Antonio Filosa a présenté au Mondial de l’Auto les excuses de Stellantis aux propriétaires touchés par les défauts du moteur PureTech. Le directeur général du groupe a parlé de problèmes du passé, devant la presse réunie. Aucune mesure nouvelle n’accompagne cette prise de parole, le dispositif d’extension de garantie restant inchangé.
Des excuses, mais rien de plus. Antonio Filosa a présenté au Mondial de l’Auto celles de Stellantis aux clients touchés par les défauts du moteur PureTech, devant l’ensemble de la presse présente. Le directeur général du groupe a employé une formule sobre, présentant les excuses du groupe pour les problèmes du passé que ces clients ont vécus.
Aucune nouvelle mesure n’accompagne les excuses
C’est le point qui compte pour un propriétaire concerné, et il se résume en une phrase. La prise de parole ne s’accompagne d’aucune indemnisation nouvelle, d’aucun élargissement de prise en charge et d’aucun geste commercial supplémentaire. Le dispositif existant reste donc le seul recours, et il repose sur deux outils aux périmètres très différents : l’extension de garantie mise en place en mars 2024, et une plateforme d’indemnisation dont l’élargissement a été annoncé en mai 2025. L’un couvre des réparations futures sous conditions, l’autre rembourse des dépenses déjà engagées sur une période délimitée.
Le groupe met en avant son organisation qualité. Filosa a décrit des équipes dédiées réunissant ingénieurs, fournisseurs et personnels d’usine. C’est une réponse tournée vers l’avenir plutôt que vers le passé, qui porte sur la prévention des défauts à venir et non sur le traitement des dossiers déjà ouverts.
La distinction compte pour qui attend une réparation. Un propriétaire dont le dossier a été refusé faute de facture d’entretien conforme ne trouve rien de nouveau dans cette prise de parole.
Les deux dispositifs et leurs angles morts
Le dispositif principal a une double borne. L’extension de garantie court jusqu’à dix ans ou 180 000 kilomètres, selon ce qui arrive en premier, et couvre cent pour cent des coûts, pièces et main-d’œuvre. Elle porte sur deux défauts précis, la consommation excessive d’huile et la dégradation prématurée de la courroie de distribution. Elle concerne les générations antérieures des moteurs PureTech 1.0 et 1.2, également désignés EB.
Les conditions méritent d’être lues de près, car elles sont souvent mal rapportées. L’entretien doit avoir respecté le plan du constructeur et avoir été réalisé par un professionnel de l’automobile, sans obligation de passer par le réseau agréé. En revanche, le diagnostic et la réparation doivent tous deux être effectués dans le réseau autorisé.
C’est une nuance décisive pour un propriétaire. Un entretien suivi chez un garagiste indépendant n’exclut pas un dossier, à condition que le plan constructeur ait été respecté et que les justificatifs existent.
Le second dispositif porte sur des dépenses déjà engagées. La plateforme d’indemnisation couvre les frais de réparation liés à ces deux mêmes défauts, engagés entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2024, sous réserve des conditions d’entretien, de diagnostic et de réparation prévues par le groupe. Son élargissement a été annoncé le 7 mai 2025, avec un déploiement progressif : les évaluations ont d’abord porté sur des clients présélectionnés en France et en Espagne, avant une ouverture graduelle aux autres marchés européens.
Une divergence subsiste entre les supports du groupe. La page corporate de Stellantis indique une période de dépenses courant jusqu’au 31 décembre 2024, quand la page client d’une de ses marques britanniques affiche encore le 18 mars 2024, date de la borne antérieure à l’élargissement. C’est la période la plus large qui correspond à la politique en vigueur.
Le groupe avait par ailleurs déjà agi sur l’entretien, en rendant obligatoire une nouvelle huile pour les 1.2 PureTech et les 2.0 HDi. La longévité du bloc n’est pas impossible pour autant, un Néerlandais ayant dépassé le million de kilomètres avec un 1.2 PureTech.
📖 Lire aussi :
Filosa demande du temps et de la flexibilité pour que Stellantis retrouve sa compétitivité
La plainte collective réduite à 883 parties
L’effet du dispositif sur le contentieux est mesurable. Environ 3 200 propriétaires ont accepté un remboursement plutôt que de rejoindre la plainte collective au pénal, et le volume de la procédure s’en est trouvé divisé : elle est passée de près de 4 800 participants à 883. Le mécanisme est connu dans ce type de dossier, un remboursement accepté éteignant le plus souvent la participation à une action collective. Le calcul était individuel pour chaque propriétaire, entre un remboursement certain et immédiat et une procédure longue à l’issue incertaine.
Le contentieux n’est pas éteint pour autant. Huit cent quatre-vingt-trois parties restent engagées, et la procédure se poursuit.
Un arrêt de production et un objectif à 2028
Le calendrier industriel donne un relief particulier à ces excuses. La production du PureTech s’arrête le 30 octobre à Douvrin, soit quelques jours après la prise de parole. Le remplacement est déjà engagé sur les modèles, la Peugeot 208 ayant adopté un nouveau moteur.
L’arrêt de production ne change rien aux obligations. Les véhicules déjà vendus restent couverts par les dispositifs décrits, et le réseau conserve l’obligation d’assurer les réparations. Le sujet dépasse d’ailleurs le seul PureTech, des problèmes de distribution concernant aussi un bloc diesel du groupe.
Le marché de l’occasion est l’autre terrain de ce dossier. Un acheteur d’occasion hérite de l’extension de garantie comme de ses conditions, et vérifier l’historique d’entretien avant l’achat devient donc déterminant. Le plan constructeur doit avoir été suivi, même si les interventions ont pu être réalisées hors du réseau agréé.
La prise de parole s’inscrit enfin dans un plan annoncé. Filosa a rattaché ce discours à FaSTLAne 2030, qui vise à placer Stellantis parmi les meilleurs constructeurs en qualité dans chaque région d’ici 2028. L’échéance est donc à deux ans, sur un indicateur que le groupe ne détaille pas encore publiquement.
Le même dirigeant avait placé la compétitivité au centre de son discours quelques jours plus tôt, avec 60 milliards d’euros d’engagements évoqués. Qualité et coûts avancent donc dans le même plan.
Reste à savoir ce que les propriétaires concernés en retiendront. Des excuses publiques sans contrepartie financière nouvelle ne modifient pas leur situation contractuelle, et c’est la critique que le dispositif actuel continue de susciter.
En savoir plus sur MotorsActu
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

