Ferrari a fixé un prix préliminaire pour la Luce, son premier véhicule 100 % électrique. Une information rapportée par Bloomberg, citant des sources proches du dossier, qui place d’emblée cette première Ferrari électrique au-dessus du Purosangue — le SUV de la marque affiché à partir de 450 000 € — et parmi les voitures électriques les plus chères jamais commercialisées. La révélation officielle est prévue en mai 2026 à Rome.
Un positionnement qui assume l’exclusivité
Le tarif de 550 000 € n’est qu’un point de départ. Avec les options et personnalisations qui constituent l’essentiel de l’expérience d’achat chez Ferrari, le prix final devrait dépasser les 600 000 € pour la grande majorité des clients — un niveau cohérent avec la stratégie de la marque, qui n’entend pas brader son entrée dans l’électrification.
C’est précisément le message envoyé par ce positionnement : la Luce ne sera pas une Ferrari accessible, mais un supercar électrique de plein droit. Selon les premières informations disponibles, le modèle embarquerait quatre moteurs électriques pour une puissance dépassant les 1 000 ch. Un niveau de performance en phase avec l’image de Maranello, qui avait conditionné dès le départ son entrée dans l’électrique à la capacité de proposer des sensations de conduite à la hauteur de ses modèles thermiques.
La Luce, co-imaginée avec Jony Ive
Le nom Luce — lumière en italien — avait déjà été confirmé par la marque. L’intérieur a été développé en collaboration avec des talents issus de l’univers Apple, notamment via le studio LoveFrom de Jony Ive pour certains aspects de la conception. L’habitacle mise sur des commandes physiques et tactiles plutôt que sur des écrans envahissants — un choix qui tranche avec les tendances actuelles et qui s’inscrit dans l’ADN Ferrari, où la connexion entre le pilote et la voiture passe par des interfaces directes et sans intermédiaire numérique superflu.
La production sera assurée dans une nouvelle usine dédiée à Maranello. La commercialisation est attendue fin 2026 ou début 2027.
Ferrari électrique sans renier son héritage
Ferrari avait annoncé depuis plusieurs années son arrivée sur le segment du tout électrique, tout en maintenant en parallèle une gamme hybride rechargeable déjà bien établie — 296 GTB, SF90 Stradale. Le plan stratégique de la marque vise 40 % des ventes en électrique ou hybride d’ici la fin de la décennie, sans pour autant renoncer aux moteurs thermiques qui constituent l’identité sonore et sensorielle de la marque.
La Luce est donc le premier chapitre d’une nouvelle ère, pas la conclusion de l’ancienne. Un deuxième modèle électrique serait déjà en développement.
Les vraies questions que pose ce lancement
Le prix n’est pas le seul enjeu. La clientèle historique de Ferrari, attachée au son du V12 ou du V8 atmosphérique, acceptera-t-elle de payer 550 000 € minimum pour un modèle sans ce marqueur identitaire fondamental ? La valeur résiduelle des Ferrari électriques sur le long terme — un paramètre crucial pour des acheteurs qui traitent souvent ces voitures comme des investissements autant que des objets de passion — est une question ouverte.
La présentation romaine de mai sera donc scrutée de près, par les passionnés comme par les investisseurs. Ferrari est cotée en Bourse sous le symbole RACE à New York et Milan — et chaque annonce sur son positionnement électrique pèse sur les attentes du marché financier autant que sur celles des clients.

