Des photos non officielles de la Great Seagull, la future citadine électrique de BYD, ont été publiées lundi et confirment les cotes déposées cet été auprès du régulateur chinois. Le modèle mesure 4 205 mm pour un empattement de 2 650 mm, soit quinze centimètres de plus que la Seagull actuelle entre les essieux. Un lidar apparaît sur le toit de l’exemplaire photographié.
Les premières images de la Great Seagull en conditions réelles ont circulé lundi sur les réseaux chinois. Elles montrent une compacte à hayon dont la silhouette s’éloigne nettement de la Seagull commercialisée aujourd’hui. Les cotes visibles correspondent à celles déposées cet été auprès du ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information.
Le dossier d’homologation donne 4 205 mm de longueur, 1 810 mm de largeur et 1 570 mm de hauteur. L’empattement atteint 2 650 mm. La Seagull actuelle mesure 3 780 mm de long sur le marché chinois, pour un empattement de 2 500 mm. L’écart s’établit donc à 425 mm en longueur et à 150 mm entre les essieux.
Cet allongement change la nature du modèle. Nous avions déjà détaillé les 420 km CLTC annoncés pour la Great Seagull, sans que son gabarit soit alors confirmé par des images. Les clichés de lundi lèvent ce doute et placent la voiture un cran au-dessus de son point de départ.
Un gabarit qui vient chercher la Dolphin
La Dolphin, échelon immédiatement supérieur du catalogue BYD, mesure 4 290 mm pour un empattement de 2 700 mm. La Great Seagull s’en approche à 85 mm en longueur et à 50 mm entre les essieux. Les deux voitures partageraient donc l’essentiel de leur encombrement au sol, ce qui pose la question de leur cohabitation commerciale.
Cette proximité soulève une question d’arbitrage interne. La Great Seagull viendrait s’intercaler entre deux modèles déjà installés au catalogue, sur un segment où BYD dispose peu de marge pour multiplier les carrosseries. L’hypothèse d’une montée en gamme du modèle d’entrée, plutôt que d’un ajout, paraît donc la lecture la plus cohérente à ce stade.
Le constructeur a déjà montré qu’il ajustait ses gammes par le matériel plutôt que par le discours. Il a par exemple réduit la batterie d’un SUV de 326 ch pour en abaisser le prix, en assumant une autonomie moindre. Il a aussi lancé une berline hybride de 4,87 m sous les 13 000 euros. La Great Seagull relève de la même logique d’ajustement fin.

Le lidar n’a rien d’une première ici
L’exemplaire photographié porte un lidar en position centrale sur le pavillon. Le capteur alimente la suite d’aides à la conduite que BYD commercialise sous le nom God’s Eye B, également désignée DiPilot 300. Ce dispositif figure déjà au catalogue chinois de la Seagull restylée présentée en mai 2026, ce qui relativise l’effet de nouveauté.
Sur cette Seagull 2026, dont le tarif d’entrée s’établit à 69 900 yuans, le lidar reste une option réservée à deux finitions, affichées à 90 900 et 97 900 yuans. BYD avait alors fait descendre ce type d’équipement sous la barre des 100 000 yuans, environ 11 000 euros au cours actuel. L’arrivée du capteur sur la Great Seagull prolonge cette stratégie plutôt qu’elle ne l’inaugure.
Le dossier d’homologation de juillet précise que le lidar accompagne des radars avant, arrière et latéraux, sur la seule variante la plus lourde, homologuée à 1 255 kg. Les fonctions annoncées couvrent la navigation assistée en ville et sur voie rapide, le stationnement automatisé, la lecture des feux tricolores et les changements de file.
Ces capacités correspondent à ce que BYD revendique pour son système, pas à un comportement mesuré sur route ouverte. Aucun test indépendant n’a été publié sur cette configuration précise. La prudence reste donc de mise tant que le modèle n’a pas été présenté officiellement par le constructeur.
