Un retour au bénéfice qui n’a pas convaincu la Bourse : voilà le paradoxe du trimestre de Volvo Cars. Le constructeur suédois, propriété du chinois Geely, a renoué avec les profits au deuxième trimestre 2026 avec un résultat opérationnel de 800 millions de couronnes suédoises, environ 83 millions de dollars, effaçant la lourde perte enregistrée un an plus tôt.
Mais, l’action a chuté de 8 % dans la foulée, les investisseurs ayant surtout retenu un effondrement plus marqué que prévu des ventes en Chine. La preuve qu’en 2026, même une marque qui redresse ses comptes n’échappe pas à l’inquiétude du marché.
Un bénéfice en trompe-l’œil, des économies en avance
Le retour dans le vert mérite d’être nuancé. Le bénéfice de 800 millions de couronnes reste inférieur aux 1,6 milliard du premier trimestre, et le chiffre d’affaires a reculé de 17 % à 77,7 milliards de couronnes, sous l’effet de volumes de gros en baisse et d’un mix de ventes défavorable. Surtout, la comparaison flatteuse avec l’an dernier tient à une base plombée par des dépréciations massives liées aux plateformes des EX90 et ES90, qui ne se sont pas reproduites cette année.
Le vrai motif de satisfaction est ailleurs, dans la discipline financière. Volvo a déjà réalisé 5 milliards de couronnes d’économies cette année, six mois en avance sur son calendrier, après les 8 milliards dégagés en 2025. Ces coupes reposent sur des changements structurels, dont une réduction d’environ 3 000 postes par rapport au premier semestre 2025, dans le cadre d’un plan global de 18 milliards de couronnes. La marque a par ailleurs signé un accord avec les autorités belges et flamandes pour renforcer la compétitivité de son usine de Gand.
La Chine, épicentre d’une crise que Volvo ne maîtrise pas
Le point noir porte un nom géographique. Le marché chinois, où toute l’industrie subit une pression considérable, a reculé bien plus fortement qu’anticipé, entraînant des ventes mondiales en baisse de 5,6 % sur le trimestre, à 171 501 unités. Le flux de trésorerie disponible est ressorti négatif à hauteur de 5,2 milliards de couronnes, un chiffre toutefois attendu car lié à la constitution de stocks pour le lancement de l’EX60.
Car tout n’est pas sombre, loin de là. Les livraisons mondiales de véhicules 100 % électriques ont bondi de 14 % sur le trimestre, portées par une Europe dynamique et un reste du monde en hausse de 25 %. La petite EX30, désormais produite en Belgique, et l’EX90, au rythme de commandes record, confirment que la bascule électrique de la marque fonctionne sur ses marchés occidentaux. Le problème de Volvo n’est pas son offre, c’est sa dépendance à une Chine devenue imprévisible, exactement le mal qui frappe au même moment Porsche et Volkswagen.
L’EX60 et une rentrée décisive pour trancher
Tous les espoirs de la marque reposent désormais sur un modèle. L’EX60, SUV électrique de taille moyenne dont la production a démarré en avril à Torslanda et les premières livraisons début juillet, est présenté comme le futur centre de profit de Volvo. La direction anticipe un second semestre nettement plus vigoureux, avec une croissance des volumes de 10 % par rapport au premier semestre, et vise un équilibre financier sur l’ensemble de l’année.
La rentrée s’annonce chargée en annonces structurantes. Après l’été, Volvo dévoilera deux nouveaux modèles électrifiés, avant une mise à jour stratégique majeure le 17 septembre, où le constructeur détaillera la prochaine étape de sa mutation vers le statut de marque premium électrique de référence, avec ce qu’il présente comme son plan produit le plus ambitieux. Le calendrier est serré, mais la logique est claire : Volvo mise sur ses nouveautés pour compenser une Chine défaillante, un pari que partagent la plupart des constructeurs premium européens. Le verdict tombera dans les prochains mois, EX60 en éclaireur.
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