Volvo Cars a publié le 23 octobre un troisième trimestre 2026 en perte, avec un résultat opérationnel négatif de 5,6 milliards de couronnes suédoises. Le constructeur contrôlé par Geely annonce dans le même temps la suppression d’environ 2 500 postes dans le monde, dont 2 000 en Suède, et 5 milliards de couronnes d’économies supplémentaires. Son chiffre d’affaires chinois a reculé de près de moitié sur un an.
Un trimestre dans le rouge et un plan de coupes. Volvo Cars a présenté le 23 octobre des comptes du troisième trimestre 2026 qui tranchent avec ceux de l’année précédente, et le constructeur suédois y a joint l’annonce de la suppression d’environ 2 500 postes.
Un trimestre en perte de 5,6 milliards
Les chiffres publiés par le constructeur sont sans ambiguïté. Le résultat opérationnel s’établit à moins 5,6 milliards de couronnes suédoises, contre un bénéfice de 6,4 milliards un an plus tôt. La marge opérationnelle publiée tombe à moins 8,4 %, après 7,4 % au troisième trimestre 2025.
Le chiffre d’affaires se contracte dans les mêmes proportions. Il passe de 86,4 à 66,9 milliards de couronnes, soit un recul de 22,6 % sur un an, et le flux de trésorerie disponible ressort à moins 8,9 milliards. Le résultat par action est négatif de 1,63 couronne. Au taux du 21 octobre, soit un euro pour 11,05 couronnes, la perte opérationnelle représente environ 500 millions d’euros et le chiffre d’affaires environ 6 milliards.
Trois éléments non récurrents alourdissent le trimestre. Volvo Cars a passé une réévaluation négative de 1,1 milliard de couronnes sur ses crédits CAFE après un changement de législation aux États-Unis, et a comptabilisé 0,9 milliard de pertes au titre du deuxième trimestre de Polestar. L’évolution des matières premières a également joué défavorablement, sans que le groupe en chiffre l’effet.
Le contraste avec le trimestre précédent est net. Volvo était repassé dans le vert au deuxième trimestre, déjà sous la pression du marché chinois, dans un trimestre que les économies et l’EX60 avaient sauvé.
La Chine a perdu la moitié de ses revenus
La Chine constitue l’un des principaux facteurs de dégradation du trimestre. Le chiffre d’affaires de Volvo Cars y a reculé de près de 50 % sur un an. Le groupe l’attribue à une concurrence extrêmement dure des nouvelles offres chinoises et à de très fortes pressions sur les prix.
Le constructeur n’attend pas de redressement rapide. Il annonce que les deux prochaines années resteront difficiles sur ce marché, ce qui engage sa trajectoire bien au-delà du trimestre écoulé.
Les États-Unis pèsent pour d’autres raisons. Les droits de douane et la suppression des aides à l’achat de véhicules électrifiés y ont comprimé les marges, dans un pays où le constructeur produit déjà une partie de sa gamme.
Pour Håkan Samuelsson, président et directeur général, le groupe « continue d’opérer dans un environnement très difficile, avec de fortes contraintes externes ». Le dirigeant ajoute qu’à court terme, avec des volumes sévèrement contraints, le constructeur doit renforcer son plan de redressement.
L’Europe fait figure d’exception dans ce tableau. La part des modèles cent pour cent électriques y a atteint 45 % des ventes au troisième trimestre, et la demande européenne reste le point d’appui du groupe.
Le mix produit progresse d’ailleurs à l’échelle mondiale. Les modèles cent pour cent électriques représentent 32 % des ventes du trimestre, contre 22 % un an plus tôt, et les modèles électrifiés dans leur ensemble 53 %, contre 46 %. La gamme récente y contribue, l’EX60 ayant dépassé ses propres objectifs d’autonomie aux États-Unis avec 531 kilomètres homologués EPA.
Deux mille cinq cents postes supprimés
Le plan social porte sur environ 2 500 postes dans le monde. Deux mille d’entre eux concernent la Suède, et le calendrier court jusqu’à la fin de 2027.
Les modalités annoncées sont graduées. Le constructeur prévoit de mettre fin à des contrats de consultants, de s’appuyer sur les départs naturels et de proposer des indemnités de départ ciblées, plutôt que de recourir d’emblée aux licenciements secs.
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L’objectif financier est chiffré à 5 milliards de couronnes, soit environ 450 millions d’euros, sur les dépenses indirectes et les coûts variables. Ce montant s’ajoute aux programmes déjà menés à leur terme, et les effets complets sont attendus pour la fin de 2027.
Deux repères permettent de mesurer l’effort. Les dépenses indirectes devraient être inférieures de près de 25 % à celles de l’exercice 2024, et les investissements d’environ 30 % à leur niveau de 2024.
C’est le deuxième plan en dix-huit mois. Volvo Cars avait déjà annoncé une réduction d’effectifs et un programme d’économies au printemps 2025, ce qui situe l’annonce du 23 octobre dans un enchaînement plutôt que dans une rupture.
Six modèles chinois conçus avec Geely
Le constructeur ne se retire pas de Chine pour autant. Il prévoit de dévoiler et de lancer en production, au milieu de 2027, les deux premiers modèles d’une série de six conçus spécifiquement pour ce marché avec Geely, sur une architecture technologique chinoise.
Cette dépendance technologique n’est pas propre à Volvo. Le virage chinois de Renault repose sur la même mécanique, Geely s’imposant au cœur des développements du groupe français.
Le calendrier produit reste chargé ailleurs. La production de l’XC60 doit être localisée à Charleston au premier trimestre 2027, trois nouveaux modèles doivent être dévoilés dans l’année, et le groupe annonce treize nouveautés d’ici la fin de 2030.
La gamme actuelle continue d’évoluer en parallèle. Le XC60 hybride rechargeable est passé à une batterie de 41,2 kilowattheures, et l’EC40 annonce 584 kilomètres après restylage, neuf de plus que l’EX40 avec lequel il partage tout.
La participation dans Polestar reste un facteur à part. La marque sœur a dû revenir sur certains de ses choix, et ses pertes remontent au compte de résultat de Volvo Cars, comme ce trimestre.
Un rappel utile pour lire ces chiffres. Volvo Cars est contrôlé par le chinois Geely depuis 2010 et constitue une entité distincte de Volvo Group, le constructeur de camions et d’engins, avec lequel il ne partage plus que le nom et une histoire commune.
La Bourse de Stockholm a sanctionné l’annonce le jour même. Le titre a reculé d’environ un quart et a touché un plus-bas historique, ce qui traduit moins la perte du trimestre que la durée annoncée des difficultés chinoises.
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