Deux batteries LFP et 127 chevaux
La fiche technique déposée mentionne un moteur synchrone à aimants permanents de 95 kW, soit 127 chevaux. La vitesse maximale est fixée à 150 km/h. Ce niveau de puissance correspond à un usage urbain et périurbain plutôt qu’à de longues étapes autoroutières, ce qui reste cohérent avec le positionnement tarifaire du modèle.
Deux packs lithium-fer-phosphate signés FinDreams, la filiale batteries du groupe, sont prévus. Leurs capacités atteignent 30 et 39,2 kWh. Les autonomies annoncées s’élèvent à 320 et 420 km selon le cycle chinois CLTC, protocole nettement plus favorable que la procédure européenne utilisée pour l’homologation WLTP.
Les équivalences de 259 et 340 km qui circulent sont des conversions, pas des homologations. Aucune valeur WLTP officielle n’existe à ce stade. Ces chiffres doivent donc être lus comme des ordres de grandeur et non comme des données constructeur homologuées pour l’Europe.
Ce que la Dolphin Surf propose en France
La Seagull est vendue en France sous le nom Dolphin Surf, avec une carrosserie allongée à 3 990 mm et un empattement inchangé de 2 500 mm. Elle est affichée à partir de 19 990 euros en finition Active, tandis que BYD propose actuellement la Boost à 20 025 euros après une remise conseillée de 3 600 euros et une prime CEE de 365 euros sous condition d’éligibilité. Trois finitions composent aujourd’hui la gamme française.
La version Active reçoit une batterie de 30 kWh pour 220 km WLTP en cycle mixte. Les Boost et Comfort passent à 43,2 kWh, pour 322 et 310 km. Le pack haut de gamme français dépasse donc celui prévu sur la Great Seagull chinoise, qui plafonne à 39,2 kWh, signe que les deux marchés ne reçoivent pas la même stratégie de batteries.
La Dolphin Surf a obtenu cinq étoiles à l’Euro NCAP et dispose de plusieurs aides à la conduite de série. Le lidar proposé en Chine ne figure toutefois pas dans la gamme européenne. L’écart d’équipement entre les deux marchés porte donc sur les capteurs autant que sur les batteries.
Sur ce créneau, la citadine électrique de BYD affronte la Dacia Spring sous les 18 000 euros, la Citroën e-C3 Tonic à 21 090 euros et la Renault 5 qui a gagné 25 km d’autonomie. Le Leapmotor B03X à 23 400 euros s’ajoute à cette liste. Aucune de ces quatre rivales ne propose de lidar.
Aucun calendrier européen communiqué
BYD n’a pas encore présenté officiellement la Great Seagull dans sa version définitive ni communiqué son prix. Zhang Zhuo, directeur général de la division Ocean de BYD, a toutefois confirmé en août son lancement sur le marché chinois avant la fin de l’année. Aucun calendrier européen n’a été annoncé.
Les images qui circulent proviennent de comptes d’amateurs et de clichés volés. Elles ne permettent donc pas de tirer des conclusions définitives sur la finition de série, ni sur les équipements retenus pour chaque version. Le dossier réglementaire reste la source la plus solide disponible à ce stade pour les cotes et les principales caractéristiques mécaniques.
Le constructeur a en revanche confirmé le démarrage de son usine hongroise de Szeged pour la fin 2026, avec la Dolphin Surf parmi les premiers modèles assemblés. Une production locale permet d’échapper aux droits appliqués aux véhicules importés de Chine, un raisonnement que d’autres suivent déjà avec une électrique chinoise assemblée en Autriche.
Rien n’indique pour l’instant que la Great Seagull rejoindra cette usine. Le réseau après-vente et la valeur de revente restent par ailleurs des points de vigilance pour les marques chinoises récemment arrivées en Europe, comme nous l’avons détaillé à partir des données disponibles. Ces critères pèsent autant que la fiche technique sur le choix d’un acheteur particulier.
Le calendrier chinois est en revanche confirmé, BYD prévoyant son lancement avant la fin de l’année. Un dossier d’homologation déposé en juillet précède d’ailleurs en général de quelques mois la mise en vente. Restent notamment à connaître son tarif et son positionnement face à la Seagull actuelle, proposée à partir de 69 900 yuans.
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