Comment reconnaît-on une Jeep au premier coup d’œil ? L’équipe de design de la marque américaine a décidé de livrer sa recette, à l’occasion d’une récompense prestigieuse. Il y a quelques semaines, le studio Jeep Design a en effet reçu le Car Design Award 2026 dans la catégorie « Brand Design Language », une distinction décernée par un jury international de journalistes spécialisés et considérée comme l’un des « Oscars » mondiaux du design automobile.
Pour célébrer ce prix, les designers ont résumé l’ensemble des piliers de l’identité de la marque dans un unique croquis, dévoilant les ingrédients qui font qu’une Jeep est une Jeep.
Une récompense pour la cohérence stylistique de la gamme
Le prix « Brand Design Language » distingue l’équipe de design ayant le mieux travaillé la cohérence et la transversalité du langage formel de sa marque, en l’appliquant de manière harmonieuse à l’ensemble de sa gamme. En d’autres termes, il récompense la capacité à donner à tous les modèles un air de famille immédiatement reconnaissable, tout en faisant évoluer le style.
Le jury a salué la manière dont Jeep réinterprète ses éléments emblématiques, la calandre à sept fentes et les passages de roue trapézoïdaux, pour en faire des symboles universels d’aventure et de liberté, sans jamais trahir ses origines. Une reconnaissance d’autant plus notable qu’elle intervient en pleine transition énergétique, période où de nombreuses marques peinent à préserver leur identité visuelle. Daniele Calonaci, responsable du design Jeep pour l’Europe élargie, a souligné l’importance de faire évoluer la marque tout en gardant à l’esprit les valeurs qui font son ADN, fort de 85 ans d’histoire. Cette évolution stylistique a récemment inspiré les nouvelles Avenger et Compass, derniers modèles lancés en Europe.
« Design to function » : chaque ligne a une utilité
Le principe directeur du style Jeep tient en une formule : « Design to function ». Chaque ligne, chaque détail est pensé pour ajouter une fonction au véhicule et un bénéfice pour son utilisateur. Le croquis réalisé par l’équipe de Daniele Calonaci décompose cette philosophie en plusieurs piliers fondamentaux.
Le premier est la capacité de franchissement. Dès l’origine, la première Jeep fut conçue pour « emmener là où les autres véhicules ne peuvent pas aller ». Cette ambition se traduit aujourd’hui par des porte-à-faux réduits pour optimiser les angles de franchissement, une garde au sol élevée pour passer rochers et gués, de larges passages de roue trapézoïdaux accueillant de gros pneus, et un crochet de récupération. Le deuxième pilier est la protection : chaque SUV Jeep reçoit un revêtement enveloppant protégeant le bas de caisse, des boucliers noirs « mold-in color » (teintés dans la masse plutôt que peints en surface), des matériaux anti-rayures et des projecteurs encastrés pour résister aux petits chocs.
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Polyvalence et habitabilité, les autres piliers
Les deux derniers ingrédients de la recette concernent l’usage quotidien. La polyvalence d’abord : chaque Jeep est conçue pour s’adapter à tous les terrains et tous les styles de conduite, de l’off-road à l’autoroute en passant par la ville. L’approche est résolument modulaire, puisque la marque conçoit ses modèles pour accueillir toutes les motorisations, 100 % électrique, hybride rechargeable, hybride et thermique, afin d’offrir au client une liberté de choix maximale. Un grand toit ouvrant et des barres de toit complètent cette vocation « plein air ».
L’espace de chargement, enfin, découle directement de la silhouette caractéristique des Jeep. Leur forme cubique et carrée, le fameux style « boxy », optimise les volumes intérieurs. La nouvelle Compass atteint ainsi 1 560 litres de capacité une fois les sièges arrière rabattus, tandis que l’aménagement intérieur multiplie les espaces de rangement astucieux.
Au-delà de l’exercice de style, cette communication illustre l’enjeu auquel font face toutes les marques au patrimoine fort à l’ère de l’électrification. Comment moderniser et électrifier une gamme sans diluer l’identité qui fait la valeur d’une marque ? Jeep, qui fêtera bientôt ses 85 ans, semble avoir trouvé un équilibre salué par la profession : préserver des codes immédiatement reconnaissables, les sept fentes, les angles trapézoïdaux, la robustesse, tout en les adaptant aux véhicules électriques de demain. Une leçon de cohérence que bien des constructeurs, confrontés à la table rase de l’électrique, pourraient méditer. Car dans un marché où les silhouettes tendent à se ressembler, une identité visuelle forte reste l’un des actifs les plus précieux d’une marque automobile.
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