Le dossier d’homologation de la deuxième génération de BYD Seagull décrit une citadine passée au moteur arrière, avec 95 kW au lieu de 55 kW. Le train arrière abandonne l’essieu de torsion pour une architecture multibras, et la voiture reçoit un coffre avant. En Europe, le modèle actuel est commercialisé sous le nom de Dolphin Surf.
BYD prépare une refonte complète de sa citadine électrique d’entrée de gamme. Les documents réglementaires chinois et les premières images de la voiture de série décrivent une deuxième génération de Seagull qui ne se limite pas à un restylage, avec une architecture technique revue de bout en bout.
Le changement le plus lourd concerne l’implantation mécanique. Le moteur passe à l’arrière, ce qui fait de cette citadine une propulsion, alors que la génération actuelle repose sur un moteur avant. Le modèle de moteur relevé dans le dossier porte la référence TZ164XYB.
📖 Lire aussi :
Des photos de la nouvelle BYD Seagull fuitent : elle passe à 4,20 m et reçoit un lidar
Cette bascule ne va pas seule. Le train arrière troque l’essieu de torsion contre un système multibras indépendant, et la voiture gagne un coffre avant, libéré par le départ du moteur. Ces trois éléments forment un ensemble cohérent plutôt qu’une addition d’options.
Un moteur arrière de 95 kW au lieu de 55 kW
La puissance progresse dans le même mouvement. Le moteur annoncé développe 95 kW, soit environ 129 chevaux, contre 55 kW sur la Seagull actuellement commercialisée en Chine. La comparaison ne vaut pas pour la Dolphin Surf européenne, dont les motorisations atteignent déjà 65 ou 115 kW selon les versions.
La vitesse maximale reste fixée à 150 km/h malgré cette hausse de puissance. BYD n’a encore communiqué ni accélérations ni données de reprises permettant d’en mesurer les effets sur les performances.
Le passage à la propulsion modifie également la répartition des fonctions entre les essieux : les roues avant assurent désormais la direction tandis que le moteur entraîne les roues arrière. BYD ne communique encore aucune donnée sur le comportement dynamique.
Le train arrière quitte l’essieu de torsion
Le second changement structurel se joue sous le plancher. Le train arrière multibras remplace l’essieu de torsion utilisé jusqu’ici, une architecture plus coûteuse et plus encombrante, mais qui dissocie mieux le guidage de la roue et le filtrage des irrégularités.
Ce choix reste rare dans la catégorie. Les citadines électriques vendues autour de 10 000 euros en Chine et de 20 000 euros en Europe s’appuient très majoritairement sur un essieu de torsion, retenu pour son coût, sa compacité et sa simplicité de montage.
Les pneumatiques suivent le mouvement. Le dossier mentionne des 205/60 R16 montés sur des jantes en alliage de 16 pouces, une monte cohérente avec l’allongement de la voiture. Le document ne précise pas si elle concerne l’ensemble des finitions annoncées.
Un coffre avant sur une citadine
Le départ du moteur vers l’arrière libère de la place sous le capot. BYD en profite pour installer un coffre avant, dont la capacité n’est pas communiquée. L’équipement reste inhabituel sur une citadine, et il se rencontre surtout sur des électriques de segments supérieurs.
L’usage réel de ce rangement dépendra de son volume. Sur les modèles qui en proposent un, il sert principalement à loger les câbles de charge, ce qui libère le coffre arrière et évite de déposer un câble sale sur les bagages.
Une citadine qui a pris 425 millimètres
Les dimensions confirment le changement de catégorie. La voiture mesure 4 205 mm de long, 1 810 mm de large et 1 570 mm de haut, pour un empattement de 2 650 mm. La génération actuelle s’arrête à 3 780 mm de long, 1 715 mm de large et 1 540 mm de haut.
L’écart atteint donc 425 mm en longueur, 95 mm en largeur et 30 mm en hauteur, avec 150 mm d’empattement supplémentaires. Ces chiffres sortent la voiture du format des micro-citadines pour l’amener au contact des polyvalentes du segment B.
Avec 4,205 m, cette nouvelle Seagull dépasse même de 215 mm l’actuelle Dolphin Surf européenne, longue de 3,990 m. L’appellation Seagull masque donc une évolution de gabarit particulièrement importante.
Nous avions détaillé ce nouveau format lors de l’apparition des premières images de la voiture de série, avec une autonomie évoquée jusqu’à 420 km en cycle CLTC. Les capacités de batterie et les autonomies n’ont toujours pas été confirmées officiellement par le constructeur.
Geely occupe déjà ce terrain technique
BYD n’invente pas cette recette. Geely commercialise depuis septembre 2024 la Xingyuan, connue à l’export sous le nom EX2, une citadine électrique à moteur arrière dont l’empattement atteint également 2 650 mm, pour une longueur de 4 135 mm.
Le positionnement tarifaire est comparable en Chine. La Xingyuan démarre autour de 64 800 yuans dans ses versions récentes, quand la Seagull actuelle s’échelonne de 69 900 à 97 900 yuans selon la capacité de batterie et le niveau d’aide à la conduite retenu.
La déclinaison européenne sert d’ailleurs de repère. La Geely E2 a décroché cinq étoiles à l’Euro NCAP, un résultat qui compte sur un segment longtemps jugé sur le seul prix d’appel.
Ce que la Dolphin Surf propose aujourd’hui
En Europe, la Seagull est commercialisée sous le nom de Dolphin Surf. En France, BYD affiche trois finitions : Active à partir de 19 990 euros, Boost à 23 990 euros et Comfort à 25 990 euros, hors offres commerciales ponctuelles.
Les autonomies homologuées s’établissent à 220 km pour l’Active, 322 km pour la Boost et 310 km pour la Comfort en cycle WLTP. La charge rapide atteint 65 kW sur l’entrée de gamme et 85 kW sur les deux autres versions. BYD annonce 30 minutes pour passer de 10 à 80 pour cent.
La concurrence européenne s’organise sur ce terrain. Dacia annonce une nouvelle Spring sous les 18 000 euros, et Nissan complète le trio issu de la plateforme de la Twingo avec la Pixo lancée le 23 septembre.
BYD n’a pas annoncé de calendrier européen pour la nouvelle génération. Rien n’indique à ce stade que la version vendue en Europe reprendra la propulsion, le train multibras et le coffre avant relevés sur le dossier chinois, les définitions techniques pouvant différer d’un marché à l’autre.
Ni batterie ni tarif officiels à ce stade
Plusieurs informations manquent encore pour juger de l’ensemble. BYD n’a pas publié les capacités de batterie définitives, les autonomies homologuées ni les tarifs chinois de cette deuxième génération, et la capacité du coffre avant reste inconnue. Le constructeur a déjà montré qu’il ajustait la définition technique pour tenir un prix, en réduisant la batterie d’un de ses SUV pour en abaisser le tarif.
Le contexte, lui, est connu. Les constructeurs chinois viseraient un véhicule sur cinq vendu en Europe d’ici 2030, et Dacia évoque désormais un écart de prix ramené à 5 pour cent avec cette concurrence. Si BYD parvient à contenir le prix malgré cette montée en gamme technique, cette nouvelle Seagull pourrait renforcer la pression exercée par les constructeurs chinois sur les citadines électriques européennes.
📖 Lire aussi :
BYD annonce 1 040 km et 1,4 l/100 km pour sa première citadine hybride rechargeable européenne
En savoir plus sur MotorsActu
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

