À peine la nouvelle E-208 GTi entrée en commercialisation que la marque au lion réfléchit déjà à étendre son badge sportif retrouvé. Dans une déclaration récente accordée à nos confrères britanniques d’Auto Express, Alain Favey, directeur général de Peugeot, a ouvert publiquement la porte à une éventuelle déclinaison GTi de la 308 électrique.
Une perspective qui, sur le papier, fait saliver les amateurs de compactes sportives tout en posant une question légitime : Peugeot peut-il réussir le pari économique d’une 308 GTi à l’ère de l’électrification ?
Favey confirme la réflexion, mais reste prudent sur le passage à l’acte
Le patron de la marque sochalienne a choisi ses mots avec soin. Selon Auto Express, Favey aurait expliqué que Peugeot étudiait actuellement la manière d’appliquer le badge GTi là où celui-ci aurait toute sa légitimité historique, citant explicitement la 308 comme exemple. Pas question pour autant d’annoncer un quelconque feu vert industriel. La marque doit d’abord s’assurer que le projet est viable, à la fois sur le plan technique et sur le plan commercial.
Favey a insisté sur un point central : une vraie GTi ne se résume pas à un sticker sur un hayon. Il faut un châssis travaillé, une vraie capacité dynamique et surtout un tarif qui reste accessible — sous peine de tuer le mythe en transformant la sportive accessible en jouet de niche réservé à une élite financière. Or, c’est précisément là que Peugeot avoue ne pas avoir encore trouvé la bonne équation pour la 308. Trouver le bon compromis entre puissance, ajustement châssis et positionnement prix s’avère plus complexe que pour la petite citadine.
Le moteur 280 chevaux de la E-208 GTi en candidat naturel
Sur le plan technique, le constructeur dispose toutefois d’une base parfaitement crédible. La E-208 GTi récemment commercialisée embarque un moteur électrique de 280 chevaux (207 kW) développant 345 Nm de couple, alimenté par une batterie CATL de 54 kWh. Ce groupe motopropulseur, déjà partagé avec la Lancia Ypsilon HF et l’Abarth 600e dans la galaxie Stellantis, abat le 0 à 100 km/h en 5,7 secondes sur la citadine.
Transposé à une 308, le bloc nécessiterait probablement quelques ajustements pour compenser le poids et le gabarit supérieurs de la compacte, mais le ticket d’entrée existe. La question principale ne serait donc pas la disponibilité du moteur, mais la capacité de Peugeot à proposer un châssis suffisamment travaillé — voies élargies, suspension affûtée, différentiel à glissement limité, comme sur la E-208 GTi — sans faire exploser le prix de revient.
Précisément, c’est là que le bât blesse. La E-208 GTi est commercialisée entre 42 000 et 45 000 euros, un tarif déjà tendu pour une citadine. Une E-308 GTi, basée sur un modèle plus grand et plus lourd, devrait logiquement dépasser les 50 000 euros — un seuil psychologique difficile à franchir pour une compacte sportive électrique.
Une stratégie sportive électrique en construction face à la concurrence
L’arrière-plan stratégique mérite d’être souligné. Peugeot avait officiellement annoncé en mars 2025 le retour du badge GTi, abandonné depuis plusieurs années suite à la disparition des versions sportives thermiques rendues invendables par les barèmes de malus écologique français. Le constructeur entend désormais réinjecter du caractère sportif dans sa gamme par le biais de l’électrique, comme le fait par exemple Alpine avec sa A290.
Cibler la 308 répondrait à une logique de cohérence stylistique : la compacte sochalienne arbore depuis son restylage des codes esthétiques affirmés qui se prêtent naturellement à une déclinaison sportive. La 308 GTi historique, lancée en 2015, avait d’ailleurs marqué les esprits avec ses 270 chevaux thermiques. Renouer avec cette filiation en version électrique enverrait un signal fort.
Pour l’instant, aucun calendrier n’a été évoqué. Mais la déclaration de Favey en dit long sur les ambitions à moyen terme de la marque, qui semble bien décidée à transformer le retour de la E-208 GTi en mouvement durable plutôt qu’en coup unique.

