La marque chinoise Leapmotor confirme sa fulgurante ascension. Le constructeur, dont Stellantis est actionnaire et partenaire commercial en dehors de Chine, a annoncé des chiffres de livraisons records pour le mois de juin et pour l’ensemble du premier semestre 2026.
Avec 93 376 véhicules livrés dans le monde sur le seul mois de juin, en hausse de 95 % sur un an, et plus de 356 000 unités écoulées depuis janvier, Leapmotor s’impose comme la première des jeunes marques chinoises de véhicules à énergies nouvelles. Une dynamique qui commence aussi à se faire sentir sur le marché français, où l’enseigne progresse pas à pas.
Des chiffres mondiaux en forte hausse
Les performances communiquées témoignent d’une croissance à un rythme soutenu. Le record de juin, avec 93 376 livraisons mondiales, représente non seulement un bond de 95 % par rapport au même mois de l’an dernier, mais aussi une progression de plus de 14 % sur le seul mois de mai. De quoi permettre à la marque de revendiquer la première place parmi les start-up chinoises spécialisées dans les véhicules à énergies nouvelles.
Sur l’ensemble du premier semestre, les compteurs affichent 356 487 unités livrées, en hausse de 95 % sur un an, dont plus de 246 000 pour le seul deuxième trimestre. Autre jalon symbolique, le constructeur a dépassé le cap des 1,5 million de véhicules livrés au total depuis ses débuts, atteignant précisément 1 552 590 unités à fin juin. Signe d’une internationalisation en marche, plus de 12 % des volumes du semestre ont été réalisés hors de Chine, un pourcentage encore modeste, mais en progression, qui illustre les ambitions mondiales de la marque.
Une percée qui s’appuie sur Stellantis
Cette expansion internationale n’aurait pas la même ampleur sans le soutien de Stellantis. Le groupe aux quatorze marques, né de la fusion de PSA et Fiat Chrysler, a pris une participation au capital de Leapmotor et détient une coentreprise, Leapmotor International, chargée de distribuer les modèles chinois hors de Chine, en s’appuyant sur son vaste réseau commercial. Une stratégie qui permet à Stellantis de disposer d’une gamme électrique à bas coût sans avoir à la développer lui-même, et à Leapmotor d’accéder rapidement aux marchés occidentaux.
L’accord illustre une réponse originale à l’offensive des constructeurs chinois : plutôt que de seulement subir la concurrence, Stellantis a choisi d’en faire un partenaire, quitte à distribuer sous son propre réseau des véhicules conçus en Chine. Une approche qui n’est pas sans susciter de débats, y compris en interne dans l’industrie européenne, où certains y voient un cheval de Troie facilitant l’implantation des marques chinoises sur le Vieux Continent, tandis que d’autres y lisent une manière pragmatique de rester compétitif sur le segment des électriques abordables.
Un ancrage progressif sur le marché français
En France, Leapmotor poursuit sa montée en puissance, à un rythme encore modeste mais régulier. La marque a battu son record mensuel avec 940 immatriculations en juin, portant son total à 3 365 unités sur le premier semestre, en hausse de 140 % sur un an. Sur le segment des véhicules 100 % électriques, elle atteint désormais 1,5 % de part de marché, et jusqu’à 2 % auprès des seuls particuliers.
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Cette progression s’appuie sur une gamme qui s’étoffe rapidement, avec la petite citadine T03, le SUV C10 et les plus récents B10 et B05. La T03, citadine du segment A, demeure le modèle le plus vendu de la marque auprès des particuliers et se hisse parmi les meilleures ventes de sa catégorie en électrique. Positionnée sur le créneau des véhicules électriques accessibles, Leapmotor entend séduire une clientèle française sensible au prix, dans un marché où l’offre à bas coût reste limitée.
Reste que la marque doit encore convaincre sur la durée. Si les chiffres de croissance sont spectaculaires, ils partent d’une base modeste, et la fidélisation des clients, la qualité du service après-vente et la valeur résiduelle des véhicules constitueront des tests décisifs pour transformer l’essai. La force de frappe du réseau Stellantis constitue à cet égard un atout précieux, dont ne disposent pas la plupart des marques chinoises arrivant en ordre dispersé sur le marché européen.
Pour les automobilistes français, l’arrivée de ces nouveaux acteurs se traduit en tout cas par un choix élargi et une pression à la baisse sur les prix de l’électrique, une bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat, dans un contexte où la voiture à batterie reste souvent hors de portée des budgets les plus serrés.
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