BYD a confirmé le lancement de la Great Seagull en Chine cette année, une compacte électrique de 4,21 m annoncée jusqu’à 420 km d’autonomie. Le chiffre relève du cycle chinois CLTC, nettement plus favorable que la norme européenne, et correspond à environ 355 km en WLTP. La Renault Mégane E-Tech revendique de son côté jusqu’à 470 km.
La confirmation vient de Zhang Zhuo, directeur général du réseau de vente Ocean chez BYD, lors du salon automobile de Chengdu. Le modèle avait fait son apparition en juillet dans les dossiers d’homologation du ministère chinois de l’Industrie, sous un emblème Seagull qui laissait alors penser à un simple renouvellement de la citadine.
Il s’agit en réalité d’un modèle distinct. La Great Seagull mesure 4 205 mm de long, 1 810 mm de large et 1 570 mm de haut, pour un empattement de 2 650 mm. Elle dépasse la Seagull actuelle de 425 mm et ne cède que 65 mm à la Dolphin, ce qui la place dans un interstice inédit de la gamme. La petite Seagull avait été comparée à la Dacia Spring à son arrivée en Europe.
📖 Lire aussi :
BYD lance un break de chasse électrique de 5,09 m et lui promet jusqu’à 900 km d’autonomie
420 km en CLTC, environ 355 en WLTP
Deux batteries LFP de fabrication FinDreams sont annoncées, de 30 et 39,2 kWh. Elles donnent une autonomie comprise entre 320 et 420 km selon le cycle chinois CLTC. Ce protocole survalorise systématiquement les résultats par rapport au WLTP européen, dans une proportion qui tourne autour de 15 %. Le phénomène est connu depuis le million de Dolphin vendues, dont les 420 km chinois ne se retrouvaient pas en Europe.
Ramené à la norme européenne, l’écart de mesure ramène la fourchette à un ordre de grandeur de 270 à 355 km. Le chiffre reste correct pour le gabarit et pour la taille des batteries, mais il situe la voiture sur le terrain des citadines à grande autonomie plutôt que sur celui des compactes familiales.
La comparaison avec la Renault Mégane E-Tech mérite donc d’être maniée avec précaution. La française annonce 450 km en WLTP avec sa batterie de 60 kWh et 96 kW, et jusqu’à 470 km dans sa version de 160 kW. L’écart avec la chinoise dépasse la centaine de kilomètres homologués.
Un moteur de 127 ch et 150 km/h
La fiche technique confirme le positionnement. Le moteur unique développe 95 kW, soit 127 ch, pour une vitesse de pointe limitée à 150 km/h. La Mégane électrique culmine à 218 ch dans sa version la plus puissante, avec un châssis conçu dès l’origine pour la plateforme AmpR Medium.
Le poids à vide s’échelonne entre 1 180 et 1 255 kg selon la batterie retenue, une valeur remarquablement basse pour une électrique de ce gabarit. Les jantes de 16 pouces sont chaussées en 205/60, un montage orienté confort et rendement plutôt que dynamisme.
Le rapport prix-prestation reste l’inconnue centrale. BYD n’a communiqué aucun tarif, en Chine comme ailleurs, et le trophée argent de la Dolphin Surf rappelle ce que la marque sait faire quand elle combine prix serré et dotation complète. La Seagull avait de son côté décroché son titre de World Urban Car en 2025.
Rien ne dit qu’elle viendra en Europe
Le lancement confirmé concerne le marché chinois. Aucune annonce ne porte sur une commercialisation européenne, et le constructeur n’a pas indiqué si le modèle rejoindrait les lignes hongroises ou turques qui produisent déjà certaines BYD destinées au continent.
Ce point n’est pas secondaire. Les modèles assemblés hors d’Europe subissent les droits de douane et, depuis le 1er septembre, sont exclus du bonus écologique français recentré sur la production continentale. Une Great Seagull importée de Chine perdrait l’essentiel de son avantage tarifaire, à moins que la marque ne reproduise ses remises massives en Allemagne.
L’homologation WLTP officielle n’existe pas davantage, faute de procédure engagée en Europe. Les 355 km évoqués ici constituent une estimation issue de l’écart moyen entre les deux cycles, pas une valeur constructeur.
Reste donc à confirmer la venue du modèle sur le continent, son prix et son autonomie homologuée selon la norme européenne. Les trois manquent, et ce sont exactement les trois éléments qui décideraient si cette compacte inquiète réellement la Mégane ou si elle reste une concurrente des citadines à grande autonomie.

