Volvo a ouvert les commandes de sa gamme 40 restylée, qui réunit le XC40 thermique et les EX40 et EC40 électriques. L’EC40 annonce jusqu’à 584 km d’autonomie, soit neuf de plus que l’EX40 avec lequel il partage plateforme, batterie et moteurs. La production démarrera plus tard cet automne, les tarifs français étant publiés depuis le 10 septembre.
L’écart entre les deux frères mérite qu’on s’y arrête, car il inverse l’intuition. L’EC40 est la déclinaison à pavillon fuyant de l’EX40, une carrosserie qui sacrifie habituellement de la garde au toit arrière et du volume de coffre sans rien apporter d’autre que du style. Elle se révèle ici plus efficiente.
L’explication tient à l’aérodynamique. Sur une voiture électrique, la traînée pèse bien plus lourd sur la consommation que sur une thermique, où la chaleur perdue par le moteur compense en partie les variations. C’est précisément l’argument que la direction du groupe avance pour défendre le retour possible des breaks face aux SUV, et il s’applique ici à l’identique.
Neuf kilomètres gagnés sur la ligne de toit
Les deux modèles reçoivent la même mécanique et la même batterie. Seule la partie arrière les distingue, l’EX40 conservant un hayon vertical quand l’EC40 adopte une chute de pavillon prononcée. Le second y gagne un coefficient de traînée plus favorable, et donc les neuf kilomètres d’écart annoncés.
Volvo précise dans ses notes aux rédacteurs que ces valeurs d’autonomie sont préliminaires et obtenues selon la norme WLTP dans des conditions d’essai spécifiques. Elles restent donc susceptibles d’évoluer avant les premières livraisons, ce que le constructeur signale explicitement.
Le rappel n’est pas inutile. Nos archives mentionnaient 600 km pour le millésime 2024 de ces mêmes modèles, valeur issue de conditions de mesure différentes. Comparer deux chiffres d’autonomie suppose toujours de vérifier le protocole qui les a produits.
Le XC40 thermique, lui, reste au catalogue et bénéficie du même restylage. Il peut recevoir de nouvelles jantes en alliage de 18, 19 et 20 pouces, absentes des versions électriques, et conserve donc une gamme distincte malgré une carrosserie désormais identique à celle de l’EX40.

Une calandre et des feux entièrement redessinés
Le restylage porte d’abord sur la face avant. Les feux Matrix LED adoptent une nouvelle interprétation de la signature en marteau de Thor, accompagnés d’une calandre modernisée, d’un pare-chocs redessiné, d’un capot revu et d’ailes avant nouvelles.
À l’arrière, le XC40 et l’EX40 reçoivent de nouveaux feux à LED, un hayon modernisé et un bouclier redessiné. L’EC40 conserve en revanche sa poupe d’origine, sa carrosserie coupé ne se prêtant pas au même traitement sans remettre en cause l’équilibre de la silhouette.
Akhil Krishnan, responsable intérimaire des séries 30 et 40 de la marque, présente ces modèles comme les meilleures versions de la gamme 40 produites à ce jour, et affirme qu’ils resteront parmi les voitures les plus vendues du constructeur dans les années à venir.
Un écran de 11,2 pouces et Gemini à bord
L’habitacle reçoit un nouvel écran central de 11,2 pouces, plus grand et plus défini que le précédent. Volvo revendique moins de manipulations pour accéder aux fonctions essentielles, argument qui répond aux critiques adressées ces dernières années aux interfaces entièrement tactiles du segment premium.
L’assistant Google Gemini remplace l’assistant vocal de génération précédente. Il permet une conversation naturelle pour planifier un trajet, chercher une halte ou gérer des messages en roulant, sans passer par la formulation rigide qu’imposaient les commandes vocales antérieures.
Le XC40 inaugure par ailleurs une sellerie en cuir Cardamome associée à des inserts en frêne clair sur la planche de bord et les portes avant. Des finitions décoratives optionnelles en frêne sombre ou en aluminium Shadows complètent le catalogue, aux côtés d’un nouveau chargeur à induction.

Douze capteurs à ultrasons et de nouveaux radars
La refonte la plus lourde est invisible. Les trois modèles reposent désormais sur une nouvelle plateforme logicielle, alimentée par des radars avant et latéraux inédits, une nouvelle caméra frontale, de nouveaux radars arrière latéraux, douze capteurs à ultrasons et des caméras de stationnement revues.
Trois fonctions apparaissent ou évoluent. Une alerte d’ouverture de porte prévient les occupants avant qu’ils n’ouvrent sur la chaussée, protection destinée aux cyclistes. Le Pilot Assist optionnel intègre désormais l’aide au changement de voie, avec un suivi de trajectoire annoncé comme plus fluide.
La caméra à 360 degrés reçoit une vue en trois dimensions, destinée aux manœuvres à faible vitesse. L’ensemble s’accompagne d’un système d’anticipation de collision capable de choisir entre l’évitement et le freinage d’urgence selon la situation détectée.
Les trois modèles bénéficient de mises à jour à distance régulières, qui peuvent ouvrir de nouvelles fonctions aux voitures déjà livrées. C’est un point à surveiller, la promesse ayant souvent été formulée par les constructeurs sans être tenue sur toute la durée de vie du véhicule.
Gand produit les trois carrosseries
L’assemblage reste confié à l’usine belge de Gand, seul site automobile encore en activité dans le pays. Elle fabrique simultanément les EX40, EC40, XC40 hybrides et V60, auxquels s’ajoute la production européenne de l’EX30 transférée depuis la Chine.
Ce site a dépassé les 7,8 millions de Volvo produites depuis 1965 et visait plus de 200 000 voitures en 2025. Sa flexibilité explique que thermiques et électriques puissent partager la même ligne sans arbitrage industriel douloureux.
Les commandes sont ouvertes sur certains marchés dont la France, y compris pour la série Black Edition, et les tarifs clients ont été publiés le 10 septembre pour les trois modèles. La production ne démarrera toutefois que plus tard cet automne.
Ce qui n’est pas précisé
Les puissances, les capacités de batterie et les temps de recharge ne figurent pas dans la communication. Le constructeur s’en tient aux autonomies et aux équipements, ce qui empêche de mesurer si la mécanique a évolué ou si seuls le style, l’interface et les capteurs ont été revus.
La durée de vie commerciale de cette gamme reste elle aussi indéterminée. Un futur EX50 est évoqué pour remplacer l’EX40 dès 2027 sur l’architecture SPA3, ce qui donnerait à ce restylage une carrière courte.
Reste à connaître les tarifs comparés entre thermique et électrique, seul élément capable de dire si Volvo pousse réellement ses clients vers la batterie ou s’il maintient les deux offres à parité. Le constructeur publie ses rapports d’analyse de cycle de vie pour cinq modèles électriques, dont l’ES90 et ses chiffres détaillés, mais pas ses arbitrages commerciaux.
La vraie question porte sur la longévité de cette gamme 40. Elle fête bientôt dix ans dans sa carrosserie d’origine, et ce troisième rafraîchissement ressemble à une manière de tenir jusqu’à l’arrivée d’une génération entièrement nouvelle, plutôt qu’à un renouvellement.

