Genesis a fait rouler pour la première fois sur route publique ses deux concepts de performance au Tutto Bene Hillclimb, le 14 septembre à Stresa. Le X Skorpio, tout-terrain extrême de 1 100 chevaux révélé dans le désert du Rub’ al Khali, a gravi les neuf kilomètres de la Strada Borromea sur le Mottarone, aux mains d’André Lotterer.
Genesis a engagé le 14 septembre ses concepts Magma GT et X Skorpio sur le Tutto Bene Hillclimb, à Stresa, en Italie. Les deux véhicules ont gravi les neuf kilomètres de la Strada Borromea, sur le mont Mottarone, au-dessus du lac Majeur. Les deux concepts y effectuaient leur première démonstration sur route publique, tandis que le X Skorpio signait également sa première apparition européenne.
L’événement n’est pas une compétition. Créé par Race Service, basé à Los Angeles, et le studio milanais BorromeodeSilva, il a réuni 85 automobiles sur un parcours fermé, autour d’une devise que Genesis reprend à son compte : ralentir pour aller vite.
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La marque coréenne y a aussi exposé son Hypercar GMR-001, engagée cette saison en Championnat du monde d’endurance, ainsi que le Box Buggy Concept, démonstrateur utilisant des technologies de Mobis, la division équipementière du groupe Hyundai.
Mille cent chevaux et des pneus de 40 pouces
Le X Skorpio effectuait sa première sortie européenne. Le concept a été révélé en janvier dans le Rub’ al Khali, le désert dit du Quart Vide, aux Émirats arabes unis, et Genesis le présente comme son premier tout-terrain extrême.
La fiche technique sort des standards du segment. Un V8 de haute performance développe 1 100 chevaux, soit 1 115 en puissance métrique, pour un couple de 850 livres-pied. Les pneus tout-terrain mesurent 40 pouces et sont montés sur des jantes beadlock de 18 pouces, avec un freinage Brembo Motorsport.
IMAGE 2. Vue de trois quarts avant du X Skorpio, arches de roues élargies et prise d’air de toit visibles. Légende : Le nom du concept renvoie au scorpion noir qui survit dans les déserts émiratis.
La structure relève de la course. Le véhicule repose sur un châssis tubulaire doté d’un arceau complet, avec des composants haute endurance issus du développement en rallye-raid. Genesis annonce des angles d’attaque et de fuite généreux, un empattement court et une garde au sol qualifiée d’extrême.
Le nom vient d’un scorpion noir capable de survivre dans les environnements les plus hostiles, et la référence va jusqu’au dessin. Les panneaux de carrosserie sont segmentés à la manière d’un exosquelette, ce qui autorise des réparations rapides en usage tout-terrain. L’habitacle conserve du suède, des afficheurs implantés dans le volant et un écran coulissant selon que le véhicule roule avec ou sans copilote.
Un pilote d’endurance au volant dans les Alpes
La montée a été assurée par André Lotterer, pilote du Genesis Magma Racing. Il partage la GMR-001 numéro 17 avec Pipo Derani et Mathys Jaubert, équipage qui vient de signer le meilleur résultat de la marque cette saison en championnat du monde d’endurance.
Au Lone Star Le Mans, sur le Circuit of the Americas au Texas, les trois pilotes ont remonté jusqu’à la septième place après un incident en début d’épreuve et une pénalité. C’est le premier résultat significatif de l’équipe, engagée depuis peu dans la catégorie reine.
Cette bataille du haut du plateau attire les constructeurs généralistes autant que les marques premium, et Peugeot prépare de son côté une refonte profonde de sa 9X8 pour la saison 2027. Genesis arrive sur ce terrain sans héritage, ce qui rend chaque résultat plus lourd de sens pour sa crédibilité.
La Magma GT sortait elle aussi pour la première fois
Le second concept engagé sur la montée est la Magma GT, grand tourisme à moteur central. Elle avait été dévoilée de façon statique en juin aux 24 Heures du Mans, où nous avions relevé que la marque coréenne présentait sa future GT3 en visant l’Europe.
Genesis met en avant le contraste entre les deux machines. L’une est raffinée, à moteur central, destinée à la route. L’autre est brute, conçue pour un usage unique et taillée pour franchir. La marque y voit la démonstration de l’amplitude de sa vision de la performance.
L’exercice de style n’est pas isolé dans sa gamme. Genesis travaille aussi des ruptures sur ses modèles de série, comme ces portes antagonistes sans montant central sur un SUV électrique de 5,29 mètres.
Ce que Genesis construit sur le marché européen
La stratégie est lisible. La marque enchaîne les apparitions sur des rendez-vous où se retrouvent collectionneurs, designers et presse spécialisée, plutôt que sur les salons traditionnels. Le Mans en juin, le Mottarone en septembre.
Le positionnement du X Skorpio le place face à des objets qui n’ont pas d’équivalent en concession. Une Koenigsegg Gemera de 2 300 chevaux ou une Hennessey Blackbird à V8 atmosphérique jouent sur le même registre de l’objet rare, sur bitume.
Sur le terrain du franchissement, la concurrence est d’une autre nature. Le retour annoncé de vrais quatre-quatre japonais, dont le Mitsubishi Pajero attendu en 2026, s’adresse à des acheteurs qui cherchent la capacité, pas la puissance.
Genesis présente le X Skorpio comme un concept-car et ne communique ni volume de production, ni calendrier, ni tarif. Le véhicule reste donc, à ce stade, un objet de démonstration.
Reste une question que ce week-end italien laisse entière. Un tout-terrain de 1 100 chevaux gravissant une route de montagne sur des pneus de 40 pouces fait une belle image, mais ne dit rien de ce que Genesis vendra réellement en Europe dans les trois ans.

