Les comptes consolidés de Renault Group et les comptes sociaux de Renault SA au 31 décembre 2022 ont été arrêtés par le Conseil d’administration du 15 février 2023 réuni sous la présidence de Jean-Dominique Senard.

« L’année 2022 a plus que tenu ses promesses : avec des résultats au-dessus des objectifs initiaux et des attentes du marché, nous achevons la phase « Résurrection » avec trois ans d’avance. Cette performance reflète l’énergie et l’engagement des équipes de Renault Group alors même que nous avons fait face à de forts vents contraires liés à la cession de l’activité en Russie, à la crise des semi-conducteurs et à l’inflation des coûts. Les fondamentaux du Groupe ont été assainis en profondeur et nous ne reviendrons pas en arrière. Les perspectives financières 2023 et le retour d’un dividende en sont la démonstration. De plus, nous atteignons notre objectif de réduction de 25 % de l’empreinte carbone dans le monde depuis 2010.Je tiens à remercier les équipes pour ces bons résultats. Nous avons confiance en l’avenir du Groupe. La participation exceptionnelle des salariés au plan d’actionnariat en est une illustration qui me rend particulièrement fier.La deuxième phase du plan, « Rénovation », centrée sur les produits, déjà largement engagée, permettra au Groupe de disposer de sa meilleure gamme de véhicules depuis 30 ans. Les succès de Renault Megane E-TECH Electric, Renault Austral et Dacia Jogger sont les premiers de cette vague.Notre avance dans l’exécution des premiers jalons stratégiques et financiers de Renaulution nous permet dès à présent d’ouvrir le chapitre le plus excitant de notre plan : « Révolution ».Enfin, comme annoncé le 6 février dernier avec nos partenaires Nissan et Mitsubishi, les nouveaux fondements de notre Alliance vont pouvoir se déployer dès cette année avec des projets opérationnels créateur de valeur pour l’ensemble des parties prenantes.Go 2023 ! »  a déclaré Luca de Meo, CEO de Renault Group

Rappel relatif aux impacts de la cession des activités automobiles russes sur les états financiers :

En mai 2022, le Conseil d’administration de Renault Group a approuvé à l’unanimité la signature des accords pour céder 100 % des parts de Renault Group dans Renault Russia à la ville de Moscou et sa participation de 67,69 % dans AVTOVAZ à NAMI (l’Institut central de recherche et de développement des automobiles et des moteurs). Par ailleurs, l’accord prévoit une option de rachat par Renault Group de sa participation dans AVTOVAZ, exerçable à certaines périodes au cours des 6 prochaines années.

En conséquence de ces accords :

  • Les activités russes ont été déconsolidées dans les comptes annuels 2022 de Renault Group et traitées comme activités abandonnées en application d’IFRS 5 avec effet rétroactif au 1er janvier 2022.
  • Les agrégats financiers des activités poursuivies en 2022 n’incluent donc plus les activités industrielles russes et l’année 2021 a été retraitée en cohérence avec ce nouveau périmètre d’activité.
  • Le résultat des activités abandonnées représente une perte de 2,3 milliards d’euros en 2022 correspondant principalement à la dépréciation des immobilisations corporelles, incorporelles et goodwill d’AVTOVAZ et Renault Russia ainsi que d’actifs spécifiques détenus par les autres entités du Groupe et au résultat de cession sur les entités russes cédées.
  • La dette nette de l’Automobile a été retraitée de 0,5 milliard d’euros passant ainsi de -1,6 milliard d’euros à -1,1 milliard d’euros au 31 décembre 2021.

Le chiffre d’affaires du Groupe atteint 46 391 millions d’euros en progression de 11,4 % par rapport à 2021. À taux de change constants, il augmente de 12,4 % (effet de change négatif à -1 point).

Le chiffre d’affaires de l’Automobile s’établit à 43 121 millions d’euros, en hausse de 11,4 % par rapport à 2021. À taux de change constants, il progresse de 12,6 % (-1,2 point d’effet de change négatif principalement lié à la dévaluation de la Livre turque et du Peso argentin).

L’effet volume s’élève à +3,4 points bénéficiant du succès commercial des véhicules combiné à l’amélioration de la disponibilité des composants électroniques. Les facturations ont été plus élevées que les immatriculations en raison de retards de livraison des véhicules commandés et facturés aux concessionnaires indépendants pour répondre à la demande de leurs clients. Ces retards étaient liés aux tensions dans la chaîne logistique avale en fin d’année. 

L’effet prix, positif de 9,7 points, reflète la poursuite de la politique commerciale du Groupe, lancée au 3ème trimestre 2020, privilégiant la valeur sur le volume des ventes, ainsi que des hausses de prix pour compenser l’inflation des coûts et une optimisation des remises commerciales. Il s’élève à 12,1 points au 2nd semestre de l’année après un 1er semestre à 7,4 points.

