Dans un marché automobile européen qui reprend doucement son souffle, avec une hausse de 4,9 % des immatriculations en octobre (1,091 904 véhicules neufs vendus dans l’UE + EFTA + Royaume-Uni), la Dacia Sandero signe un nouveau triomphe.
Selon les données de JATO Dynamics, cette citadine roumaine s’est hissée à la première place des ventes pour le cinquième mois consécutif de l’année, devant la Renault Clio (2e) et le Volkswagen T-Roc (3e). Leader incontesté sur l’année cumulée à ce stade, la Sandero confirme son statut de best-seller continental, un exploit pour une voiture qui démarre à moins de 13 000 €. Mais derrière ces chiffres froids, ce succès révèle les appétits des Européens : du pratique, du fiable et du pas cher, dans un contexte de pouvoir d’achat serré et de transition énergétique hésitante. Décryptage d’un phénomène qui défie les géants.
Un octobre en demi-teinte pour l’Europe, mais victorieux pour Dacia
Les chiffres de JATO pour octobre 2025 dressent un tableau contrasté : croissance globale modérée (+4,9 %), mais tirée par les marchés périphériques comme l’Espagne (+16 % en octobre) et la France (+5 %), tandis que l’Allemagne patine à +2 % et l’Italie stagne. Les SUV compacts comme le T-Roc (Volkswagen) ou le Yaris Cross (Toyota) grappillent du terrain, mais c’est la Sandero qui rafle la mise avec environ 20 500 unités écoulées – un volume stable malgré une légère baisse de 2,7 % par rapport à octobre 2024. Sur le semestre écoulé, elle cumule 128 842 ventes, malgré un repli de 11 %, conservant son leadership absolu.
Ce n’est pas un hasard : la Sandero incarne parfaitement le « value for money » que les Européens plébiscitent en 2025. À un prix d’attaque de 12 990 € (Essential), elle offre un espace généreux (coffre 328 L, empattement 2,60 m), une fiabilité éprouvée (moteur 1.0 TCe 90 ch ou GPL 100 ch) et un équipement basique mais suffisant (clim manuelle, radio Bluetooth, aide au stationnement). En France, où elle est produite à Tanger (Maroc), elle représente 15 % des ventes de citadines, talonnant la Clio (sa jumelle Renault) qui suit de près avec 17 000 unités en octobre. Au Portugal ou en Espagne, elle domine outright, avec des pics à 4 000 unités/mois en mai-juin.
Les clés du succès : prix, polyvalence et un positionnement « anti-luxe »
Ce qui frappe dans les analyses de JATO, c’est la résilience de la Sandero face à la crise : alors que les EV et hybrides premium comme le Tesla Model Y chutent de 43 % (seulement 5 559 unités en octobre), la Roumaine gagne en parts de marché grâce à son positionnement budget. « La Sandero n’est pas une mode passagère ; c’est la réponse à un marché où 60 % des acheteurs cherchent du pratique sans fioritures », explique Felipe Munoz, analyste chez JATO. Son design simple (hayon trapu, phares LED de série depuis 2024) et sa modularité (banquette 60/40, toit ouvrant en option) en font une citadine polyvalente pour les jeunes familles ou les urbains contraints.
La motorisation GPL (Eco-G 100 ch) explose : 34 % des ventes en Europe, pour une autonomie de 1 000 km et un coût à l’usage 30 % inférieur à l’essence pure. En Roumanie ou en Italie, elle représente 40 % des Sandero écoulées. Ajoutez une garantie 3 ans/100 000 km (extensible 7 ans) et un réseau dense (plus de 500 points en France), et vous avez la recette d’un triomphe. Il est à noter que la Sandero a maintenu sa domination malgré les hausses de prix (+5 % en 2025), prouvant que le low-cost intelligent l’emporte sur le hype.
Un podium qui reflète les tendances européennes : low-cost vs premium
Le top 3 d’octobre peint un portrait fidèle du marché :
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- 1re : Dacia Sandero (20 500 unités, stable) : la citadine low-cost qui résiste à tout.
- 2e : Renault Clio (17 000 unités, +20 % YoY) : sa sœur jumelle, boostée par l’hybride E-Tech.
- 3e : VW T-Roc (18 500 unités, +15 %) : le SUV compact qui grimpe grâce à son restylage.
Le Golf VW suit de près (4e), tandis que les EV comme l’Enyaq Skoda (1re BEV) et le Model Y Tesla (9e) patinent. La hausse globale (+4,9 %) est tirée par les essence/GPL (+7 %), les hybrides (+25 %) et les BEV (+22 %), mais les diesels s’effondrent (-15 %). En YTD, la Sandero cumule 268 101 ventes (+14 % YoY), leader incontesté devant la Clio (240 000) et le Yaris Toyota (220 000).
Ce podium souligne les fractures : les marques low-cost comme Dacia (Renault Group, 15 % parts) gagnent du terrain en Europe de l’Est et du Sud, tandis que VW et Toyota dominent le Nord. Les Chinois (BYD, MG) grignotent avec 4 % des ventes (+50 % YoY), mais la Sandero reste l’outsider qui gagne.
Le low-cost qui défie la crise : fiabilité et positionnement malin
Le secret de la Sandero ? Son ADN roumain : robuste, sans chichis, et taillée pour l’Europe réelle. À 12 990 €, elle offre un intérieur spacieux (4,08 m long, 5 places), un moteur GPL économe (7 l/100 km, 100 g CO2) et des aides à la conduite basiques (freinage d’urgence, caméra recul). Fiabilité ? 4,5/5 sur l’enquête J.D. Power 2025, avec moins de pannes que la 208 Peugeot. En Espagne, elle culmine à 33 716 ventes sur 10 mois, record en octobre (3 484 unités).
Dacia (filiale Renault) mise sur l’export : 70 % des Sandero sortent de Tanger pour l’Europe, boostées par des subventions comme le bonus éco GPL. « La Sandero n’est pas une voiture ; c’est une solution », résume Denis Le Vot, DG Dacia, dans Les Échos. Face à l’inflation (+5 % carburant) et aux ZFE, son GPL (Crit’Air 1) séduit les flottes (30 % des ventes).
Impacts sur le marché : low-cost en hausse, EV en attente
Cette domination de la Sandero (+14 % YTD) reflète un marché en transition : essence/GPL à 45 % des ventes (+7 %), hybrides à 25 % (+25 %), EV à 15 % (+22 % mais parts stables). Les low-cost comme Dacia (268 101 unités) talonnent VW (1,35 M) et Renault (1 M). JATO prévoit une Sandero à 500 000 unités annuelles d’ici 2026, si les prix restent sages.
Pour les constructeurs premium, c’est un avertissement : le Model Y Tesla (4e YTD, –17 %) paie son prix haut (45 000 €) et son autonomie hivernale décevante. La Sandero, avec son « prix imbattable » (13 400 € équivalent), redessine les priorités : polyvalence budget avant tout.
La Sandero, reine incontestée d’un marché pragmatique
En octobre 2025, la Dacia Sandero n’est pas qu’une best-seller : elle est le baromètre d’une Europe qui choisit le rationnel face à l’inflation. Cinquième mois d’affilée en tête, leader YTD, elle défie les géants avec son mix fiabilité/prix. Pour Dacia, c’est la consécration d’un modèle qui a vendu 268 101 unités en 2024 (+14 %). Reste à voir si 2026 confirmera, avec les malus CO2 qui grimpent. Mais pour l’instant, la citadine roumaine roule sur l’or. Note : 18/20. Si vous cherchez du pratique sans chichi, c’est elle.

