Malgré une année 2025 marquée par une perte nette de 22,3 milliards d’euros, Stellantis maintient son rang au sommet de l’innovation technologique française.
L’Institut National de la Propriété Industrielle vient de publier son classement annuel : le groupe automobile arrive en tête des déposants de brevets en France pour la troisième année consécutive, avec 1 294 brevets déposés en 2025. Un chiffre qui représente environ la moitié des dépôts initiaux du groupe à l’échelle mondiale, soulignant le poids stratégique des équipes de recherche françaises au sein de l’organisation.
Trois domaines techniques, 1 294 brevets répartis avec précision
La répartition des dépôts révèle les priorités concrètes de la R&D française de Stellantis. Le châssis et les équipements arrivent en tête avec 467 brevets, couvrant notamment l’intégration de nouvelles motorisations dans les plateformes existantes et des innovations de sécurité comme l’airbag sur le volant HypersquareTM que Peugeot s’apprête à lancer. La motorisation et la gestion de la charge concentrent 427 dépôts, avec des travaux sur la simplification de l’expérience de recharge, dont une solution primée aux Genius Awards internes de Stellantis. L’électronique et le software complètent le tableau avec 400 brevets portant sur les architectures électroniques, les systèmes d’infodivertissement, la connectivité et les logiciels de conduite autonome de niveau 2+.
Ces trois blocs couvrent l’essentiel des chantiers qui détermineront la compétitivité automobile des cinq prochaines années : la gestion électrique embarquée, l’autonomie de conduite et l’intégration des nouvelles motorisations dans des véhicules dont les plateformes doivent accueillir simultanément thermique, hybride et électrique.
Conduite autonome niveau 4, satellite et batterie intelligente
Parmi les projets les plus structurants couverts par ces brevets, la plateforme AV Ready Platform pour la conduite autonome de niveau 4 est celle qui engage le plus d’avenir industriel. Elle sert de base au développement de robotaxis compétitifs et a conduit Stellantis à nouer des partenariats avec Pony.ai, Nvidia, Wayve, Uber et Bolt. Ces collaborations positionnent le groupe sur un marché mondial de l’autonomie qui, selon les projections de GACO Auto, dépassera 2,85 milliards de dollars en logiciels NOA en 2026.
Le projet IBIS, pour Intelligent Battery Integrated System, représente une autre direction de recherche protégée par de nombreux brevets. Cette technologie de stockage et de conversion électrique optimisée vise une meilleure efficacité énergétique, une durabilité accrue et un coût réduit pour les applications mobiles. La communication par satellite, avec des solutions d’intégration d’antenne adaptées aux contraintes automobiles, complète un portefeuille technologique tourné vers la connectivité permanente des véhicules.
40 partenariats académiques et 74 démonstrateurs depuis 2022
La machine à brevets de Stellantis en France ne fonctionne pas en vase clos. Le groupe s’appuie sur un réseau de plus de 40 partenariats avec des universités, instituts de recherche et pouvoirs publics, structurés autour de dix Open Labs. Le partenariat stratégique avec le CEA apporte une expertise en énergie et électronique que peu d’acteurs industriels peuvent mobiliser à ce niveau. Depuis 2022, 74 démonstrateurs ou preuves de concept ont été développés avec des startups via Stellantis Ventures, et cinq contrats d’accélération ont permis de porter des technologies émergentes vers le marché.
Anne Laliron, directrice de l’Innovation de Stellantis, résume l’ambition : « Cet engagement au quotidien des femmes et des hommes constitue l’une des forces essentielles sur laquelle l’entreprise s’appuie pour proposer des solutions nouvelles qui concourent à transformer l’usage de l’automobile. »
Que Stellantis dépose plus de brevets que tout autre acteur en France alors qu’il traverse sa plus grave crise financière dit quelque chose d’essentiel : la R&D n’a pas été sacrifiée sur l’autel de la restructuration. C’est peut-être la décision la plus stratégique du groupe en 2025.
