basculement entre les deux carburants est automatique. Le moteur passe à l’essence lorsque le GPL est épuisé, et le conducteur peut aussi sélectionner lui-même le carburant utilisé.
Le bénéfice en émissions est plus modeste que l’écart de prix. La bicarburation réduit le CO2 d’environ 9 % en moyenne par rapport à un moteur à essence équivalent, et la Clio est annoncée à partir de 106 grammes par kilomètre en GPL contre 122 grammes en essence.
Ces autonomies placent la gamme au niveau des références du segment. Le Captur Eco-G 120 était annoncé à 1 400 kilomètres dès février, à partir de 26 400 euros, et le Symbioz a reçu la même motorisation au printemps.
Ce que le GPL coûte vraiment à l’usage
L’écart de 53 % à la pompe ne se retrouve pas intégralement sur la facture. Le GPL a un contenu énergétique inférieur à celui de l’essence, et la consommation au cent kilomètres est donc plus élevée dans ce mode.
Les chiffres de la Clio le montrent directement. La citadine est annoncée à partir de 6,5 litres aux cent kilomètres en GPL, contre 5,4 litres en essence, soit environ un litre de plus.
Le calcul au cent kilomètres donne le vrai écart. Aux prix du 2 octobre, les 6,5 litres de GPL coûtent 6,57 euros et les 5,4 litres de SP95 11,56 euros, soit une économie de 4,99 euros aux cent kilomètres. Le gain réel ressort donc à environ 43 %, et non à 53 %.
Le Symbioz aboutit au même ordre de grandeur. Ses 7,1 litres de GPL reviennent à 7,17 euros quand ses 5,9 litres d’essence coûtent 12,63 euros, pour un écart de 5,46 euros aux cent kilomètres.
Ramené à une année, le montant devient tangible. Sur 16 000 kilomètres, la Clio en GPL économise environ 800 euros de carburant par rapport à la même voiture roulant à l’essence.
C’est ce calcul qui fait tenir le GPL en 2026. L’énergie reste moins chère de plus de 40 % à l’usage réel, et la bicarburation ne se paie pas systématiquement à l’achat, Renault ayant par exemple positionné le Captur Eco-G 120 au tarif de l’Eco-G 100 qu’il remplaçait. Lorsqu’un surcoût d’achat existe, il s’amortit d’autant plus rapidement que le kilométrage annuel est élevé.
Le GPL garde pourtant son talon d’Achille industriel. Renault avait rappelé des moteurs GPL défectueux, et la filière a connu d’autres incidents techniques qui pèsent sur l’image de cette énergie.
Le segment accessible reste le plus actif sur cette technologie. Un SUV chinois assemblé en Italie se vend sous 18 000 euros en GPL, et le Dacia Duster cumule essence, GPL et quatre roues motrices pour 28 800 euros.
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