Le Dacia Duster reçoit une motorisation Hybrid-G 150 4×4 qui associe un bloc essence compatible GPL à deux moteurs électriques, dont un de 31 ch sur l’essieu arrière. La puissance combinée atteint 154 ch et l’autonomie cumulée annoncée va jusqu’à 1 500 km. Le tarif démarre à 28 800 euros sur le Duster et 31 200 euros sur le Bigster.
Essence, GPL et quatre roues motrices électriques dans la même voiture, pour moins de 30 000 euros : la combinaison n’existe nulle part ailleurs sur le marché européen. C’est celle que Dacia propose avec son Hybrid-G 150 4×4.
Le tarif démarre à 28 800 euros sur le Duster en finitions Expression et Extreme, et à 31 200 euros sur le Bigster. L’architecture, elle, mérite d’être expliquée dans le détail, parce qu’elle n’a rien d’une transmission intégrale classique.
Un 4×4 sans arbre de transmission
Le principe est le même que sur plusieurs hybrides japonais, et il change tout. Il n’y a pas d’arbre reliant l’avant à l’arrière du véhicule : les roues arrière sont entraînées par un moteur électrique qui leur est propre.
À l’avant, un trois cylindres essence de 1,2 litre en mild hybrid 48 volts développant 140 ch, associé à deux moteurs électriques et à une batterie lithium-ion de 0,84 kWh. La transmission comporte six rapports à double embrayage pour la partie thermique et deux rapports électriques.
À l’arrière, le moteur électrique dédié annonce 31 ch. La puissance maximale combinée officielle s’établit à 154 ch, soit 113 kW, même si l’appellation commerciale retenue reste Hybrid-G 150 4×4.
Cette architecture a une conséquence directe sur l’usage. Le système bascule automatiquement entre deux et quatre roues motrices selon l’adhérence et la demande, sans intervention du conducteur et sans prise à brancher.
La batterie se recharge en roulant, par récupération au freinage et par le moteur thermique. Il n’y a donc pas de scénario où le conducteur se retrouverait privé de transmission intégrale faute d’énergie disponible.
L’avantage se mesure ailleurs. Supprimer l’arbre de transmission libère de la place et du poids, et permet d’ajouter le quatre roues motrices sur une plateforme qui n’avait pas été conçue pour cela.
1 500 km d’autonomie avec deux réservoirs
Le chiffre le plus spectaculaire vient de la double alimentation. Le Duster embarque un réservoir d’essence de 50 litres et un réservoir de GPL de 50 litres, pour une autonomie cumulée annoncée jusqu’à 1 500 km en cycle WLTP.
Dacia annonce par ailleurs jusqu’à 60 % du temps en mode tout électrique en usage urbain. Le moteur électrique arrière intervient selon les besoins de motricité, sans fonctionner en permanence.
Le GPL reste l’argument économique de la marque. Le carburant est généralement nettement moins cher que l’essence à la pompe, et une installation d’origine évite les questions de garantie que posent les conversions après-vente.
Dacia n’est toutefois plus seule sur ce terrain. Hyundai a relancé le GPL sur trois modèles populaires, et un SUV chinois assemblé en Italie descend sous 18 000 euros en GPL en visant explicitement le terrain du Duster.
La contrepartie se trouve dans le coffre
Rien n’est gratuit sur une voiture à ce prix. Le moteur électrique arrière occupe une partie de l’espace sous le plancher de chargement, et le volume de coffre s’en trouve réduit.
La garde au sol reste en revanche celle d’un vrai tout-chemin. Dacia annonce 217 mm et un angle d’attaque de 31 degrés, valeurs qui placent le Duster au-dessus de la plupart des SUV compacts de sa catégorie.
Ces deux chiffres comptent davantage que la transmission sur un chemin dégradé. Une voiture qui touche avant de perdre l’adhérence reste bloquée quel que soit le nombre de roues motrices dont elle dispose.
C’est précisément là que se joue l’intérêt du modèle. Un SUV compact à transmission intégrale sous 30 000 euros est devenu une rareté, la plupart des concurrents ayant abandonné le quatre roues motrices sur ce segment.
L’acheteur type de cette version se reconnaît assez facilement. Il habite une zone où la neige tombe plusieurs fois par hiver, roule sur des chemins non goudronnés et refuse de payer le ticket d’entrée d’un tout-terrain.
Un système annoncé dès 2025, disponible aujourd’hui
La chronologie mérite d’être posée, parce qu’elle change ce qu’il faut retenir. Cette combinaison essence, GPL et électrique sur le Duster et le Bigster avait été annoncée dès 2025, dans le cadre d’une refonte complète de l’offre de moteurs.
Le constructeur visait alors le printemps 2026, sous l’appellation officielle Hybrid-G 150 4×4. Ce qui est nouveau aujourd’hui, c’est sa présence effective au catalogue avec un tarif ferme, et la différence compte pour un acheteur qui peut désormais commander plutôt qu’attendre.
L’écart entre l’annonce et la disponibilité est courant sur ce type de motorisation. Il tient aux homologations, à la montée en cadence de l’usine et à la validation du GPL d’origine, trois étapes qui ne se négocient pas.
La concurrence se prépare par ailleurs sur le même créneau. Chez Renault, la 4 Savane à transmission intégrale arriverait en 2027, ce qui laisse à Dacia au moins une saison d’avance commerciale.
Le reste de la gamme a changé aussi
La refonte des moteurs ne s’arrête pas au 4×4. L’Hybrid 155 a remplacé l’Hybrid 140, avec un bloc essence de 109 ch, un moteur électrique de 50 ch et une batterie de 1,4 kWh, à partir de 26 900 euros.
Ce bloc a d’abord servi ailleurs dans la gamme, la Sandero étant passée au full hybrid avec l’Hybrid 155. La mutualisation d’un même groupe motopropulseur sur plusieurs modèles est le ressort principal des tarifs de la marque.
Le Mild Hybrid 140 a succédé au Mild Hybrid 130, à partir de 24 000 euros, et l’Eco-G 120 a remplacé l’Eco-G 100 avec 20 ch de plus, à partir de 19 990 euros. La gamme Duster s’ouvre donc toujours sous les 20 000 euros.
Cette agilité tarifaire explique en grande partie la position de la marque. Dacia écrase la concurrence sur un marché où personne ne l’attendait, et resserre l’écart de prix entre ses deux hybrides pour des raisons qui n’ont rien de commercial.
Le Duster reste par ailleurs un modèle reconnu, élu meilleur petit SUV aux RAC New Car Awards 2026. Un restylage est attendu, programmé pour 2028 après un recul des ventes en France.
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