Bonne nouvelle pour l’industrie automobile française. Stellantis a annoncé ce mardi 2 juin un investissement de plus d’un milliard d’euros en France pour produire à Mulhouse, à partir de 2029, trois nouveaux modèles Peugeot électriques et hybrides du segment C.
Ces véhicules reposeront sur la nouvelle plateforme STLA One dévoilée lors du plan stratégique FaSTLAne 2030. Antonio Filosa, PDG du groupe, a présenté ces projets directement depuis le site alsacien, en présence de Roland Lescure, ministre de l’Économie et de la Souveraineté industrielle, et de Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie — preuve de l’importance politique de cette annonce dans un contexte de transformation profonde du secteur.
Trois Peugeot du segment C, cœur du marché européen
Le choix du segment C n’a rien d’anodin. Ce segment — celui des compactes familiales type Peugeot 308 — représente à lui seul environ 30 % des ventes automobiles en Europe. C’est le cœur du marché, le terrain où se jouent les plus gros volumes et où la concurrence est la plus féroce, notamment face aux constructeurs allemands et à l’offensive chinoise.
Les trois futurs modèles seront déclinés en versions 100 % électriques et hybrides, conformément à la stratégie multi-énergie défendue par Filosa. Peugeot, qui fait partie des quatre « marques mondiales » prioritaires du groupe au même titre que Jeep, Ram et Fiat, devient la première marque de Stellantis à lancer la nouvelle plateforme STLA One. Cette architecture modulaire évolutive, capable d’accueillir plusieurs motorisations et différents gabarits, vise une réduction des coûts de production de 20 % grâce à sa conception simplifiée et à l’accélération des cycles de développement.
Mulhouse, un pilier industriel pérennisé
Pour le site alsacien, cette annonce constitue une garantie d’avenir. L’usine de Mulhouse, qui emploie 4 500 personnes, est l’un des piliers historiques de l’empreinte industrielle de Stellantis en France. L’arrivée de ces trois nouveaux modèles à partir de 2029 renforcera son taux d’utilisation des capacités — un indicateur clé de la rentabilité d’un site automobile — et offrira une visibilité à long terme à ses salariés.
L’enjeu est de taille dans une période où plusieurs constructeurs européens réduisent leur voilure industrielle. Le plan FaSTLAne 2030 prévoyait justement une optimisation des capacités de production en Europe, avec la réduction de 800 000 unités de capacité et le passage du taux d’utilisation de 60 % à 80 % d’ici 2030. L’investissement de Mulhouse s’inscrit dans cette logique : plutôt que de fermer des sites, Stellantis concentre ses volumes sur ses usines stratégiques pour en améliorer l’efficience.
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Un signal « Made in Europe » assumé
Au-delà de l’aspect industriel, l’annonce revêt une forte dimension politique. Stellantis a explicitement salué l’engagement de l’État français en faveur de la décarbonation du transport automobile — soutien à l’achat de véhicules propres, leasing social — ainsi que sa politique industrielle « Made in Europe ». Ces orientations ont, selon le groupe, été déterminantes pour créer les conditions favorables à l’investissement.
Le message est clair : à l’heure où la tentation de délocaliser la production vers des zones à bas coûts reste forte, Stellantis fait le choix de produire en France des véhicules destinés au marché européen. Une décision cohérente avec l’ancrage revendiqué de la marque Peugeot et qui rejoint la logique des autres annonces récentes du groupe — l’E-Car produite à Pomigliano en Italie, la nouvelle 2 CV Citroën, ou encore les partenariats noués à Rennes avec Dongfeng et en Espagne avec Leapmotor.
Pour Filosa, qui multiplie les annonces concrètes depuis la présentation de FaSTLAne 2030 le 21 mai, l’investissement de Mulhouse illustre sa philosophie : conjuguer la taille mondiale du groupe, sa connaissance fine des marchés locaux et la force de ses marques. La France, qui demeure l’un des marchés et des bassins industriels les plus importants de Stellantis, en sort confortée dans son rôle stratégique. Reste désormais à découvrir l’identité précise de ces trois futures Peugeot — dont une possible nouvelle génération de 308, ou un SUV inédit du segment C — que le groupe dévoilera vraisemblablement à l’approche de 2029.

