Lancia Corse a disputé le Rally Italia Sardegna le 4 octobre, dernière manche du championnat du monde des rallyes. Pablo Sarrazin, 20 ans, a signé le meilleur temps WRC2 dès la deuxième spéciale et terminé deuxième de la Power Stage. L’équipe clôture une première saison couronnée par le titre mondial des équipes WRC2.
Pour une marque revenue en rallye mondial il y a moins d’un an, le bilan est inhabituel. Lancia Corse termine sa première saison de WRC2 avec le titre mondial des équipes, décroché au Paraguay, et une dernière manche sarde qui a surtout servi à révéler un pilote.
Pablo Sarrazin, 20 ans, a signé le meilleur temps de la catégorie WRC2 dès la deuxième spéciale du Rally Italia Sardegna. Il a ensuite tenu des temps compétitifs le dernier jour et terminé deuxième de la Power Stage.
Un rythme de podium, mais pas l’arrivée
Le week-end n’est pas allé au bout pour autant. Sarrazin a abandonné dans la huitième spéciale avant de reprendre la route au titre du Super Rally, règlement qui autorise un équipage sorti à repartir le lendemain avec une pénalité.
Didier Clément, directeur de l’équipe, résume l’affaire sans détour en estimant que Pablo a clairement montré le rythme pour se battre pour le podium, dans un plateau extrêmement compétitif. C’est l’essentiel de ce que l’équipe retient de cette dernière sortie.
Les routes gravillonneuses sardes comptent parmi les plus cassantes du calendrier. Elles ont fait le tri sur l’ensemble des engagés Lancia, et pas seulement sur le plus jeune.
Un mot sur la catégorie, parce qu’elle structure tout le programme. Le WRC2 est l’antichambre du championnat du monde, disputée avec des voitures Rally2 dont la puissance est limitée et l’électronique bridée, ce qui rapproche les équipages et met le pilotage en avant.
Le classement des équipes, celui que Lancia a remporté, récompense la régularité d’une structure sur l’ensemble de la saison plutôt que la performance d’un seul pilote. Il suppose donc d’amener des voitures à l’arrivée semaine après semaine.
Trois autres Ypsilon, trois week-ends compliqués
Léo Rossel a abandonné dès la deuxième spéciale après un atterrissage violent. Il a repris la route en Super Rally, puis renoncé une seconde fois dans la neuvième spéciale, son copilote souffrant.
L’Américain Conner Martell est sorti dans la même deuxième spéciale, après un contact avec un arbre, et a renoncé définitivement dans la douzième. Stefano Avandero a de son côté bouclé ses premiers kilomètres en compétition au volant de l’Ypsilon.
Quatre voitures engagées, aucune arrivée propre : la Sardaigne a coûté cher à l’équipe. Le week-end ne change rien au bilan de la saison, puisque le titre était déjà acquis.
Une Ypsilon Rally2 qui a tenu sur toutes les surfaces
C’est le vrai acquis de cette année. Le titre mondial des équipes WRC2, remporté au Paraguay, valide le potentiel de la Lancia Ypsilon Rally2 HF Integrale sur des terrains qui n’ont rien en commun.
L’équipe avait ouvert le terrain gravier quelques semaines plus tôt, Lancia repartant au Paraguay avec une Ypsilon qui avait déjà gagné deux fois dans la saison. Sur asphalte, la voiture avait aussi offert un podium à Yoann Bonato au Rallye Cœur de France.
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Le nom HF Integrale n’est pas un hasard sur le flanc de cette voiture. Lancia l’a réactivé en compétition et le décline désormais aussi sur la route, avec une version de 375 ch de son crossover.
La base routière de cette voiture de rallye est elle aussi remarquable à sa façon. L’Ypsilon de série existe en version électrique, et elle a signé un record d’efficience de 771 km sur le périphérique parisien sans recharger.
Une même silhouette qui sert à la fois de citadine électrique sobre et de voiture de rallye mondial, c’est le genre d’écart que seul le rallye permet encore. La carrosserie est commune, à peu près tout le reste est différent.
Ce que la marque joue avec ce programme
Le rallye n’est pas un terrain neutre pour Lancia. La marque y détient le record de titres constructeurs en championnat du monde, accumulés des années 1970 aux années 1990 avec la Stratos, la 037 et la Delta.
Revenir en WRC2 avec une Rally2 reprenant l’identité de l’Ypsilon de série était donc un pari sur la crédibilité autant que sur les résultats. Le titre des équipes dès la première saison répond à la première partie de la question.
L’héritage joue dans les deux sens pour une marque dans cette position. Il donne une légitimité immédiate et une attente élevée, et un programme raté aurait abîmé le capital que Lancia cherche justement à réactiver.
Ce capital se mesure encore aujourd’hui, la Fulvia HF victorieuse du Monte-Carlo 1972 étant exposée à Monaco plus de cinquante ans après sa victoire. Peu de marques peuvent compter sur ce genre d’attachement.
L’engagement de la marque ne s’arrête pas au championnat du monde. Lancia a aussi lancé un projet inédit pour écrire son avenir avec ses fans, à l’occasion de ses 120 ans, signe que le patrimoine sportif reste au cœur de sa reconstruction.
La suite se jouera sur le calendrier 2027, dont le Rallye Monte-Carlo ouvrira la saison du 21 au 24 janvier. Pour une marque qui a bâti sa légende sur cette épreuve, le rendez-vous a une saveur particulière.
Pablo Sarrazin y arrivera avec un statut tout neuf. Un meilleur temps WRC2 et une deuxième place en Power Stage à 20 ans suffisent à changer le regard porté sur un pilote, même sans arrivée au bout du rallye.
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