Les succès de Renault Megane E-TECH Electric, lancé à la fin du 2ème trimestre 2022, Renault Arkana, lancé au 2ème trimestre 2021, et Dacia Jogger, lancé au 1er trimestre 2022, illustrent le renouveau et l’offensive des marques Renault et Dacia sur le segment C et ont permis de générer un effet produit positif de +2,8 points. 

L’impact des ventes aux partenaires, négatif de -1,4 point, résulte principalement de la baisse de production de moteurs diesel et de véhicules pour les partenaires de Renault Group (fin des contrats de Master pour Opel et de Trafic pour Fiat à la fin de l’année 2021).

L’effet « Autres », de -1,8 point, provient d’une baisse de la contribution des ventes du réseau Renault Retail Group (RRG) suite aux cessions de succursales et d’une baisse des ventes de véhicules d’occasion, en partie compensées par la performance solide des ventes de pièces et accessoires.

Le Groupe enregistre une marge opérationnelle positive de 2 595 millions d’euros (5,6 % du chiffre d’affaires) contre 1 153 millions d’euros (2,8 % du chiffre d’affaires) en 2021 (+1 442 millions d’euros et +2,8 points). Elle s’est améliorée en séquentiel à 6,4 % au 2nd semestre 2022 contre 4,7 % au
1er semestre 2022.

La marge opérationnelle de l’Automobile s’établit à 1 402 millions d’euros (3,3 % du chiffre d’affaires de l’Automobile) contre -3 millions d’euros en 2021, soit +3,3 points.

L’effet mix/prix/enrichissement positif de 3 539 millions d’euros illustre le succès de la politique commerciale privilégiant la valeur au volume. Cette politique a plus que compensé l’augmentation des coûts qui s’élève à 2 288 millions d’euros. Cette dernière s’explique principalement par l’impact de l’inflation sur les matières premières (-1 916 millions d’euros), sur les coûts d’achats et sur les coûts de fabrication et de logistique et ce, malgré des gains de productivité soutenus. L’effet volume s’élève à +199 millions d’euros.

La contribution de Mobilize Financial Services (Financement des Ventes) à la marge opérationnelle du Groupe atteint 1 223 millions d’euros, en hausse de 38 millions d’euros par rapport à 2021. L’impact positif d’éléments non-récurrents sur la valorisation des swaps principalement dus à l’augmentation des taux d’intérêts en Europe, et l’accent mis sur les segments de ventes les plus profitables générant des marges plus importantes expliquent cette amélioration.

La baisse de 6,4 % du nombre de nouveaux contrats de financement de l’activité clientèle, liée principalement à l’évolution des immatriculations du Groupe, est plus que compensée par la hausse de 10,4 % du montant moyen financé. Le montant des nouveaux financements progresse ainsi de 3,3 % par rapport à 2021.

Les autres produits et charges d’exploitation sont négatifs à hauteur de -379 millions d’euros (contre -253 millions d’euros en 2021) et s’expliquent notamment par des provisions pour restructuration de -354 millions d’euros et des dépréciations de -257 millions d’euros principalement sur un site de production en Chine. Cela est en partie compensé par des cessions d’actifs (+202 millions d’euros) principalement liées à la vente de plusieurs filiales commerciales du Groupe et de succursales de RRG, en lien avec la stratégie annoncée.

Après prise en compte des autres produits et charges d’exploitation, le résultat d’exploitation du Groupe s’établit à 2 216 millions d’euros contre 900 millions d’euros en 2021 (+1 316 millions d’euros versus 2021).

Le résultat financier ressort à -486 millions d’euros contre -295 millions d’euros en 2021. Cette dégradation s’explique principalement par l’impact comptable de l’hyperinflation en Argentine malgré la baisse des intérêts financiers sur la dette nette.

La contribution des entreprises associées s’élève à 423 millions d’euros, contre 515 millions d’euros en 2021.  Elle inclut 526 millions d’euros liés à la contribution de Nissan qui compensent largement la contribution négative des autres entreprises associées (-103 millions d’euros) notamment liée à la dépréciation des titres de Renault Nissan Bank en Russie.

Les impôts courants et différés représentent une charge de 533 millions d’euros contre une charge de 571 millions d’euros en 2021. L’augmentation liée à l’amélioration du résultat avant impôt a été plus que compensée par la variation nette d’éléments non récurrents d’une année sur l’autre.

Le résultat net des activités poursuivies s’établit à 1 620 millions d’euros en hausse de 1 071 millions d’euros par rapport à 2021. Le résultat net des activités poursuivies, part du Groupe, est de 1 650 millions d’euros (soit 6,07 euros par action).

Le résultat net des activités abandonnées s’élève à -2 320 millions d’euros du fait de la charge d’ajustements non-cash liée aux cessions des activités industrielles russes.

