La nouvelle Dacia Spring démarre à 17 900 euros et la Citroën ë-C3 se présente comme l’électrique la moins chère de France. L’une mesure 3,85 mètres pour 80 ch et 250 km d’autonomie, l’autre 4,01 mètres pour 113 ch et jusqu’à 324 km. Les deux tarifs annoncés ne reposent pas sur la même base de calcul.
Deux voitures électriques sous 20 000 euros, deux philosophies opposées. La nouvelle Dacia Spring joue la citadine minimale et assumée, la Citroën ë-C3 celle de la petite polyvalente avec un vrai niveau de confort.
Le choix entre les deux ne se résume pas à l’écart de prix, parce que cet écart n’est pas celui que les communications laissent croire. Commençons par les chiffres qui ne prêtent pas à discussion.
La Spring mise sur le poids et la compacité
La nouvelle génération grandit sans changer de registre. Elle mesure 3,85 mètres de long, soit 15 centimètres de plus que la précédente, et 1,74 mètre de large, avec un rayon de braquage de 4,95 mètres qui la destine clairement à la ville.
Son moteur développe 60 kW, soit 80 ch, pour 175 Nm, avec une batterie LFP de 27,5 kWh annoncée jusqu’à 250 km d’autonomie WLTP et une consommation de 12,7 kWh aux 100 km. Le 0 à 100 km/h demande 12,1 secondes et la vitesse maximale atteint 130 km/h.
L’argument le plus solide est ailleurs. La Spring pèse à partir de 1 212 kilos, ce qui est remarquablement léger pour une électrique, et offre 337 litres de coffre, 1 283 litres banquette rabattue, auxquels s’ajoute un coffre avant de 18 litres.
La recharge reste son point faible. Le chargeur embarqué plafonne à 6,6 kW en courant alternatif, soit 2 h 55 sur une wallbox de 7 kW, et la charge rapide de 50 kW est une option.
Avec cette option, le passage de 15 à 80 % demande 28 minutes. Sans elle, il faut compter neuf heures sur une prise domestique classique, ce qui suppose de disposer d’un point de charge à domicile. La technologie V2L, qui permet d’alimenter un appareil depuis la batterie, est en revanche intégrée.
La ë-C3 mise sur la puissance et le confort
La Citroën joue une partition différente dès la fiche technique. Elle mesure 4,01 mètres, développe 113 ch et se décline en deux batteries, une version autonomie urbaine annoncée à 213 km WLTP et une version autonomie confort à 324 km.
Le coffre atteint 328 litres sous la plage et 1 200 litres banquette rabattue, pour cinq places homologuées. Les sièges Advanced Comfort et l’amortissement à butées hydrauliques progressives sont l’argument central de la voiture, et le seul que la Spring ne cherche pas à disputer.
La recharge creuse l’écart. La version urbaine se limite à 30 kW en courant continu, en option, tandis que la version autonomie confort accepte jusqu’à 100 kW et passe de 20 à 80 % en moins de trente minutes.
Attention à la base de calcul des deux prix
C’est le point que les deux communications ne mettent pas sur le même plan, et il décide de tout. Dacia annonce la Spring à partir de 17 900 euros en finition Expression et 19 400 euros en finition Journey, des tarifs catalogue auxquels les aides publiques, de 3 620 à 6 180 euros selon les revenus, viennent se soustraire.
Citroën, de son côté, communique 12 990 euros pour l’ë-C3 You autonomie urbaine. Ce chiffre correspond au prix hors options, remise déduite et après déduction d’une prime CEE de 6 100 euros, comme le précise le constructeur.
Les deux montants ne se comparent donc pas directement. Comparer un tarif catalogue à un prix net d’aides fausse l’écart, et c’est à l’acheteur de ramener les deux offres sur la même base avant de trancher.
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Ce que l’une fait mieux que l’autre
Le départage se fait sur l’usage réel plutôt que sur la fiche technique. Pour un usage strictement urbain et périurbain, la Spring offre plus de coffre, moins de poids et une longueur qui change la vie en stationnement.
Pour qui sort régulièrement de la ville, la ë-C3 en version autonomie confort annonce 324 km et monte à 100 kW en recharge rapide, contre 250 km et 50 kW en option pour la Spring. L’écart se mesure donc à la fois sur l’autonomie et sur le temps passé à la borne.
Le confort de suspension est le dernier critère, et il est difficile à mettre en chiffres. C’est aussi celui que Citroën a le plus travaillé, et l’offre de leasing à 94 euros par mois sur l’ë-C3 a montré que la marque savait en faire un argument commercial.
La puissance mérite un mot, car l’écart est net sur le papier. La ë-C3 annonce 113 ch contre 80 ch pour la Spring, et le 0 à 100 km/h de la Dacia est donné en 12,1 secondes pour une vitesse maximale de 130 km/h.
Le poids joue dans l’autre sens. Les 1 212 kilos de la Spring sont un argument qui se retrouve partout, dans la consommation annoncée à 12,7 kWh aux 100 km, dans le comportement en ville et dans l’usure des pneus et des freins.
Deux voitures dans un marché qui bascule vite
Ce duel se joue dans un contexte favorable aux deux. En France, l’électrique a atteint 42 % des immatriculations en septembre, et c’est l’entrée de gamme qui porte une large part de cette progression.
La concurrence ne se limite plus aux marques européennes. Une citadine électrique chinoise arrive en France sous les 21 000 euros pour viser la Renault 5, et Citroën a déjà lancé une ë-C3 Tonic à 21 090 euros pour tenir sa position.
Un dernier élément à prendre en compte sur la Spring. La nouvelle génération est produite à Novo Mesto, en Slovénie, avec une commercialisation annoncée pour 2027, quand la ë-C3 est disponible aujourd’hui.
Ce changement de site de production n’est pas un détail administratif. L’ancienne Spring était importée de Chine, la nouvelle est européenne, ce qui la sort du périmètre des droits de douane appliqués aux véhicules électriques importés et change son équation de prix.
La ë-C3 est pour sa part assemblée en Slovaquie, à Trnava. Les deux voitures seront donc européennes, ce qui n’était pas le cas de ce duel il y a encore un an.
Pour un achat immédiat, la question ne se pose pas encore dans les mêmes termes. Les deux modèles seront exposés au Mondial de Paris, où le salon annonce plus de 60 premières mondiales, et c’est l’occasion de comparer les deux habitacles côte à côte avant de trancher.
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