La Geely E2 devient le premier modèle du constructeur chinois à décrocher cinq étoiles sous les nouveaux protocoles Euro NCAP et ANCAP 2026. La citadine électrique signe 79 % en conduite sûre, la meilleure note de cette série d’essais, quand la Cupra Raval s’arrête à quatre étoiles dans sa configuration de série. Elle est vendue en France à partir de 20 990 €.
La Geely E2 a obtenu la note maximale de cinq étoiles aux essais Euro NCAP et ANCAP menés selon les protocoles 2026. C’est le premier modèle de la marque chinoise à y parvenir, et l’une des premières voitures des segments A et B évaluées sous ce nouveau cadre. La citadine revendique plus de 800 000 exemplaires écoulés dans une trentaine de pays.
Les deux organismes ont revu leur méthode de fond en comble. L’évaluation se découpe désormais en quatre étapes qui couvrent la conduite sûre, la prévention des collisions, la protection en cas de choc et la sécurité après collision. Les scénarios de conduite réelle y pèsent davantage qu’auparavant, et les exigences ont été relevées sur chacun des quatre volets.
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La E2 a été testée en même temps que trois autres citadines électriques. L’Aion UT et la Leapmotor B05 décrochent également cinq étoiles, tandis que la Cupra Raval, cousine de la Volkswagen ID.Polo, s’arrête à quatre étoiles dans sa configuration de série et ne monte à cinq qu’avec un pack de sécurité facturé en option.
Sept airbags et une structure en cage
L’architecture de protection repose sur une structure en cage chargée de répartir les efforts d’impact dans la caisse et de limiter la déformation de l’habitacle. Sept airbags complètent le dispositif, dont un latéral à double chambre et un rideau intégré de 33,7 litres qui augmente de 30 % la surface de protection des passagers arrière.
Les ceintures adaptatives à limitation de charge ajustent leur retenue à la corpulence et à la position de l’occupant, en coordination avec le déclenchement des airbags. La batterie, refroidie par circuit liquide, s’isole électriquement après un choc pour écarter le risque lié à la haute tension, tandis qu’un système eCall déclenche seul l’appel d’urgence.
Côté détection, la citadine embarque cinq radars et cinq caméras. Cette architecture 5R5V est créditée de 36 fonctions d’aide à la sécurité active, un chiffre revendiqué comme un record dans la catégorie. Elle couvre notamment le cas d’un piéton enfant masqué du côté passager, scénario que le protocole 2026 traite de jour comme de nuit.

79 % en conduite sûre, le meilleur du lot
Sur le volet conduite sûre, qui mesure la surveillance du conducteur et des occupants ainsi que la facilité d’usage des commandes en roulant, la E2 obtient 79 %. L’Aion UT et la Leapmotor B05 plafonnent toutes deux à 66 %, pénalisées par des interfaces qui concentrent trop de fonctions sur l’écran tactile.
L’écart tient à l’ensemble embarqué de série. Un système de surveillance du conducteur identifie la distraction, la fatigue, la somnolence et l’altération des capacités, pendant qu’un second dispositif surveille les occupants. Une alerte signale une ceinture mal bouclée, et la détection de présence d’enfant prévient le conducteur à bord puis sur son smartphone.
En prévention des collisions, la E2 ferme en revanche la marche du groupe avec 72 %. La Leapmotor B05 et la Cupra Raval équipée de son pack optionnel atteignent toutes deux 77 %, l’Aion UT 74 %. Seule la Raval en équipement de série fait moins bien, à 66 %, et c’est ce volet qui lui coûte sa cinquième étoile.
Le régulateur adaptatif a tenu dans les scénarios d’insertion et de sortie de file, qui exigent une réaction rapide au changement de trafic. Le maintien de voie a pour sa part décroché la note maximale de son évaluation, y compris à vitesse élevée et dans les virages serrés.

