Mitsubishi ne se contente pas de ressusciter un nom. Selon des informations publiées par Nikkei Asia, le constructeur japonais envisagerait de transformer le Pajero en gamme complète, avec une déclinaison compacte attendue en 2028 ou 2029, puis un Pajero Mini au gabarit kei-car vers 2030. Ce dernier viserait directement le Suzuki Jimny, seul survivant crédible du segment.
Ce qui est officiel : un plan à 13 modèles
La partie confirmée du dossier est solide. Mitsubishi a présenté en mai 2026 un plan stratégique prévoyant treize nouveautés sur six ans et 1 000 milliards de yens d’investissement, soit environ 5,4 milliards d’euros, d’ici 2029. Le Pajero en constitue le modèle vitrine.
Le vaisseau amiral fera sa première mondiale à l’automne 2026, cinq ans après l’arrêt de la commercialisation internationale du modèle en 2021. Il repose sur le châssis à échelle du pick-up Triton, également vendu sous le nom L200, avec un développement spécifique de la cabine et des suspensions avant et arrière. Mitsubishi annonce une section de châssis augmentée de 65 %, une rigidité en flexion améliorée de 60 % et une rigidité en torsion renforcée de 40 % par rapport à la génération précédente.
La configuration sept places a été confirmée par la filiale australienne. Le bloc turbodiesel 2,4 litres 4N16 issu du Triton développe 150 kW et 470 Nm. Le constructeur positionne ce modèle comme le futur porte-drapeau de sa gamme et réserve les spécifications complètes à la présentation d’automne. Ce retour du Pajero marque une rupture avec la logique de rationalisation qui avait progressivement vidé le catalogue européen de la marque au profit de modèles partagés avec Renault.

Ce qui reste à confirmer : deux modèles inférieurs
Les déclinaisons évoquées par la presse japonaise n’ont fait l’objet d’aucune communication officielle. Le Pajero compact afficherait un gabarit proche de celui du Toyota RAV4 ou du Mazda CX-5, mais avec des prétentions de franchissement nettement plus sérieuses. Il s’appuierait sur une plateforme dédiée et sur des composants issus de l’Outlander, une architecture que Mitsubishi n’a pas validée.
Le Pajero Mini adopterait le format kei-car, réglementé au Japon en longueur, largeur et cylindrée. Ce positionnement le placerait face au Jimny, dont la version kei domine son segment domestique depuis des années sans concurrence directe.
Un scénario déjà écrit dans les années 1990
Le nom n’a rien d’artificiel. Le Pajero Mini existait bel et bien dans les années 1990, en kei-car, et affrontait alors le petit Suzuki. Le catalogue comptait également le Pajero Junior et le Pajero iO sur le créneau des compacts, structurant une gamme complète autour d’un seul nom. La démarche décrite aujourd’hui reproduirait cette organisation, à une différence près : le marché des petits franchisseurs authentiques s’est vidé, et la demande s’est concentrée sur les rares modèles restants.
La première épreuve arrive avant
Avant ces hypothèses, c’est la présentation du grand Pajero qui servira de test. Le modèle doit prouver qu’un constructeur peut encore vendre un tout-terrain à châssis échelle dans un marché mondial contraint par les normes d’émissions. Le passage en Europe n’est d’ailleurs pas acquis : il dépendra des motorisations retenues, un diesel conforme ou une déclinaison hybride rechargeable dérivée du système de l’Outlander étant les deux voies évoquées.
Tant que les modèles inférieurs ne sont pas annoncés officiellement, le calendrier situé entre 2028 et 2030 reste indicatif. Avec 3,25 millions d’unités écoulées et douze victoires au Dakar, le Pajero dispose d’un capital de marque que peu de noms conservent après cinq ans d’absence. Reste à savoir si Mitsubishi ira jusqu’à le décliner vers le bas.

