Le site Renault ElectriCity de Douai est passé en 3×8 avec une équipe de nuit complète, portée par près de 350 intérimaires recrutés depuis la rentrée. La cadence doit atteindre au moins 1 200 véhicules par jour, contre environ 920 avec l’organisation précédente. La R5 E-Tech représente les deux tiers de la production.
L’usine Renault de Douai tourne désormais jour et nuit. Le site est passé en 3×8, soit trois équipes de huit heures couvrant les vingt-quatre heures, une organisation devenue rare dans l’industrie automobile française, selon le délégué FO Fabien Gloaguen.
Le changement repose sur un renfort d’effectifs. Près de 350 intérimaires ont été recrutés depuis la rentrée pour compléter l’équipe de nuit, sur des postes d’opérateurs de production, de caristes, de peintres et de retoucheurs.
Nous avions annoncé cette campagne de recrutement. Ces 350 postes ouverts à Renault ElectriCity Douai portent sur des missions pouvant atteindre dix-huit mois, formation comprise.
De 920 à 1 200 véhicules par jour
Avant le passage en 3×8, le site assemblait environ 920 véhicules par jour. La nouvelle organisation doit porter ce volume à au moins 1 200 unités quotidiennes.
Le plafond évoqué va plus loin. Selon Fabien Gloaguen, délégué FO, la cadence pourrait ensuite atteindre 1 300 à 1 400 véhicules par jour avec des renforts supplémentaires dans les équipes de jour.
L’effectif global donne l’échelle du site. Douai comptait 2 815 salariés fin 2025, auxquels s’ajoutent les renforts intérimaires recrutés pour l’équipe de nuit, ce qui en fait l’un des plus gros employeurs industriels du Nord.
La R5 occupe les deux tiers de la production
Le site assemble six modèles pour quatre marques. La R5 E-Tech, le Scénic et la Mégane côtoient l’Alpine A290, le Mitsubishi Eclipse Cross et la Nissan Micra sur les mêmes lignes.
La répartition est très déséquilibrée. La R5 E-Tech représente à elle seule environ les deux tiers de la production quotidienne, ce qui fait reposer la montée en cadence sur un seul modèle.
Les délais de livraison traduisent cette tension. Dans certaines concessions, les délais annoncés pour une R5 peuvent désormais s’étendre jusqu’au début de 2027, autre indicateur de la tension sur la production.
Deuxième électrique la plus immatriculée en France
Les chiffres d’immatriculation confirment la demande. La R5 E-Tech totalise 26 772 immatriculations en France de janvier à août 2026, en hausse de 39,5 pour cent sur un an.
Ce volume en fait la deuxième voiture 100 pour cent électrique la plus immatriculée en France sur les huit premiers mois de 2026. Le Tesla Model Y la précède avec 29 658 unités, soit un écart d’environ 2 900 immatriculations.
Un modèle qui continue d’évoluer techniquement
La voiture n’est pas restée figée depuis son lancement. Nous avions détaillé comment la R5 gagne 25 km d’autonomie sans changer de batterie, en ressortant les jantes de la Clio Williams. Le modèle sert aussi de vitrine technologique au groupe. Nous avions expliqué comment une R5 branchée la nuit peut renvoyer 11 kW vers le réseau, sous quatre conditions, fonction encore rare sur le marché.
La reconnaissance est venue de plusieurs marchés. Nous avions relevé que les marques françaises triomphaient au Royaume-Uni, la R5 E-Tech y étant élue voiture de l’année.
Le prochain Scénic pourrait être produit en Espagne
La bonne nouvelle industrielle s’accompagne d’une inconnue. Selon les informations de L’Argus, la prochaine génération du Scénic serait produite à Palencia, en Espagne, à partir de fin 2027 ou début 2028.
Cette hypothèse n’a pas été confirmée officiellement par Renault. Le Scénic fait aujourd’hui partie des trois Renault assemblées à Douai, aux côtés de la R5 E-Tech et de la Mégane.
Le modèle reste par ailleurs commercialement actif. Nous avions relevé que Renault ramenait son Scénic électrique sous les 32 000 euros tout en poussant l’autonomie à 642 kilomètres.
Un signal rare dans l’industrie française
La réaction syndicale souligne le caractère inhabituel de la situation. « C’est hyper positif », déclare Fabien Gloaguen, délégué FO, qui estime qu’un site automobile français ne tournait plus en 3×8 depuis longtemps.
Le contraste avec le reste du secteur est net. Au même moment, Stellantis a annoncé l’arrêt de quatre de ses usines françaises en octobre, dont deux faute de recevoir assez de batteries longue autonomie.
La gamme électrique de Douai continue par ailleurs de s’étoffer. La Mégane E-Tech a vu son prix baisser et son autonomie portée à 500 km, et Nissan commercialise sa Micra électrique assemblée en France à 139 euros par mois.
Reste la question de la durée. Les missions d’intérim peuvent atteindre dix-huit mois, sans garantie à ce stade sur la pérennisation de ces postes ni sur le maintien durable de la troisième équipe.
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