Maserati replonge dans son glorieux passé en Formule 1. La marque au trident a dévoilé à Monza une livrée spéciale pour sa GT2 Stradale, la supercar de route dérivée de la voiture de course GT2.
Les couleurs choisies ne doivent rien au hasard : elles rendent hommage à la légendaire Maserati 250F, la monoplace avec laquelle Juan Manuel Fangio a décroché deux de ses cinq titres mondiaux de Formule 1, en 1954 et 1957. Un clin d’œil patrimonial fort, qui rappelle qu’avant d’être une marque premium, Maserati fut un authentique vainqueur sur les circuits.
Rouge et jaune, le numéro 1 de Fangio
La présentation s’est tenue à Monza, dans le cadre de la première manche de la GT2 European Series 2026. La même combinaison de couleurs rouge et jaune habille également un exemplaire unique de Maserati GT2 de course, créant un duo cohérent entre la piste et la route.
Les détails de la livrée puisent directement dans l’iconographie de la 250F. La carrosserie est majoritairement rouge, traversée à l’avant par une bande jaune vif — les couleurs nationales italiennes de course. Les tridents Maserati sont apposés sur la calandre, derrière les vitres latérales et à l’arrière. Et surtout, un numéro 1 blanc orne l’aile avant côté passager, exactement comme sur la monoplace de Fangio. Un soin du détail qui témoigne de l’ambition de la marque : ne pas se contenter d’un habillage esthétique, mais reconstituer l’âme d’une époque.
Un palmarès qui justifie l’hommage
Le lien historique va bien au-delà du simple décor. Avec la 250F, Fangio a remporté des Grands Prix en Belgique, à Monaco, en France et en Argentine — contribuant à forger la légende de l’Argentin, considéré encore aujourd’hui comme l’un des plus grands pilotes de l’histoire. Mais la 250F ne fut pas qu’une voiture de champion : Stirling Moss s’est imposé à son volant en Italie et à Monaco en 1956, et en 1958, Maria Teresa de Filippis est devenue la première femme à se qualifier pour un Grand Prix de Formule 1, précisément au volant de ce modèle. Trois pages d’histoire du sport automobile écrites par une seule monoplace.
C’est tout ce patrimoine que Maserati convoque avec cette livrée. À une époque où la marque traverse une période délicate au sein du groupe Stellantis — avec un avenir produit en cours de redéfinition — ce retour vers les heures glorieuses de la compétition n’est pas innocent. Il rappelle aux clients comme aux observateurs que le trident possède une légitimité sportive que peu de marques peuvent revendiquer.
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La GT2 Stradale, supercar la plus radicale du trident
Sur le plan technique, la GT2 Stradale reste la Maserati de route la plus extrême du catalogue actuel. Elle repose sur la base de la MC20 et reprend son remarquable V6 Nettuno 3,0 litres biturbo, développant environ 640 chevaux. Une mécanique de pointe, dotée de la technologie de préchambre de combustion dérivée de la Formule 1, qui place la GT2 Stradale parmi les supercars les plus abouties de sa catégorie.
Mais dans cette version, le client ne paie pas seulement pour la performance brute. La livrée 250F transforme la voiture en référence personnelle et intime à l’âge d’or de Maserati — celui où la marque ne brillait pas seulement par le luxe, mais par les victoires. Maserati n’a pas précisé le prix de cette livrée spéciale ni si elle serait produite en série limitée. Elle s’inscrit en tout cas dans le programme de personnalisation Fuoriserie, par lequel la marque propose à ses clients les plus exigeants des créations sur mesure.
Pour un amateur du trident, le scénario est presque idéal : la supercar ne devient pas plus puissante ni plus bruyante, mais elle gagne en signification. Elle relie son propriétaire à une lignée de champions qui, de Fangio à Moss, ont fait la légende sportive de Maserati. Dans un marché où l’exclusivité et le récit comptent désormais autant que les chevaux, c’est peut-être l’argument le plus précieux que puisse offrir une marque historique.

