Le dossier de l’usine Opel en Algérie vient de recevoir son signal le plus fort à ce jour. Florian Huettl, CEO mondial de la marque allemande de Stellantis, s’est rendu à Alger, une visite révélée par Nassim Benguergoura, patron de la division automobile de Halil Group, représentant d’Opel en Algérie. Elle intervient une semaine seulement après celle de Falk Zimpel, brand manager d’Opel pour la région Moyen-Orient et Afrique. Deux déplacements successifs de ce niveau en quinze jours, cela ne relève plus de la simple courtoisie commerciale.
Deux visites en quinze jours, un calendrier qui parle
Selon le représentant algérien de la marque, les échanges avec Florian Huettl ont porté sur une vision commune de l’avenir d’Opel dans le pays, et les deux visites s’inscrivent explicitement dans la préparation du forum économique algéro-allemand qui se tiendra la semaine prochaine à Berlin. Le déplacement du CEO mondial, malgré un agenda international chargé, est présenté comme le témoignage de l’importance stratégique que la marque accorde désormais à l’Algérie.
Le contexte donne tout son poids à ce calendrier. Le forum de Berlin, programmé le 17 juillet, accompagne la visite d’État du président Abdelmadjid Tebboune, qui sera reçu la veille avec les honneurs militaires par son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier. Pour une marque allemande appartenant à un groupe déjà dominant sur le marché algérien, difficile d’imaginer meilleure tribune pour officialiser une étape industrielle.
L’usine Opel, serpent de mer en voie de concrétisation
Car c’est bien le projet d’usine qui se profile derrière ces visites. Lors de la présentation de la stratégie FaSTLAne 2030, dont nous détaillions le volet algérien, la direction de Stellantis avait confirmé que les travaux du dossier Opel se poursuivaient, tout en précisant que le moment des annonces détaillées n’était pas encore venu, des réunions avec les autorités algériennes étant programmées. L’arrivée de modèles Opel sur les lignes de Tafraoui avait par ailleurs été officialisée dès la convention des fournisseurs du groupe.
La logique industrielle est limpide. Stellantis dispose déjà à Tafraoui d’un site en pleine extension, dont la capacité doit atteindre 135 000 véhicules par an en 2028, avec ferrage et peinture opérationnels. Y adjoindre une production Opel, ou lancer un site dédié, permettrait au groupe de diversifier son offre locale au-delà de Fiat, qui capte l’essentiel du marché, tout en donnant à l’Algérie la marque allemande qu’elle attend comme gage de montée en gamme de sa filière.
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Berlin et Alger en pleine lune de miel industrielle
Cette séquence Opel s’insère dans un rapprochement économique algéro-allemand d’une intensité inédite. Fin juin, une mission d’industriels allemands de l’automobile et de la sous-traitance a sillonné Alger et Oran pendant une semaine, organisée par la chambre de commerce algéro-allemande sous mandat du ministère fédéral de l’Économie. Un site de fabrication de systèmes d’échappement à capitaux allemands est déjà en cours d’installation à Oran, avec Stellantis comme premier client annoncé. Et l’exigence algérienne d’un taux d’intégration locale de 40 % au bout de cinq ans d’activité ouvre mécaniquement la porte aux équipementiers allemands, réputés pour leur savoir-faire.
Reste à savoir ce qui sera annoncé, et quand. La visite de Florian Huettl n’a donné lieu à aucun communiqué officiel de Stellantis à ce stade, et la prudence reste de mise sur le calendrier comme sur le format du projet. Mais entre la visite d’État du 16 juillet, le forum économique du 17 et l’alignement des planètes industrielles, la semaine prochaine à Berlin pourrait bien être celle où le dossier Opel algérien sortira enfin de sa réserve. Rendez-vous est pris.
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