Ainsi, le résultat net s’établit à -700 millions d’euros et le résultat net, part du Groupe, à -338 millions d’euros (soit -1,24 euro par action).

La capacité d’autofinancement de l’activité Automobile atteint 4 818 millions d’euros en progression de 519 millions d’euros par rapport à 2021 (incluant 800 millions d’euros de dividende de Mobilize Financial Services versus 1 000 millions d’euros en 2021). Cette capacité d’autofinancement couvre largement les investissements corporels et incorporels avant cessions d’actifs qui s’élèvent à 2,5 milliards d’euros (2,1 milliards d’euros nets des cessions) et les dépenses de restructuration
(590 millions d’euros).

Hors impact des cessions, le montant des CAPEX et R&D nets du Groupe s’élève à 3 451 millions d’euros en 2022 (7,4 % du chiffre d’affaires) et reste stable par rapport à l’année précédente (3 579 millions d’euros et 8,6 % du chiffre d’affaires).

Le free cash-flow opérationnel de l’Automobile est positif à hauteur de 2 119 millions d’euros après prise en compte d‘un impact positif de la variation du besoin en fonds de roulement de +7 millions d’euros.

Au 31 décembre 2022, les stocks totaux de véhicules neufs, y compris le réseau de concessionnaires indépendants représentent 480 000 véhicules contre 336 000 véhicules à fin 2021. Cette augmentation est expliquée par un niveau de stock élevé chez les concessionnaires indépendants principalement dû à des tensions dans la chaîne logistique avale en fin d’année. Ce niveau de stock est à mettre en perspective avec le niveau record du portefeuille de commandes.

Au 31 décembre 2022, la position financière nette de l’Automobile redevient positive et s’élève à +549 millions d’euros contre -1 100 millions d’euros ajustés des opérations d’AVTOVAZ et Renault Russia au 31 décembre 2021, soit une amélioration de 1,6 milliard d’euros.

En 2022, Renault Group a remboursé 1 milliard d’euros au titre de l’échéance contractuelle et 1 milliard d’euros par anticipation du prêt d’un pool bancaire bénéficiant de la garantie de l’État français (PGE). Comme annoncé, la totalité du prêt sera remboursée au plus tard fin 2023.  

En 2022, Renault SA a émis 2 émissions obligataires Samouraï :

  • Émission obligatoire Samouraï d’environ 560 millions d’euros (80,7 milliards de Yen) le 24 juin 2022, à maturité 3 ans, assortie d’un coupon de 3,50 %,
  • Émission obligatoire Samouraï à destination des particuliers d’environ 1,4 milliard d’euros (soit 210 milliards de Yen) le 22 décembre 2022, à échéance décembre 2026, assortie d’un coupon de 2,80 %. Cette transaction représente la 1ère émission de Renault Group sur le marché obligataire des investisseurs individuels et constitue la 2ème plus grande offre publique en matière d’obligations Samouraï à destination des particuliers.

La réserve de liquidité à fin 2022 est à un niveau élevé de 17,7 milliards d’euros, en hausse de 1 milliard d’euros par rapport au 31 décembre 2021.

Comme annoncé lors du Capital Market Day, le 8 novembre 2022, Renault Group souhaite partager la création de valeur avec ses parties prenantes à travers un plan d’actionnariat salarié et en réinstaurant un dividende.

Plan d’actionnariat salarié Renaulution Shareplan

Renault Group a engagé la 1ère étape de son plan pour augmenter la part des employés dans son capital afin d’atteindre 10 % d’ici 2030.

Plus de 95 000 salariés ont bénéficié de 6 actions gratuites. Parmi eux, plus de 40 000 ont également souscrit des actions à un prix préférentiel de 22,02 euros par action.

Au total, avec presque 2,7 millions d’actions additionnelles détenues par les salariés, le plan d’actionnariat salarié Renaulution Shareplan représente 0,9 % du capital de Renault Group. Les salariés détiennent environ 4,7 % du capital à l’issue de l’opération.

Dividende

Le dividende proposé au titre de l’exercice 2022 s’élève à 0,25 euro par action. Il serait intégralement versé en numéraire et sera soumis à l’approbation de l’Assemblée générale des actionnaires le 11 mai 2023. La date de détachement du dividende est prévue le 17 mai 2023 et sa mise en paiement le 19 mai 2023.

Comme annoncé lors du Capital Market Day, la politique de dividende prévoit une augmentation progressive et disciplinée du taux de distribution jusqu’à 35 % du résultat net – part du Groupe, à moyen terme. Pour ce faire, le Groupe devra atteindre sa 1ère priorité : le retour à une notation financière « investment grade ».

Perspectives financières 2023

Dans un environnement toujours difficile, le Groupe vise l’amélioration de sa performance en 2023 avec :

  • une marge opérationnelle Groupe supérieure ou égale à 6 %
  • un free cash-flow opérationnel de l’Automobile supérieur ou égal à 2 milliards d’euros