L’Opel Combo repasse sur les chaînes turques après une longue absence. Tofaş lancera sa production à Bursa dès le troisième trimestre 2026, dans le cadre du programme K9 signé avec Stellantis en 2025. Ce contrat mobilise 256 millions d’euros d’investissement et vise environ 660 000 véhicules d’ici fin 2034, hors unités CKD, dont près de 80 % destinés au marché turc.
Un programme dimensionné pour la décennie
Le projet K9 couvre un utilitaire léger et ses déclinaisons combi, produits sur des plateformes multi-énergie pour plusieurs marques du groupe, dont Fiat, Opel, Citroën et Peugeot. La capacité annuelle visée atteint 150 000 véhicules, unités démontées comprises.
Le Combo n’est donc qu’un élément d’un ensemble plus vaste. Il rejoint à Bursa le Zafira, le Vivaro et le Vivaro Kamyonet, déjà assemblés sur le site. Tofaş y produit par ailleurs la famille K0, une gamme d’utilitaires légers de segment intermédiaire attribuée à l’usine par un accord signé en 2023 entre Koç Holding et Stellantis, déclinée pour quatre marques du groupe.
L’accumulation de ces programmes fait de Bursa le centre de production d’utilitaires légers de Stellantis en Turquie.
Un modèle qui pèse lourd sur le marché local
La localisation ne concerne pas un produit de niche. En 2025, Opel a écoulé 27 471 utilitaires légers en Turquie et s’est classée troisième marque du segment. Le Combo représentait 15 722 de ces immatriculations, soit plus de la moitié du total de la marque dans cette catégorie.
La dynamique se maintient. Sur les sept premiers mois de 2026, le modèle a trouvé 7 779 acquéreurs et détient environ 15 % de part de marché sur le segment des combivans compacts.
Yiğit Yantaç, directeur de la marque Opel en Turquie, indiquait dès janvier qu’après le lancement du Combo, la proportion de véhicules produits localement dans la gamme utilitaire légère de la marque pourrait approcher 70 %.

Un retour plus qu’un début
Bursa n’est pas une terre inconnue pour Opel. Le Combo y avait déjà été assemblé dans le cadre d’un ancien projet multimarque bâti sur la base du Fiat Doblò. Le nouveau programme repose en revanche sur la famille K9 et sur une architecture multi-énergie, conçue pour accueillir plusieurs types de motorisations sur une même ligne.
Yiğit Yantaç a insisté sur cette continuité, décrivant le retour à une production locale comme une étape précieuse sur le plan stratégique et symbolique pour une marque qui a déjà fabriqué des voitures dans le pays.
Ce que la localisation change, et ce qu’elle ne change pas
L’effet immédiat porte sur la chaîne d’approvisionnement. Un Combo produit localement dépend moins des flux logistiques extérieurs, ce qui améliore la disponibilité du modèle et la capacité d’Opel à ajuster ses volumes à la demande turque.
Une baisse du prix de vente n’en découle pas mécaniquement, et Opel n’a formulé aucun engagement en ce sens. Le premier indicateur exploitable viendra des délais d’acheminement entre Bursa et les concessions, puis des grilles tarifaires publiées après le démarrage de la production.

Une pièce dans la stratégie utilitaire du groupe
Ce programme s’inscrit dans la rationalisation industrielle que Stellantis Pro One conduit sur son offre professionnelle. Le groupe décline déjà un même véhicule de base sous quatre identités de marque avec le Smart Compact Van, une logique de mutualisation qui vise à couvrir l’ensemble des besoins professionnels en maîtrisant les coûts de développement.
Pour le marché français, l’annonce reste sans effet direct sur les tarifs ou les sources d’approvisionnement du Combo. Elle documente en revanche la manière dont Stellantis répartit ses volumes utilitaires entre ses sites européens et périphériques, et le rôle croissant que la Turquie y occupe.

