Volkswagen Group a livré 6 011 000 véhicules entre janvier et septembre 2026, en recul de 9 % sur un an. La chute vient de Chine, où le groupe perd 30,2 %, quand l’Europe progresse de 1,7 %. Les modèles 100 % électriques représentent désormais près de 40 % du carnet de commandes européen.
Moins neuf pour cent au global, plus un virgule sept en Europe, moins trente virgule deux en Chine. Les livraisons de Volkswagen Group sur neuf mois tiennent dans cet écart, et c’est le carnet de commandes européen qui donne la mesure du basculement en cours.
Le groupe a publié ces chiffres le 13 octobre. Ils couvrent les neuf premiers mois de l’exercice 2026.
La Chine efface la croissance européenne
Le détail régional est sans ambiguïté. L’Europe de l’Ouest progresse de 1,1 % à 2 528 400 unités et l’Europe centrale et orientale de 5,3 % à 427 600, pour un total européen de 2 956 000 véhicules en hausse de 1,7 %.
La Chine fait basculer l’ensemble. Le groupe y livre 1 378 800 véhicules, en baisse de 30,2 %, soit une perte supérieure à l’intégralité de ses volumes sud-américains.
Les autres régions bougent peu. L’Amérique du Nord recule de 4 % à 680 200 unités, l’Amérique du Sud progresse de 4,3 % à 502 500, et le Moyen-Orient avec l’Afrique perd 5,7 % à 281 000.
Trois pays sont cités séparément. L’Allemagne gagne 0,9 %, les États-Unis perdent 7,8 % et le Brésil bondit de 12,3 %.
Le troisième trimestre est plus dur que la moyenne. Les livraisons y reculent de 14,3 % à 1 885 300 unités, contre 2 198 900 un an plus tôt.
Un groupe à deux vitesses selon les marques
Škoda est la bonne surprise du tableau. La marque tchèque progresse de 6,1 % à 812 400 véhicules, quand Volkswagen voitures particulières perd 13,7 % à 3 014 000 unités.
Les utilitaires résistent. Volkswagen Véhicules Utilitaires gagne 2,8 % à 286 100 unités, et SEAT avec CUPRA limite le recul à 1,4 % pour 433 400 véhicules.
Le premium souffre davantage. Audi recule de 11,4 % et Porsche de 16 % à 178 500 unités, Bentley abandonnant 17,5 % à 6 000 véhicules et Lamborghini 1,9 % à 8 000.
Les poids lourds tirent dans le bon sens. Scania progresse de 1,4 %, MAN de 5,2 % et International de 3,1 %, pour un ensemble Volkswagen Truck & Bus quasi stable à moins 0,9 %.
Le cas de Porsche s’inscrit dans une série difficile, le bénéfice de la marque s’étant effondré de 91 % au deuxième trimestre, après un recul de 16 % au premier semestre. Les 178 500 livraisons de neuf mois prolongent cette séquence.
La dynamique de CUPRA s’explique en partie par un modèle, la Raval affichant jusqu’à 450 kilomètres d’autonomie pour un tarif présenté comme inattendu. La marque espagnole revendique de son côté plus de 250 000 livraisons sur la période.
Les deux citadines électriques du groupe avancent sur le prix, la Volkswagen ID. Polo ayant annoncé 24 990 euros avant de tomber à 17 850 euros sur une offre.
L’électrique recule dans le monde, progresse en Europe
Le chiffre global des véhicules à batterie est en baisse. Le groupe en livre 678 700 sur neuf mois, soit un recul de 5,4 %, et 240 200 au troisième trimestre, en baisse de 4,7 %.
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Le détail géographique raconte autre chose. L’Europe absorbe 586 100 de ces véhicules, en hausse de 12,1 % sur neuf mois et de 19,6 % au troisième trimestre avec 209 100 unités.
Les deux autres marchés s’effondrent. Les États-Unis tombent à 14 900 unités, en recul de 78,4 %, et la Chine à 48 900, en baisse de 42,5 %.
La réponse chinoise du groupe passe par le prix et l’hybride, une berline hybride de 4,84 mètres y étant vendue au tarif d’une Polo thermique française. Le marché local s’est déplacé plus vite que l’offre du groupe.
L’hybride rechargeable prend le relais ailleurs. Cette catégorie, avec les véhicules à prolongateur d’autonomie, progresse de 23 % à 368 000 unités.
Le classement des modèles électriques place deux Škoda en tête. L’Elroq mène avec 92 200 unités devant les ID.4 et ID.5 à 81 900 et l’Enyaq à 72 700, suivis de l’ID.3 à 61 100 et de l’Audi Q6 e-tron à 50 400.
La suite du classement reste homogène. L’ID.7 compte 47 500 unités, l’Audi Q4 e-tron 47 000, l’ID. Buzz 42 000, la CUPRA Born 29 000 et l’Audi A6 e-tron 27 600.
Le carnet de commandes européen a doublé
C’est l’indicateur le plus parlant du communiqué. La part des véhicules 100 % électriques atteint près de 40 % du carnet de commandes européen, et ce carnet électrique a doublé par rapport à la fin 2025.
Les entrées de commandes suivent le même mouvement. Elles progressent de plus de 60 % sur le troisième trimestre pour l’électrique, quand le carnet toutes motorisations gagne 11 % par rapport à fin 2025.
L’écart avec les livraisons mesure le décalage. Les véhicules électriques représentent de 18 à 20 % des livraisons européennes, contre près de 40 % du carnet. La part de l’électrique est donc nettement plus élevée dans les commandes à venir que dans les livraisons déjà réalisées.
Martin Sander, membre du comité exécutif élargi du groupe en charge des ventes, retient deux chiffres. Il souligne la stabilité des livraisons hors Chine sur les neuf premiers mois, et rappelle qu’un véhicule sur cinq livré en Europe est désormais tout électrique.
La gamme électrique doit encore s’élargir, la Golf devant passer à l’électrique sous le nom d’ID. Golf. La trajectoire du carnet européen sera le premier test de cette offre.
Le thermique continue en parallèle de valider ses copies, le T-Roc 2026 ayant décroché cinq étoiles à l’Euro NCAP. Les motorisations non exclusivement électriques continuent néanmoins de représenter la majorité des livraisons européennes du groupe.
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