Renault a présenté au Mondial de l’Auto un monospace électrique de 4,70 mètres à six places individuelles sur trois rangées. L’E-Space Concept reçoit des sièges pivotants inspirés du mobilier de Pierre Paulin et un écran panoramique de 1,13 mètre. La marque précise qu’il ne préfigure pas un modèle de série et ne remplace pas l’Espace actuel.
Six sièges individuels, trois rangées, un plancher entièrement plat et des fauteuils qui pivotent à 180 degrés. Renault a ramené le monospace au Mondial de l’Auto, et c’est l’habitacle qui porte tout le propos.
Un monospace de 4,70 mètres sur roues de 23 pouces
Les cotes sont publiées sans commentaire par la marque. Le concept mesure 4,70 mètres de long, 2,02 mètres de large et 1,67 mètre de haut.
Les roues sont poussées aux quatre coins. Les jantes de 23 pouces sont repoussées aux extrémités de la carrosserie, participant aux proportions très étirées de l’habitacle.
La partie technique est reléguée sous le plancher. Une zone noire logée sous la caisse abrite la batterie et constitue ce que la marque appelle son plateau technique.
Rien n’est chiffré sur la mécanique. Puissance, capacité de batterie, autonomie et nom de plateforme ne figurent pas dans cette communication.
Le monospace électrique n’est pas un créneau vide, un modèle chinois arrivant en Europe avec une recharge annoncée plus rapide que celle d’une Porsche. Renault y arrive donc avec un concept, quand d’autres y arrivent avec des voitures.
Des sièges qui pivotent et une table pour quatre
L’habitacle est le vrai sujet du concept. Six sièges individuels sont répartis sur trois rangées, posés sur un plancher entièrement plat.
La référence revendiquée vient du mobilier. Les coques laquées s’inspirent des créations de Pierre Paulin, et les sièges pivotent pour faciliter l’accès ou former un salon.
Une configuration précise est décrite. Les deux sièges de la deuxième rangée tournent de 180 degrés pour faire face à la troisième, dans une disposition que la marque compare au carré d’un TGV.
Une variante à quatre places complète le dispositif. Ces mêmes sièges se replient alors pour former une grande table.
Une console mobile circule dans l’habitacle. Télécommandée, elle coulisse le long de la voiture et intègre un purificateur d’air, un petit réfrigérateur, des manettes de jeu et un Puissance 4.
Un écran de 1,13 mètre qui n’est pas tactile
L’affichage remplace la planche de bord. L’écran OpenR Panorama mesure 1 130 millimètres sur 110, soit plus d’un mètre de large.
Son principe va à l’encontre de la tendance. Il n’est pas tactile, et le pilotage des fonctions passe par deux écrans souples pivotants.
Le volant pousse la logique plus loin. Il fonctionne en Steer-by-wire, sans liaison mécanique avec les roues, et porte des interfaces tactiles.
Cette technologie quitte le registre du concept, Mercedes ayant également supprimé la liaison mécanique entre le volant et les roues sur un principe emprunté à l’aéronautique. Deux constructeurs européens travaillent donc la même piste.
Deux écrans de 12,3 pouces équipent les dossiers avant. L’OpenR Panorama, lui, doit d’abord arriver sur les futurs Rafale et Scénic, le Rafale ayant par ailleurs reçu une série limitée Hypnotic.
Pourquoi le monospace revient dans les studios
Le format avait largement disparu des catalogues européens. Le SUV s’est imposé sur la clientèle familiale, et Renault elle-même reconnaît un design automobile mondial dominé par ce type de carrosserie.
L’électrique rebat une partie de ces cartes. Un plancher plat et une batterie logée sous la caisse favorisent les carrosseries hautes et longues, ce qui redonne un intérêt technique au monospace.
Le concept exploite précisément cet avantage. Six places individuelles dans 4,70 mètres supposent un plancher dégagé, que la mécanique thermique et son tunnel de transmission rendaient plus difficile.
De la paille, de la laine et de l’huile de ricin
Les matériaux sont détaillés avec précision. Une marqueterie en paille, et non en bois, habille les éléments décoratifs et les tablettes.
La moquette est un parti pris assumé. Tuftée en laine à cent pour cent, à poils longs, elle atteint trois centimètres d’épaisseur.
Trois autres taux sont publiés. Les peintures intérieures contiennent 18 % de résine biosourcée, le volant associe du tissu à un matériau à 26 % d’huile de ricin et 25 % de coton biologique, et les pneus utilisent en moyenne 19 % de caoutchouc naturel.
Un objectif de gamme est rappelé à part. La marque vise 30 % de matériaux recyclés sur l’ensemble de ses modèles, sans lien direct avec ce concept.
Ce que le concept ne promet pas
La mise au point est explicite. Renault indique que l’E-Space Concept ne préfigure pas directement un véhicule de série et qu’il n’a pas vocation à remplacer l’Espace actuel.
Le retour du format est en revanche documenté par ailleurs, l’Espace devant redevenir un monospace en 2028. Le concept et ce projet ne sont pas présentés comme liés par la marque.
Fabrice Cambolive, directeur général de la marque Renault et Chief Growth Officer du groupe, situe l’exercice du côté de l’héritage. Il estime que le concept illustre la manière dont celui-ci peut inspirer l’avenir.
Alexandre Malval, directeur du design, assume la position à contre-courant. Il juge que dans un design automobile mondial dominé par les SUV, le Losange a tout pour se distinguer.
Trois autres responsables détaillent leur partie. Romain Gauvin cite une inspiration aéronautique, Stéphane Maiore explique que des sièges inspirés du mobilier ne saturent pas l’espace, et Éléonore Lebec décrit l’entrée dans l’habitacle comme une plongée dans la couleur.
La gamme électrique de la marque poursuit sa route en parallèle, le Scénic électrique étant repassé sous les 32 000 euros avec 642 kilomètres d’autonomie. Sa prochaine génération est déjà cadrée, et sa prochaine génération visant une architecture 800 volts.
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