20 990 € en France, sans bonus écologique
Les commandes françaises sont ouvertes depuis le 1er septembre, à partir de 20 990 € en finition Pro. Cette version associe une batterie LFP de 35,35 kWh à un moteur arrière de 60 kW, pour 252 km d’autonomie WLTP. Les finitions Max et Max+ passent à 47,14 kWh, 116 ch et 345 km, avec un 0 à 100 km/h en 11,2 secondes.
La citadine mesure 4,13 m, adopte une propulsion arrière rare à ce niveau de prix et annonce 375 litres de coffre, complétés par 70 litres sous le capot avant. La dotation de série comprend un écran de 14,6 pouces, une suspension arrière multibras et une conduite assistée de niveau 2, le tout sous garantie de huit ans ou 200 000 km.
Un obstacle demeure. La E2 est assemblée en Chine, et le bonus écologique français s’est recentré au 1er septembre 2026 sur les modèles produits en Europe. Le tarif affiché reste donc le tarif payé, quand plusieurs rivales sorties d’usines européennes conservent l’accès à l’aide publique, ce que son lancement français sous 21 000 € laissait déjà entrevoir.
Ce que la note change face à la Renault 5
Le segment est le plus disputé du marché électrique français. La Renault 5 E-Tech, la Citroën ë-C3, la Dacia Spring et la BYD Dolphin Surf y défendent chacune une combinaison de prix et d’autonomie, tandis que la Volkswagen ID.Polo et sa cousine catalane arrivent en renfort du groupe allemand, portées par les 24 000 commandes de la Raval.
Sur l’autonomie, la Geely reste en retrait, avec 252 km en entrée de gamme contre 312 à 410 km pour la Renault 5 selon la batterie retenue. L’argument sécurité vient donc compenser un déficit technique réel, sur un segment où le rapport entre équipement et prix décide souvent de la vente au moment de la signature.
Le résultat pèse aussi sur la perception des marques chinoises en Europe. La E2 s’inscrit dans une offensive plus large, entre le trimestre record de Geely et les usines européennes convoitées par Geely pour contourner les droits de douane, sans oublier le réseau européen de Geely encore en construction.
72 % en prévention des collisions, le point faible
Le tableau complet nuance la performance. La E2 obtient 79 % en conduite sûre, 72 % en prévention des collisions, 86 % en protection lors du choc et 95 % en sécurité après collision. Ce dernier chiffre est le meilleur de la session, mais les 86 % en protection la placent derrière les trois autres voitures testées, toutes au-dessus de 90 %.
Le volet prévention des collisions est celui qui l’expose le plus. À 72 %, elle se situe cinq points sous la Leapmotor B05 et sous la Cupra Raval équipée de son pack. Sur un protocole 2026 qui durcit précisément les scénarios de freinage d’urgence à basse vitesse et aux intersections, c’est là que le prochain millésime la jugera.
Le détail des notes obtenues catégorie par catégorie, notamment en protection des adultes et des enfants, n’est pas connu à ce stade. La correspondance entre la version soumise aux essais et les trois finitions vendues en France reste également à établir, alors que les dotations de sécurité varient d’un marché à l’autre chez le constructeur.
Les tarifs des finitions Max et Max+ ne sont toujours pas publiés, alors qu’elles portent l’essentiel de l’autonomie utile de la gamme. Les délais de livraison et le maillage du réseau français demeurent eux aussi indéterminés à l’ouverture des commandes, un flou déjà relevé au moment où les liens entre Renault et Geely se resserraient.
Restent donc à confirmer la grille tarifaire complète, le calendrier de livraison et le détail des notes par catégorie. Ces trois éléments décideront de la portée commerciale d’un résultat obtenu sous un protocole que très peu de modèles ont encore affronté, à l’heure où le grand SUV Geely Monjaro prépare à son tour son arrivée européenne.
La question posée aux constructeurs européens porte sur l’équipement de série. Quand une citadine chinoise à 20 990 € embarque en standard ce qu’une rivale du groupe Volkswagen facture dans un pack optionnel, la sécurité cesse d’être un terrain acquis aux marques historiques et redevient une ligne de facture comme une autre.

