Le concept Hipster, dévoilé par Dacia en octobre 2025, serait validé pour une production à partir de 2027. La voiture passerait par la case quadricycle lourd L7e-C, sous-catégorie qui plafonne la puissance à 15 kW et la vitesse à 90 km/h. La marque n’a encore rien confirmé officiellement, et les sites de production évoqués divergent.
Personne n’attendait de Dacia un objet de trois mètres de long dessiné à angles droits. Le Hipster, présenté en concept-car en octobre 2025, serait pourtant en train de devenir une voiture de série, avec un lancement annoncé pour 2027.
L’information n’est pas officielle, et c’est le point à garder en tête. Elle provient de la presse spécialisée britannique, qui cite une source proche du projet, et aucune communication de Dacia ne l’a confirmée à ce jour.
Quadricycle lourd L7e-C, et tout ce qui en découle
Voilà le choix technique qui décide de tout le reste. Le Hipster de série serait homologué comme quadricycle lourd, et non comme une voiture particulière de catégorie M1.
La sous-catégorie visée pour une carrosserie fermée à quatre places est la L7e-C, celle des quadricycles lourds à passagers. Elle impose des limites strictes : 15 kW de puissance maximale, 90 km/h de vitesse maximale, et un poids à vide hors batterie qui ne peut excéder 450 kilos.
En contrepartie, la catégorie allège considérablement les contraintes d’homologation, ce qui fait tomber les coûts de développement et de certification. C’est la même logique qui a permis à la Citroën Ami d’exister, y compris dans une version adaptée au handicap et à la Fiat Topolino de s’installer sur ce créneau.
La différence avec ces deux-là est de taille, au sens propre. Le Hipster annonce quatre places adultes et un coffre modulable de 70 à 500 litres, là où l’Ami et la Topolino se limitent à deux places et à un volume de rangement symbolique.
Ce que le concept montrait déjà
Les données du concept donnent une bonne idée du produit visé. Trois mètres de long, 1,55 mètre de large, 1,53 mètre de haut, quatre adultes à bord, et une masse annoncée 20 % inférieure à celle d’une Dacia Spring.
Dacia assumait une approche design-to-cost poussée à l’extrême, avec un minimum de pièces peintes et des protections latérales en Starkle, un matériau partiellement recyclé développé par la marque. La référence revendiquée était la kei car japonaise, cette catégorie de microvoitures que la réglementation nippone encourage depuis des décennies.
Sur l’usage, le constructeur résumait sa cible en une formule : deux recharges par semaine suffiraient. L’autonomie n’était pas chiffrée, mais la promesse situait clairement la voiture sur le trajet domicile-travail plutôt que sur les départs en vacances.
Un prix dont personne ne donne le même chiffre
C’est le point le plus instable du dossier, et il mérite d’être pris avec précaution. Les montants évoqués vont de 11 000 à 15 000 euros selon les publications, et une estimation parle de 13 000 euros avant aides.
Katrin Adt, directrice de Dacia, avait posé l’intention sans donner de prix. Elle déclarait en février vouloir ce modèle et n’avoir plus qu’à appuyer sur le bouton, ajoutant qu’il faudrait un an et demi de développement à partir de la décision.
La dirigeante évoquait alors la voiture électrique la plus abordable du marché, à un prix très Dacia. La formule dit l’ambition sans engager la marque sur un chiffre, ce qui est exactement le statut du dossier aujourd’hui.
Le volet des aides demande une lecture précise. Le Hipster ne relèverait pas du dispositif réservé aux voitures particulières électriques de catégorie M1, mais les quadricycles L7e-C peuvent bénéficier d’aides spécifiques via les certificats d’économies d’énergie.
Une fiche d’opération standardisée existe pour cela depuis septembre 2025, intitulée « Achat ou location d’un quadricycle électrique neuf ». Elle couvre les catégories L6e-B et L7e-C, s’adresse aussi aux particuliers, dans la limite de deux véhicules par personne, et vaut pour un achat comme pour une location de 24 mois minimum.
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Le montant, en revanche, n’est pas fixé par un barème public en euros. Il s’exprime en kilowattheures cumac et se transforme en prime selon les offres que proposent les acteurs du dispositif, ce qui laisse une incertitude sur le prix réellement payé.
L’écart avec la gamme actuelle reste considérable. La nouvelle Dacia Spring est annoncée sous les 18 000 euros, et le Hipster se placerait plusieurs milliers d’euros en dessous, sur un segment où le client accepte des contreparties.
La Chine ou le Maroc, les informations divergent
Le site de production est l’autre inconnue, et les deux pistes évoquées n’ont rien en commun. La première désigne l’usine de Shiyan, dans la province du Hubei, détenue par eGT New Energy Automotive, coentreprise associant Renault, Nissan et Dongfeng.
C’est le site qui a produit la première génération de Spring, ce qui donne du poids à cette hypothèse. La seconde piste, apparue à l’occasion du dépôt de dessins de brevet par Dacia, oriente vers Tanger, au Maroc.
L’homologation en quadricycle change précisément la donne sur ce point. Une production chinoise ne soumettrait pas le Hipster aux droits compensateurs que l’Union européenne applique aux voitures électriques chinoises, puisque le règlement exclut explicitement de son champ les véhicules de catégorie L1 à L7.
C’est l’un des intérêts peu commentés de cette stratégie. Un Hipster assemblé en Chine échapperait à des surtaxes qui frappent les voitures particulières électriques du même pays, même si les droits de douane ordinaires continueraient de s’appliquer à l’importation.
Une production au Maroc pourrait néanmoins présenter d’autres avantages industriels et douaniers, sous réserve de respecter les règles d’origine applicables aux échanges avec l’Union européenne. Le royaume accueille déjà des sites du groupe Renault, ce qui en fait une option documentée.
Un créneau que plusieurs constructeurs regardent
Dacia ne serait pas seule sur ce terrain. Fiat travaille aussi la microvoiture, avec un concept Multiplina présenté aux côtés de la Topolino, et plusieurs marques chinoises visent le même bas de marché, une citadine électrique arrivant en France sous les 21 000 euros.
Le marché, lui, se prête à cette offensive. L’électrique a atteint 42 % des immatriculations françaises en septembre, et c’est précisément sous les 20 000 euros que l’offre reste la plus mince.
Dacia a par ailleurs l’habitude de ces coups. La marque écrase la concurrence sur un marché où personne ne l’attendait, et elle a construit cette position en acceptant des compromis que les généralistes refusaient.
Le prochain rendez-vous pourrait apporter des réponses. Le Mondial de l’Auto, qui annonce plus de 60 premières mondiales, ouvre le 12 octobre, et Dacia y expose la nouvelle Spring et le Striker. Un mot sur le Hipster y serait suivi de près.
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