Renault Group a publié un chiffre d’affaires de 11,6 milliards d’euros au troisième trimestre, en hausse de 1,5 %. Les volumes reculent pourtant de 6,0 % sur la période. Les ventes de véhicules électriques à batterie progressent de 84,7 % et représentent désormais 25,8 % des voitures particulières du groupe.
Moins de voitures vendues, plus de chiffre d’affaires. Renault Group publie un troisième trimestre où le volume recule de 6 % quand les ventes d’électriques à batterie progressent de près de 85 %.
Onze milliards six cents millions sur le trimestre
Le chiffre d’affaires du troisième trimestre atteint 11,6 milliards d’euros, en progression de 1,5 %, ou 1,4 % à taux de change constants. La partie automobile reste pour sa part stable à 9,8 milliards d’euros, en léger retrait de 0,2 % à changes constants. C’est donc Mobilize Financial Services qui tire la croissance, avec 1,8 milliard d’euros et une hausse de 11,0 %.
Sur neuf mois, la trajectoire est plus nettement orientée à la hausse. Le chiffre d’affaires du groupe s’établit à 41,8 milliards d’euros, en hausse de 7,1 % et de 7,6 % à changes constants, dont 36,6 milliards pour l’automobile et 5,2 milliards pour les services financiers. La croissance de l’activité de financement, à 11,0 % sur les deux périodes, est la plus régulière de l’ensemble.
L’écart entre le trimestre et les neuf mois mérite d’être relevé. Un troisième trimestre quasi stable après un premier semestre en forte croissance signifie que la dynamique du début d’année s’est tassée, sans s’inverser. Le groupe l’explique par une base de comparaison élevée au troisième trimestre 2025. Cette séquence tranche avec le point haut atteint trois ans plus tôt. Le groupe avait publié des résultats 2023 qualifiés d’historiques, au terme d’un exercice de redressement. La comparaison dit l’ampleur du chemin parcouru depuis, et la difficulté de le prolonger.
Un volume en recul de 6 % sur le trimestre
Les ventes du groupe s’établissent à 497 799 véhicules au troisième trimestre, en baisse de 6,0 %, et à 1 662 222 sur neuf mois, en recul de 2,2 %. La marque Renault résiste mieux que l’ensemble, avec 349 901 unités sur le trimestre, en repli de 2,9 %, et une progression de 1,1 % sur neuf mois. Elle occupe la deuxième place du marché européen sur la période.
Dacia subit le recul le plus marqué des trois marques. Le volume tombe à 144 175 véhicules au troisième trimestre, en baisse de 12,8 %, et à 471 007 sur neuf mois, en retrait de 9,7 %. Le groupe rattache ce repli à une base de comparaison élevée au troisième trimestre 2025.
Alpine est la seule marque en forte croissance, mais sur des volumes sans commune mesure. La marque de Dieppe écoule 3 723 véhicules sur le trimestre, en hausse de 58,4 %, et 12 269 sur neuf mois, en progression de 65,6 %. Ces chiffres restent inférieurs à ce que Dacia vend en une semaine.
Le renouvellement de la gamme Dacia est pourtant engagé. Le Dacia Striker a ouvert ses commandes à partir de 23 490 euros, et la prochaine Spring sera produite en Slovénie tandis que la Striker le sera en Turquie. Ces deux modèles portent l’essentiel de l’enjeu de volume pour 2027.
Vingt-cinq virgule huit pour cent d’électrique
La progression de l’électrique à batterie est la donnée la plus spectaculaire du trimestre. Les ventes bondissent de 84,7 % et représentent 25,8 % des voitures particulières du groupe, soit 12,2 points de plus qu’un an plus tôt. Sur neuf mois, la hausse atteint 59,4 % pour une part de 20,9 %.
En intégrant les hybrides, la bascule est encore plus avancée. Les motorisations électrifiées pèsent 54,9 % des voitures particulières vendues par le groupe au troisième trimestre. Plus d’une voiture particulière sur deux vendue par le groupe est donc désormais électrifiée sur la période.
Cinq virgule neuf points perdus sur les volumes
Le groupe détaille précisément la décomposition de la variation de son chiffre d’affaires automobile. La baisse des volumes pèse de 5,9 points. Elle est compensée par un effet positif de 4,9 points des ventes à partenaires, de 2,3 points du mix produit, de 1,1 point des prix et de 0,5 point du mix géographique.
Un poste négatif de 3,1 points vient en sens inverse. Il est rattaché pour l’essentiel à la normalisation des stocks de Renault Retail Group, après un niveau très bas constaté à fin juin. L’effet de change ajoute enfin 0,2 point, soit 14 millions d’euros, porté par le réal brésilien et le peso colombien et en partie compensé par la livre turque.
L’origine de chaque effet est documentée par le constructeur. Les ventes à partenaires progressent grâce au partenariat avec Geely au Brésil et à la consolidation de RNAIPL depuis août 2025, qui apporte 165 millions d’euros. Le mix produit s’améliore de son côté avec le passage de la Clio V à la Clio VI, les utilitaires Master et Trafic, et les ventes de véhicules électriques.
Un dernier mécanisme joue sur l’effet prix. Les électriques à plus grosse batterie et les hybrides contribuent à un effet d’enrichissement positif, tandis que les hausses de prix à l’international compensent les changes. Cette compensation est en partie annulée par la pression tarifaire constatée en Europe.
La gamme électrique s’est élargie sur tous les segments ces deux dernières années. Le Renault Trafic Van E-Tech electric a été élu Fourgon de l’année 2027, et le premier exemplaire de série de l’Alpine A390 est sorti de Dieppe. L’offre couvre désormais la citadine comme l’utilitaire et le SUV sportif.
Une marge de 5,5 % confirmée pour l’année
Les perspectives financières 2026 sont maintenues sans modification. Le groupe vise une marge opérationnelle d’environ 5,5 % du chiffre d’affaires, avec une légère amélioration du second semestre par rapport au premier. Le free cash-flow automobile est attendu autour de 1,0 milliard d’euros.
Une réserve accompagne toutefois cette confirmation. Le groupe prévoit que le bénéfice saisonnier habituel du second semestre soit plus faible qu’à l’accoutumée, en raison de coûts de matières premières plus élevés et de l’inflation. La prévision est donc tenue, mais avec un vent contraire assumé.
L’état des stocks et du carnet de commandes complète le tableau. Au 30 septembre 2026, le stock total s’élevait à 532 000 véhicules, et le carnet de commandes européen représentait environ deux mois de ventes prévisionnelles. Ce niveau de carnet est le repère que le groupe suit pour calibrer sa production.
Pour Duncan Minto, directeur financier de Renault Group, le trimestre valide le modèle. Le dirigeant estime que la résilience du chiffre d’affaires démontre la solidité et l’agilité du modèle opérationnel du groupe.
Les marchés internationaux dessinent deux trajectoires opposées. L’Inde progresse de 36,7 % sur neuf mois, quand la Turquie recule de 18,0 % au troisième trimestre et que le marché argentin se contracte de 19,2 %. En Europe, les ventes de voitures particulières du groupe reculent de 3,1 % sur neuf mois, mais l’Europe du Nord progresse de 6,0 % et les ventes aux particuliers gagnent 5,0 % au troisième trimestre.
En savoir plus sur MotorsActu
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

