HWA a laissé entendre sur ses réseaux qu’un projet autour de la Mercedes W124 était en préparation. Les deux modèles cités en référence, l’AMG Hammer et la 500 E, sont pourtant deux voitures distinctes, l’une signée AMG et l’autre assemblée par Porsche. Et le seul modèle de route de HWA à ce jour ne reçoit pas de V8.
Un teasing, deux légendes confondues. HWA a évoqué sur ses réseaux sociaux un projet autour de la Mercedes W124, et les interprétations se partagent entre deux voitures bien distinctes, développées dans des contextes et par des structures différentes.
Ce que HWA a réellement fait savoir
L’annonce est pour l’instant un signal, pas un produit. HWA s’est contenté d’un message sur son compte social laissant entendre qu’un nouveau projet se prépare autour de la W124, sans fiche technique, sans calendrier et sans visuel définitif.
Aucune caractéristique n’est confirmée à ce stade. Ni la motorisation, ni la puissance, ni le nombre d’exemplaires, ni le prix, ni la date de présentation ne font l’objet d’une communication officielle.
La prudence s’impose d’autant plus que les reprises divergent. Les publications allemandes titrent sur une question plutôt que sur une affirmation, signe que personne ne dispose de confirmation sur la nature exacte du modèle.
C’est le propre de ce type de communication. Un teasing sert à mesurer l’intérêt avant d’engager un programme, et il ne vaut pas annonce de production.
HWA porte les initiales du fondateur d’AMG
La légitimité de HWA sur ce terrain n’est pas discutable, et elle explique l’emballement. L’entreprise est née de la séparation d’AMG, et son nom reprend les initiales de Hans Werner Aufrecht.
L’histoire mérite d’être rappelée précisément. AMG a été fondée en 1967 par Hans Werner Aufrecht et Erhard Melcher, à Burgstall an der Murr, le sigle combinant leurs deux noms et Großaspach, lieu de naissance d’Aufrecht.
La scission s’est produite au tournant des années 2000. Lorsque DaimlerChrysler a pris 51 % d’AMG le 1er janvier 1999, la division des moteurs de compétition a été séparée et a continué son activité à Burgstall sous le nom de HWA.
L’entreprise a ensuite bâti sa réputation en compétition. Son premier véhicule a été la Mercedes-Benz CLR, et elle construit et exploite les voitures engagées en DTM depuis 2000.
Aufrecht a soldé sa participation dans AMG en 2005. Depuis cette date, Mercedes-AMG est une filiale à 100 % du groupe, tandis que HWA poursuit sa route de manière indépendante.
C’est ce qui distingue HWA d’un préparateur ordinaire. Reprendre une W124 pour le compte d’une structure issue d’AMG n’est pas un exercice de style parmi d’autres, et la filiation donne au projet une crédibilité que d’autres restomods n’ont pas.
Le Hammer, 5,6 litres et 360 chevaux
Voici la première des deux voitures confondues. L’AMG Hammer est apparue en 1986, à partir d’une W124, et elle est l’œuvre d’AMG à l’époque où l’entreprise était encore indépendante de Mercedes-Benz.
Sa mécanique était le cœur du sujet. AMG y installait un V8 de 5,6 litres à double arbre à cames en tête et quatre soupapes par cylindre, pour une puissance annoncée de 360 chevaux sur la première version.
Les prétentions étaient considérables pour l’époque. La voiture a été présentée comme la berline de série la plus rapide du monde en 1986, et les récits de l’époque la créditent de reprises supérieures à celles d’une Lamborghini Countach entre 60 et 120 miles par heure.
Des versions ultérieures sont montées en puissance. Elles ont notamment reçu des jantes AMG Aero 1 Hammer de 17 pouces, et la cylindrée a évolué au-delà des 5,6 litres initiaux.
Le surnom est resté attaché à la voiture. C’est bien cette lignée que les publications spécialisées évoquent quand elles parlent d’un retour du Hammer.
La 500 E, une Mercedes assemblée par Porsche
La seconde voiture n’a rien d’une préparation. La 500 E est un modèle d’usine, catalogué par Mercedes-Benz, et son histoire industrielle est tout à fait singulière.
Sa mécanique vient du haut de gamme maison. Il s’agit d’un V8 M119 de 5,0 litres atmosphérique à 32 soupapes, dérivé de celui de la 500 SL, développant 326 chevaux et 480 newtons-mètres.
C’est l’assemblage qui en fait un cas d’école. Mercedes-Benz a confié à Porsche, en 1989, la refonte du châssis, des suspensions et de la transmission de la W124 pour y loger ce V8 plus large, ses propres équipes étant occupées par la W140.
La chaîne de production était partagée entre deux marques. Le châssis était assemblé à la main chez Porsche à Zuffenhausen, la peinture était réalisée à Sindelfingen, l’assemblage final retournait à Zuffenhausen et le contrôle final se faisait à Sindelfingen, pour un cycle d’environ dix-huit jours.
Le contexte de ce contrat était financier. Il a aidé Porsche à traverser une période difficile, marquée par des grèves et par les coûts de développement de la 959.
Les volumes situent sa rareté relative. La production a couru de 1991 à 1995, pour un total de 10 479 exemplaires, l’appellation passant de 500 E à E 500 à partir de 1994.
Une troisième voiture ajoute à la confusion. L’E 60 AMG, produite en 1994 et 1995, recevait un V8 de 6,0 litres de 381 chevaux, et elle est parfois elle aussi désignée comme un Hammer.
Reste donc la question que le teasing laisse ouverte. Le seul modèle routier actuellement commercialisé sous le nom HWA, l’Evo, n’utilise pas de V8. Il s’agit d’un restomod de 190 E 2.5-16 Evo II animé par un V6 biturbo de 3,0 litres d’origine AMG, associé à une boîte manuelle à six rapports.
Supposer un retour du gros V8 relève donc de l’hypothèse. Rien dans l’offre actuelle de HWA ne l’annonce, et AMG oriente de son côté ses berlines de performance vers l’électrique, jusqu’à 1 169 chevaux et trois moteurs à flux axial.
Le marché du restomod reste pourtant très actif sur la marque. Renntech a dévoilé un Mercedes SEC widebody doté d’un V12 de 7,5 litres et 660 chevaux, preuve qu’il existe une clientèle pour ce type d’exercice.
Le phénomène dépasse largement Mercedes. Everrati a présenté une Mini Classic électrique sur mesure, Renault a fait renaître la R17 en restomod électrique et la Lotus Esprit a eu droit au même traitement.
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