La Norvège a immatriculé 13 451 voitures neuves en août, dont 98,7 % de modèles électriques. Il ne reste donc que 177 véhicules thermiques, hybrides ou hybrides rechargeables sur l’ensemble du mois. C’est un record mondial, qui place le pays à un peu plus d’un point de son objectif de marché neuf entièrement décarboné.
Les chiffres publiés par le Conseil norvégien d’information sur le trafic routier, l’OFV, décrivent un marché où les motorisations alternatives ont pratiquement disparu. Le volume global recule pourtant de 3,4 % par rapport à août 2025, ce qui n’a pas empêché la part électrique de progresser de 96,9 % à 98,7 % en un an.
Le détail des 177 exceptions vaut le détour. L’essence pure ne représente plus que 30 immatriculations, soit 0,2 % du marché. Le diesel en compte 64, pour 0,5 %. Les hybrides et hybrides rechargeables réunis totalisent 83 voitures, soit 0,6 % du mois.
Le thermique passé sous le seuil statistique
Ces proportions sortent du cadre habituel de l’analyse de marché. Avec trente voitures essence vendues en un mois dans un pays de 5,5 millions d’habitants, la catégorie ne relève plus d’une part de marché mais d’une poignée de cas particuliers, probablement des véhicules spécifiques ou des importations ponctuelles.
Le cumul depuis janvier confirme la tendance. Les voitures électriques représentent 97,8 % des immatriculations sur les huit premiers mois de 2026, contre 94,5 % sur la même période un an plus tôt. Le mois de juillet avait déjà établi un précédent record à 97,6 %.
L’objectif national fixait à 2025 la date d’un marché neuf entièrement à émissions nulles. Il n’a pas été tenu dans les délais, mais l’écart se réduit à un peu plus d’un point de pourcentage. Geir Inge Stokke, directeur général de l’OFV, souligne que la baisse effective des émissions dépendra désormais surtout de la vitesse à laquelle le parc ancien disparaît.

Tesla plombe à elle seule le recul du marché
Le repli global de 3,4 % s’explique presque entièrement par une seule marque. Tesla a enregistré 2 387 immatriculations de moins qu’en août 2025, quand l’ensemble des autres constructeurs en gagnait 1 921. Sans Tesla, le marché norvégien aurait progressé de 17 % au lieu de reculer.
La marque américaine est tombée à la septième place mensuelle, avec 627 voitures et 4,7 % du marché. Elle conserve la première place depuis le début de l’année, mais son avance sur Toyota s’est nettement resserrée. Volkswagen a pris la tête du classement d’août, portée par son ID.4, modèle le plus vendu du mois.
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Six des dix plus grandes marques du pays progressent d’une année sur l’autre. Xpeng et Toyota enregistrent les hausses les plus marquées, devant BYD, BMW, Volvo et Audi. Geir Inge Stokke observe que la concurrence pour capter les acheteurs est devenue plus équilibrée entre les constructeurs.
Ce que le cas norvégien dit du reste de l’Europe
La Norvège reste un cas à part, construit sur une exonération de TVA maintenue pendant plus de dix ans, des péages réduits, un stationnement facilité et un réseau de recharge dense financé par la rente pétrolière du pays. Le modèle n’est pas directement transposable aux marchés à forte sensibilité au prix.
Le calendrier reste également à préciser. L’OFV n’indique pas si une partie des immatriculations d’août a pu être avancée en prévision d’un durcissement fiscal, un effet qui a déjà biaisé plusieurs mois record dans le passé norvégien.
Reste à savoir si le pays franchira les 99 % avant la fin de l’année, et surtout à quel rythme le parc en circulation suivra le marché du neuf. Les 177 voitures d’août rappellent qu’un marché neuf presque entièrement électrique ne signifie pas un parc décarboné, et c’est sur ce second chantier que la Norvège sera jugée.

